Parlement: report de l’examen du texte initial

Projet de loi sur la grève

Face à grogne syndicale, le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle a décidé de reporter l’examen du projet de loi organique relatif au droit de grève, à une date indéterminée. Ce report intervient à la veille de la présentation du texte gouvernemental devant la commission parlementaire des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, qui était programmée pour aujourd’hui mercredi 16 septembre.

Selon nos sources, c’est le ministre Mohamed Amekraz qui a annoncé, hier mardi,  ce report, lors d’une réunion avec les centrales syndicales.

Mais dès le départ, la décision du gouvernement de transférer le projet de loi sur la grève devant la commission compétente à la chambre des représentants a suscité la colère des syndicats. L’union marocaine du travail (UMT) est montée au créneau pour dénoncer cette décision gouvernementale, qualifiée d’unilatérale qui va à l’encontre des intérêts des travailleurs.

Dans un communiqué rendu public, le secrétariat général de l’UMT appelle le gouvernement à retirer immédiatement le projet en question et relancer le dialogue social pour pouvoir débattre du texte avant son entrée dans le circuit législatif. A ce propos, la centrale syndicale considère cette attitude gouvernementale comme une provocation qui menace la paix sociale et les droits des travailleurs dans cette conjoncture de crise pandémique.

Elle accuse également l’Exécutif d’avoir exploité cette conjoncture pandémique pour bafouer les droits des travailleurs et d’agir en vue de servir les intérêts du patronat. Ce qui laisse entendre que les négociations entamées, autour dudit projet entre le gouvernement, les centrales syndicales les plus représentatives et la confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) divergent toujours.

Car, ce projet a été déjà reporté à plusieurs reprises en raison des désaccords entre les différents partenaires. Le gouvernement s’était engagé à mener des négociations avec l’ensemble des parties autant que cela s’avérera nécessaire afin d’arriver à un compromis. Mais enfin de compte, l’Exécutif a introduit le projet de discorde dans le circuit législatif sans passer par l’institution du dialogue social. Rappelons que le gouvernement avait déjà présenté sa vision du droit à la grève dans laquelle l’Exécutif favorise la médiation comme principe fondamental au règlement des conflits. Selon cette vision gouvernementale, la grève devait émaner d’une décision prise par la majorité des salariés et validée par un vote secret.

De même, elle ne doit pas empiéter sur les services dans certains secteurs, interdite si le secteur est qualifié de vital et suspendue en cas «d’état de crise nationale». L’Exécutif entend ainsi instaurer un équilibre entre le droit de «faire la grève» et celui de travailler pour ceux qui le souhaitent, tout en prenant en compte la nature de certains secteurs et la situation générale dans le pays. Ce pack n’a pas séduit les syndicats et le patronat qui l’ont rejeté en bloc.

Ce qui pousse à croire que ledit projet a peu de chances d’être validé par le circuit législatif avant la fin de cette cinquième année législative de la dixième législature.

B.Amenzou

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