S’habituer à vivre avec le virus!

Il ne fait pas de doute que notre pays traverse en ces temps, une période de trois dimensions extrêmement ardues en matière de survivance. La première consiste, en fait, à sortir indemne de la pandémie, avec tout ce que cet état de fait nécessiterait de dispositifs de santé et de dispositions préventives en amont.

En dépit de certaines tares qui ont émaillé l’évolution sanitaire de notre système, il y a lieu d’affirmer, à l’œil nu, que ce volet fut, tant bien que mal, manifestement judicieux, à plus d’un titre. Aujourd’hui, sur ce plan, il importe de finir en apothéose l’effort consenti, au terme de cette nouvelle prolongation. Il n’est plus question de se permettre de prolonger davantage de confinement qui susciterait, sans doute, des incidences plus fâcheuses et des remous d’ordre psychologique au sein des populations accablées par les privations.

La seconde dimension à connotation socio-économique, relèverait surtout de l’après-crise sanitaire. Notre pays se devrait inévitablement d’affronter les retombées pandémiques aux plans des divers secteurs mis à l’arrêt, dès l’apparition de l’épidémie, il y a plus de deux mois. A croire le ministre de l’économie et des finances, notre pays dépenserait plus de cent milliards de centimes par jour pour faire face à ce fléau. Le Haut Commissariat au Plan (HCP) fait savoir que 34% de familles marocaines se trouvent sans aucun revenu, selon une enquête à ce propos.

Le retard à combler d’urgence, à plus de 400 000 familles démunies n’ayant pas encore bénéficié de subventions, risquerait de générer de sérieuses révoltes et de causer des instabilités massives. Le Maroc aura donc à gérer le reste de l’état d’alerte qu’il a décrété, en assouvissant les besoins des familles confinées et les dégâts occasionnés par le gel des unités de production. Il convient de signaler, à cet effet, que le fonds spécial destiné à la lutte contre cette catastrophe, aura injecté, jusqu’ici, plus de 34,7 milliards de dirhams dont 13,7 aura été dépensé à ce moment.

Une issue salutaire pour alléger le fardeau, en liquidité qui pèse en cette période de grande pénurie. Toutefois, il faut bien dire que la plus grosse besogne en ce sens réside en le coup de pouce que l’Etat se devrait d’impulser à la manne financière du jour d’après.

Une rude épreuve à défier en termes de relance de la machine économique, au niveau des entreprises, plus spécialement les  petites et moyennes qui ont accusé le plus de déficits, du redressement du tissu industriel, commercial et des services,  notamment la dynamisation du secteur du tourisme en inactivité, depuis que le ciel a été verrouillé. Du pain sur la planche pour toute la nation en réel paralysie économique.

La troisième dimension à caractère plutôt politique ayant trait à l’état actuel dans lequel se trouve le pays. On conviendrait sans nul doute, que la pandémie vient de faire resurgir une panoplie de conduites de haute valeur. A cet égard, on aura, à coup sûr, perçu le degré de confiance qui s’est tissé, avec ferveur, entre l’Etat et le Peuple pour contenir ensemble la propagation du virus. Une confiance marquée aussi par la disponibilité des marocains à subir les contraintes de l’état d’alerte au point de se priver du gagne-pain au quotidien.

D’autre part, on aura aussi admiré, non sans réjouissance, l’élan solidaire dont ont fait preuve toutes les constituantes de la société envers les familles déshéritées. Enfin, on se sera réjoui également de la dynamique d’appartenance à la patrie dont ont fait montre les compatriotes surtout dans les premières de combat, comme les guerriers blancs des hôpitaux, les combattants en uniformes dans les rues, les militants à distance derrière le digital, les forces productrices en industrie qui ont forcé l’estime des médias, à travers le monde…

Tous ces comportements ont dû sceller une autre image du Maroc démocratique qu’on aimerait si ardemment ancrer dans l’avenir. Un nouvel indicateur qui appelle vivement à l’instauration du Maroc des valeurs de la justice et du progrès. En fait, si les marocains acceptent volontiers qu’on prolonge le confinement à une autre période, ils désirent aussi de prolonger ces vertus de confiance, de solidarité et de démocratie.

Du coup, on apprendra à vivre avec le virus aussi longtemps que celui-ci sera présent, puisqu’on s’habituera à une nouvelle conduite acquise, celle de la discipline et de l’allégeance des mesures restrictives pour l’avenir, jusqu’au vaccin.

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