Sans soutiens aux laisser pour compte, peut-on préserver notre santé publique?

Marginaux, SDF, migrants subsahariens

Depuis le vendredi 20 mars à 18H, l’état d’urgence sanitaire est décrété dans tout le royaume. De ce fait, le confinement n’est plus facultatif mais bel et bien obligatoire. À l’approche de l’heure fatidique, femmes, hommes et enfants s’empressent de rejoindre le domicile familial afin de respecter les consignes à la lettre.

Après 18H, il ne reste dans les rues que les retardataires, les badauds peu futés mais aussi, les laisser pour compte, les marginaux, les SDF, les migrants subsahariens. Certes, les pouvoirs publics ont été plus réactifs face à cette pandémie, par rapport à certains «pays industrialisés», mais que font-ils réellement pour cette tranche de la population livrée à elle-même?

Il est 11H ce mardi 24 mars. Matinée nuageuse et pluvieuse à Casablanca. Dans le quartier Bourgogne, la météo peu clémente n’empêche pas les riverains de faire quelques emplettes. Cependant, les voitures garées en deuxième position ne s’attardent pas. Et pour cause : Ajouter état d’urgence sanitaire à temps pluvieux et vous aurez la réponse.

Dans une ruelle étroite jouxtant le marché Bourgogne, un groupe de personnes frôlant la soixantaine, pour la plupart, vêtus d’une grosse djellaba, vêtement idéal pour les temps pluvieux, jouaient aux cartes, sans réel intérêt, en attendant un éventuel client. Il s’agit de plombiers, électriciens, maçons, des journaliers donc, n’ayant d’autres choix que de sortir en ces temps de pandémie. «On gagne notre vie au jour le jour» confirma l’un deux à l’équipe d’Al Bayane, «si on ne travaille pas, personne ne nourrira nos enfants à notre place», conclut-il. Un peu plus loin, mais toujours dans le marché, l’on aperçoit deux mendiantes (gantées), qui risquent leurs vies fortuitement, mais aussi la vie des autres.

L’objectif de tout un chacun en ces temps pandémiques, est de veiller à ce que ce virus ne prolifère pas. Le Maroc a pris des décisions courageuses dès le début de cette crise sanitaire mondiale. La Botola s’est jouée sans public jusqu’à son arrêt provisoire. S’en est suivie donc, la fermeture des stades de football etc. Plusieurs mesures ayant pour unique objectif d’endiguer le nouveau coronavirus.

Jusque-là, il n’y a rien à dire, nous pouvons être envié par «les pays industrialisés». Tout le monde s’accorde à dire que nous sommes en guerre contre le Covid-19. Mais où l’effort de guerre? Les stades sont vides. Pourquoi ne pas en faire des dortoirs pour les SDF et marginaux. Les hôtels sont déserts aussi, pourquoi ne pas les aménager et y confiner les nécessiteux, les personnes n’ayant pas de toit, les migrants.
Aussi, les industriels marocains doivent contribuer non pas uniquement en argent servant à faire de la recherche, mais aussi en denrées alimentaires. Les industriels produisant des produits de première nécessité doivent aussi se joindre à cet «effort de guerre» et donner de manière efficace afin que les nécessiteux n’aient plus à aller chercher du travail durant cette période. Mais rassurez-vous, c’est gagnant-gagnant : ainsi, ils ne risqueront pas leurs vies ni celles des autres.

Karim Ben Amar

(Reportage photos MACAO)

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