Pyongyang met un terme à ses essais nucléaires…

C’est une grande première et elle fera certainement date dans l’histoire du monde moderne : la Corée du Nord a annoncé, ce samedi, dans une résolution consacrée à «la grande victoire de la ligne de suivi simultané du développement économique et de la construction d’une force nucléaire», la fin de ses essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux et la fermeture de son site de lancement ; une annonce qui s’inscrit dans un contexte de détente dans la péninsule coréenne et qui intervient à moins d’une semaine de la rencontre entre les chefs d’Etat des deux Corées.

Pyongyang qui s’engage également à participer aux efforts déployés par la communauté internationale au titre de l’arrêt de la course aux armements nucléaires promet de ne jamais utiliser l’arsenal atomique dont elle dispose – dont le démantèlement n’est pas évoqué dans la déclaration – sauf si elle-même venait à faire l’objet de «provocations nucléaires»

«Insatisfaisant» aux yeux du voisin nippon car n’évoquant pas «l’abandon des missiles balistiques de courte et moyenne portée», ce pronunciamento qui a, tout de même, été salué par plusieurs capitales, a donné l’occasion à Lassina Zerbo, le Secrétaire Exécutif de l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (OTICE) d’inviter, ce samedi, la Corée du Nord à «consolider ce progrès» par la ratification du traité international sus-visé.

Pour rappel, lors de son adoption en Septembre 1996 par l’Assemblée Générale de l’ONU, le traité OTICE avait été signé par 183 pays mais son entrée en vigueur reste encore subordonnée à sa ratification par huit Etats détenteurs de la technologie nucléaire; à savoir, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord, l’Iran, l’Egypte et Israël.

Saluant cette démarche, le Président Donald Trump y voit une «très bonne nouvelle pour la Corée du Nord et le monde», un «grand progrès» et un premier pas vers la tenue du sommet historique entre Washington et Pyongyang prévu courant Juin 2018 et auquel il a «hâte de participer».

L’Union Européenne se félicite, pour sa part, du souhait de Pyongyang de «respecter ses obligations internationales» et de se conformer aux résolutions du Conseil de Sécurité de l’O.N.U. alors que Séoul souscrit pleinement à l’initiative prise par  son voisin du Nord d’emprunter la voie menant à «la dénucléarisation de la Péninsule coréenne» tant attendue par le monde entier.

Enfin,  Pékin considère, de son côté, que cette mesure «va aider à apaiser la situation dans la péninsule coréenne et faire avancer le processus de dénucléarisation ainsi que les efforts en vue d’une solution politique».

Est-il permis, dès lors, de considérer que l’on s’achemine résolument vers une dénucléarisation de la Péninsule coréenne à même de consolider la paix et de conduire, à terme, à une réunification des deux Corées ? Rien ne l’interdit pour l’heure, en effet,  mais attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

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