Quelles sont les attitudes à adopter?

Piqûres de scorpions et morsures de serpents

Ouardirhi Abdelaziz

Au Maroc, comme dans beaucoup de pays chauds, les piqûres et les envenimations scorpioniques (PES) constituent un vrai problème de santé publique, avec une moyenne de 30 000 piqûres et 80 décès par an. Le ministère de la Santé  met en garde contre ce fléau dont les premières victimes sont les enfants, surtout en milieu rural.

Afin d’informer le plus grand nombre de nos concitoyens sur les dangers inhérents aux piqures de scorpions et des morsures de serpents, le ministère de la Santé a diffusé un communiqué, où il met en garde contre le risque des piqûres de scorpions et morsures de serpents. Surtout pour les enfants, durant la saison estivale, connue par une augmentation des cas dans certaines régions, notamment en milieu rural.

30.000 cas par an

En période estivale les intoxications les plus fréquemment enregistrées par les services du département de la santé sont les piqures scorpioniques, c’est la première cause d’intoxication au Maroc.

Selon les données épidémiologiques établies par le Centre Anti-Poisons du Maroc (CAPM), l’intoxication par piqûre de scorpion occupe la première place parmi les différentes intoxications (30%), du nombre de piqures du scorpion sont estimés à 30.000 cas par an, avec 50 cas de décès.

Les envenimations scorpioniques constituent à l’évidence une pathologie d’urgence grave, et un problème de santé publique important. Le problème c’est quand il s’agit de jeunes enfants.

En effet, on relève que 95 % de ces décès surviennent chez des enfants de moins de 15 ans.

La grande majorité des piqures de scorpions se voient, surtout en milieu rural. Elles ont lieu dans 70% des cas à l’intérieur des maisons, et dans 70% des cas, ce sont les pieds et les mains qui sont touchés.

Les régions les plus touchées

Les piqures de scorpions posent un réel problème de santé chaque année, surtout au niveau des régions centre et centre-sud du Maroc qui sont les plus touchés par la problématique des piqûres et des envenimations scorpioniques, et principalement Marrakech Tensift Al Haouz, Doukkala Abda, Tadla Azilal, Chaouia Ouardigha, Souss Massa Draa et Fès Boulmane. Les scorpions locaux appartiennent à trois familles : les Chactidaes, les Scorpionidaes et les Buthidaes. Cette dernière est la seule famille qui possède les formes à venin mortel pour l’homme.

La mise à jour de la prise en charge des personnes piquées par un scorpion ou mordues par un serpent doit d’abord permettre d’assurer une formation spécifique de cette personne.

Que faire devant une piqure de scorpion?

Il faut d’abord rester calme, car en cas d’agitation le venin va passer plus rapidement au niveau du sang. Il ne faut pas mettre un nœud avec un foulard, ceinture ou autre. Il ne faut pas faire des scarifications (petite entailles). Il ne fait pas sucer le venin avec sa bouche. Ne pas mettre le henné sur la plaie. Eviter le recours aux moyens traditionnels (brûlures, …). L’utilisation de certains produits (henné, gaz, miel etc..) est sans effet.

Il faut se rendre le plus rapidement possible dans une structure sanitaire la plus proche (dispensaire-centre de santé-hôpital …).

La prévention

Elle repose sur des gestes simples ; il faut bien fermer les portes et fenêtres des maisons en été. Avoir le moins de meubles dans les chambres ou on dort. Vérifier le lit, les draps et couvertures avant de dormir .Toujours vérifier l’intérieur des chaussures. La prévention passe aussi par le lissage des murs à une hauteur de un mètre.

Autour de la maison, avoir un espace dégagé ou il n’y a ni herbe, ni poubelle. Dans le champ, il faut toujours faire très attention quand on déplace des pierres ou bois. Il faut si possible éclairer le pourtour de  la maison car le scorpion craint la lumière.

Morsure de serpent

Pour les morsures de serpents, il y a moins de cas que les piqures de scorpions. Mais par rapport au pourcentage des décès, celui-ci est plus important.

Le centre national de contrôle antipoison et de pharmacovigilance enregistre à peu près 150 cas de morsures de serpents par an, qui causent 15 à 20 décès par an.

Depuis 2013, il y a eu la mise en place d’une stratégie de lutte contre l’envenimation, qui concerne aussi bien les piqures de scorpions que les morsures de serpents. Il y a une conduite à tenir, une fiche de prévention, une formation des professionnels de santé, une prise en charge standardisée et uniforme dans toutes les structures sanitaires, un comité national en charge des envenimations. Dans chaque région, il y a un centre de référence.

Concernant le sérum anti vipérin, le centre national de contrôle antipoison et de pharmacovigilance assure la disponibilité au niveau de toutes les régions du Maroc.

En cas de morsure de serpent, il faut éviter la pose d’un garrot. Eviter de faire des entailles (scarifications). Ne rien mettre sur la plaie.

Devant une morsure de serpent, il faut au moins une hospitalisation de 24 H, il n’y a pas de traitement ambulatoire. Toute personne mordue par un serpent doit se présenter au centre hospitalier le plus proche.

En conclusion , il est utile de rappeler ici que dans bien des cas, la piqure du scorpion peut être sans gravité, mais eu égard à la précipitation, à la pratique de certains gestes et actes qui sont dus à l’ignorance, au manque d’information des populations concernées par cette problématique, la situation peut vite se dégrader. Par ailleurs et concernant la prise en charge des victimes, il est utile d’insister sur la répartition inégalitaire des structures et des effectifs des personnels de santé. La plupart des douars sont souvent situés à des dizaines de kilomètres du dispensaire le plus proche, les centres de prise en charge des intoxiqués se trouvant uniquement dans les grandes villes.

Pour toute urgence, il faut appeler le Centre national de contrôle antipoison et de pharmacovigilance au numéro économique 0801000180.

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