Utilisation des pesticides non homologués

Les entrepôts non agréés, un danger pour la santé publique

L’utilisation des pesticides non autorisés et non conformes aux normes de sécurité sanitaire de l’homme prend des ampleurs  inquiétantes voire même dangereuses. Les produits agricoles et agroalimentaires figurent en tête de  liste des produits dont le taux de résidus en pesticide est jugé  trop élevé au Maroc. La destruction par les services de l’ONSSA (office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires) d’une grande quantité de pommes de terre dans la région de l’Oriental est très révélatrice  du danger qui guète aujourd’hui  la santé humaine.

Les légumes et les fruits que nous consommons sont –ils conformes aux normes de sécurité sanitaires   exigées dans les produits alimentaires? Le phénomène  de l’utilisation des pesticides non homologuées dans les  produits alimentaires  prend des dimensions extrêmes. Après le thé, la menthe c’est autour de la pomme de terre que les analyses effectuées par les services de l’ONSSA révèlent encore une fois que ce légume de grande consommation au Maroc soit traité avec des pesticides  non homologués pour la pomme de terre. Des enquêtes ont en effet montré que certains producteurs utilisent des produits dangereux (poison) pour conserver les pommes de terre dans des entrepôts non agrées par l’office.

Ces produits dangereux sont utilisés de sorte à ce que les pesticides pénètrent même à l’intérieur du légume. Du coup ; même un bon lavage  de la pomme de terre avant sa cuisson ne réduit en rien son degré toxique très élevé pour la santé de l’homme.   Un constat de qui se confirme par cette dernière annonce de l’ONSSA  qui a procédé à la destruction de 136 tonnes de pommes de terre à Berkane. Cette pratique dangereuse est malheureusement généralisée partout au Maroc en dépit des plans de surveillance et de contrôle de l’utilisation des pesticides dans les fruits et les légumes.

Dans un communiqué, l’office annonce  que les procès-verbaux d’infractions ont été dressés et transmis à la justice suite aux résultats d’analyse qui ont révélé que les pommes de terre ont été traitées avec des pesticides non homologués pour la pomme de terre.  L’ONSSA confirme néanmoins, que les résultats des analyses ont révélé que les pommes de terre stockées dans des entrepôts agréés, sont conformes, et respectent les taux de résidus de pesticides Homologués.

Le cas de la pomme de terre n’est pas un cas isolé malheureusement, tous les autres légumes et fruits sont concernés par cette utilisation massive des pesticides non conformes et parfois non autorisés dans les produits alimentaires. Le manque de contrôle des produits phytosanitaires et des pesticides est aujourd’hui à l’image de cette anarchie qui règne dans le secteur agricole. L’ONSSA, a elle seule ne joue pas le jeu  à défaut de moyens humains et financiers (dernier rapport de la Cours des Comptes), le ministère de l’agriculture ne fait pratiquement rien pour corriger cette anarchie qui s’annonce dangereuse pour la santé des marocains. A quant  la responsabilisation et l’incrimination  des instances concernées. Le recours aux produits issus de la contrebande  dans le traitement des produits agricoles est lui aussi échappe à tout contrôle.

Fairouz El Mouden

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