Mohamed Berrada appelle à agir en faveur de l’entreprise de presse

Il est impératif d’inscrire la mise à niveau de l’entreprise de presse dans l’esprit du nouveau modèle de développement auquel aspire le Maroc, a estimé mardi à Rabat le journaliste Mohamed Berrada, ancien directeur général de Sapress.

M. Berrada, qui était l’invité du Forum de la MAP sur le thème « quel modèle économique pour la presse aujourd’hui : la presse papier va-t-elle disparaître ? », a insisté sur l’urgence de faire émerger une nouvelle génération d’entreprises de presse modernes en tant que revendication de toutes les parties prenantes dans ce domaine.

« Tel est un passage incontournable pour se doter de la presse que l’on mérite, d’autant plus que son rôle demeure nécessaire pour accompagner les grands chantiers en cours », a-t-il expliqué.

 Il a sous cet angle exprimé le voeu de voir la question des médias bénéficier d’une attention particulière, y compris dans l’agenda de la commission spéciale chargée du modèle de développement.

Selon lui, la complémentarité entre la presse en ligne et les journaux en papier demeure la solution optimale pour une cohabitation à même de répondre aux attentes de toutes les parties. Une telle perspective passe en particulier par une restructuration de l’entreprise médiatique afin de dégager une vision claire sur les aspects à développer et à moderniser en lien, notamment, avec le soutien et la publicité, a précisé M. Berrada.

Mais, d’après lui, il sera inconcevable de remettre sur les rails un chantier de ce genre sans se soucier des contributions de ceux qui font partie des pionniers de la presse nationale, « dont quelques uns souffrent aujourd’hui en silence ».

Sur un autre registre, il a fait observer que les mutations sociales ont eu pour effet d’influer nettement les centres d’intérêt et les tendances des lecteurs, plutôt connectés à l’information express, à la photo, à la vidéo et à l’interaction rapide, souvent sans recherche des détails.

Pami les facteurs de cette évolution notable, Berrada a cité le fragile modèle économique de l’entreprise médiatique traditionnelle, largement axé sur le lecteur et la publicité, et la montée en force de médias électroniques plus réactifs dont le potentiel reste indéniable en terme de réactivité immédiate.

Chiffres à l’appui, il a regretté que les journaux nationaux ne s’assurent pas des niveaux de distribution à la hauteur, affirmant que les chiffres de distribution ne révèlent pas l’ampleur des progrès accumulés, ni les ambitions des éditeurs.

Force est de constater, selon lui, que jusqu’à l’âge d’or de la presse nationale durant les deux dernières décennies du 20ème siècle, les ventes de journaux ne totalisaient qu’environ 500.000 exemplaires par jour, avant de chuter pour atteindre 120.000.

Qualifiant ces chiffres de « choquants », Mohamed Berrada a en tout cas relevé qu’en dépit des moyens limités, les journaux nationaux ont joué des rôles honorables sur le front de la défense des intérêts supérieurs de la nation, en termes de mobilisation et d’encadrement.

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