A la recherche de la pharmacopée !

En ces temps de pandémie, on s’est rendu compte que le système sanitaire faisait défaut dans cette lutte acharnée contre le coronavirus. Certes, on s’est ressaisi tant bien que mal pour combler les tares et les retards enregistrés, à travers les fonds de solidarité, collectés parmi les populations, toutes souches confondues. Cependant, le secteur de la santé demeure l’un des volets névralgiques du pays qui nécessite l’intérêt suprême, au côté de l’enseignement et l’emploi.

En fait, dans ce domaine complexe, on retiendra tout particulièrement la notion de la pharmacopée qui semble grincer sur tout le processus médicamenteux, tout en le mettant à l’abri de dérapages. Cet ouvrage règlementaire destiné aux professionnels de santé, pharmaciens et médecins, si bien attendu, tarde à voir le jour. En effet, depuis son précédent mandat, l’ancien ministre de la santé, Lahoussine Louardi, dans sa stratégie médicamentale, ne cessait de se focaliser sur la restructuration du secteur pharmaceutique.

Sur ce plan, il est bien évident que le citoyen ait joui de certaines faveurs relatives à la tendance baissière octroyée aux tarifs des médicaments, allant dans nombre de cas à plus de 70% des prix publics de vente (PPV). Toutefois, les dispositifs médicaux échappent toujours à cette mesure de réduction salutaire. Dans ce sens, il est à constater l’aspect aléatoire au niveau de leurs prix non unifiés qui ne sont pas encore conformes à la réglementation de fixation des prix par l’Etat (PPV), de leur qualité souvent douteuse et de leur distribution en proie d’anarchie.

Pour pallier à cette situation dysfonctionnelle, le ministre avait déclaré que c’est là où les pharmacopées adoptées (européenne, américaine et japonaise) se doivent d’être opérationnelles dans le royaume. Cette démarche permettra, sans nul doute, de contrôler les dispositifs médicaux, depuis leur enregistrement, jusqu’à leur distribution.

Or, il semble bien que les lobbies des importateurs et des distributeurs desdits produits sanitaires, en connivence avec certains responsables du service ministériel de la direction des médicaments (DMP), ne sont pas prédisposés à voir du même œil cette réforme médicamentale. L’informel dont tirent profit certains opérateurs en la matière, serait, à coup sûr, le secret de cette résistance.

À ce propos, il convient de signaler que pour assurer la qualité des dispositifs médicaux, particulièrement ceux à caractère stérile, il est impératif de fixer leur prix à travers une réglementation fiable et les vendre strictement au niveau des pharmacies d’officine comme le stipule le Code des médicaments 17/04.

Il faut dire enfin que, vu l’entrain et la crédibilité qui ont bel et bien permis la reconduction, on ne saurait faire perdurer ces dysfonctionnements, avec le même esprit d’inclusion et de réalisme, sans pour autant, badiner avec le principe d’éthique et d’équité.

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