Chantage et victimisation

Grève des écoles privées

Les établissements de l’enseignement privé persistent et signent. Après avoir tenté de faire chanter l’Etat et contraint les parents à payer les frais d’un «enseignement… à distance», dont tout le monde reconnait les limites, les voilà en train d’exhiber l’arme de la grève.

Le mardi, deux fédérations de l’enseignement privé ont observé une grève, par communiqué, puisque les écoles sont fermées depuis le 16 mars dernier dans le cadre des mesures prises pour lutter contre l’épidémie du nouveau coronavirus. Ce qui est intriguant est que les services de comptabilité étaient assurés dans plusieurs établissements pour recouvrer les frais de scolarité auprès des parents déjà interpellés par des mises en demeure.

A propos de ce débrayage fictif, orchestré à des fins polémiques, l’affiche brandie par ces groupes scolaires en guise de cahier revendicatif laisse à désirer. Le premier slogan est emprunté à l’école publique «sauver l’école». Autant dire que le privé coulait, alors qu’aucune voix ne s’est fait entendre durant ces dernières années pour alerter les autorités compétentes sur la situation de crise qui menacerait ces établissements. Le discours de la crise ne serait qu’une manœuvre pour continuer à tirer des bénéfices et échapper au fisc.

D’ailleurs, pratiquement tous les patrons des écoles privées sont des entrepreneurs et des promoteurs immobiliers en très bonne santé financière. L’autre slogan «réhabiliter l’école» est également emprunté à l’école publique. C’est dire que même la conception de l’affiche véhiculant les revendications de ces écoles aurait été confectionnée à la va vite, à l’aide du copier coller.

Ce qui laisse entendre que ces écoles qui sapent l’école publique n’arrivent pas à la concurrencer réellement. En témoignent les résultats du baccalauréat, toutes branches confondues.

La première moyenne du baccalauréat à l’échelle nationale est toujours obtenue par un élève de l’école publique. De même, la plupart des enseignants des matières scientifiques sont empruntés à l’école publique, rémunérés au black. Ils n’ont même pas le titre d’enseignant vacataire.

Pis encore, ces écoles qui prétendent assurer un service public hautement utile pour la société traitent l’enseignant comme un simple salarié. Il n’a pas le statut d’enseignant. Même sa déclaration à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), en cas où elle est effectuée, se fait sur la base du SMIG dans la plupart des cas.

C’est dire comment ces groupes roulent les familles en leur faisant croire que leurs enfants rejoignent des espaces éducatifs et pédagogiques, alors qu’ils sont confiés dans la plupart des cas à des salariés dont la situation est précaire. Le comble, enfin, est que ces établissements grévistes parlement de «la généralisation de scolarité et de l’emploi». Incroyable mais vrai.

B. Amenzou

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