Aïd Al Adha: pour une fête en toute sécurité

La célébration de l’Aïd Al Adha dans une ville comme Casablanca où il y a des millions d’habitants pose toujours à l’occasion de cette fête un sérieux problème d’hygiène et de propreté. Des rues et quartiers se transforment en dépotoirs le jour du sacrifice. Des toisons (Btana), des pattes de moutons, des cornes, du foin, des excréments des bêtes sacrifiées jonchent le sol, avec tout ce que cela signifie comme menace pour la santé des individus.  Malgré cet aspect négatif, pour la très grande majorité des habitants, il n’est pas question de renoncer pour autant à cette fête religieuse de partage, de joie, qui est ancrée dans nos traditions et us et coutumes. Pour que chacun puisse profiter pleinement de ces moments de joie, sans nuire aux autres, il suffit d’adopter des attitudes responsables concernant les déchets, d’avoir un comportement citoyen d’observer les règles de civisme.

La sécurité sanitaire d’abord

C’est totalement et entièrement vrai , il ne suffit pas uniquement  d’acheter un mouton  Le grand problème auquel est confrontée la très grande majorité des familles, c’est le lieu où mettre le mouton, l’endroit où le garder et l’avoir à l’œil en attendant le jour de l’Aïd . C’est un véritable casse tête, particulièrement pour ceux qui habitent de petits appartements au niveau des quartiers populaires.

Outre les bêlements constants des moutons , il y a les odeurs , les déchets qui se dégagent et qui empestent l’air , ce qui naturellement est source de problèmes de propreté , d’hygiène et de santé pour les habitants dont le cadre de vie se dégrade surtout quand il y a plusieurs moutons dans les appartements.

Il faut savoir que plus vous garderez le mouton chez vous, dans votre appartement, plus il y a de risques sanitaires. Le mouton signifie une source d’accumulation des déchets. Plus celle-ci est longue, plus ces résidus seront difficiles à éliminer. Résultat : la voie publique se transforme en dépotoir à excréments par des gens dénués de toute conscience vis-à-vis de leur environnement.

Autre problème et non des moindres, c’est celui de l’abattage du mouton le jour de l’Aïd. Comment pratiquer le sacrifice de l’Aid Al Adha dans des conditions dignes et hygiéniques quand l’espace manque pour le faire ?

Après l’abattage du mouton, évitez absolument de vous débarrasser n’importe où et n’importe comment du contenu du tube digestif  de la bête qui constitue une source non négligeable de maladies, notamment lorsque celui-ci est mélangé aux ordures ménagères destinées à être exposées au coin de la rue.

Autre désagrément et anomalie qui irritent tous les citoyens qui habitent des immeubles, ce sont les gamins qui procèdent à l’échaudage des têtes et des pattes dans les rues moyennant quelques DH. Cela  devrait être interdit.

Pour permettre à ceux qui désirent procéder à l’abattage de leurs moutons dans l’abattoir dans de bonnes conditions, les abattoirs de Casablanca sont mis à la disposition des citoyens à l’occasion de la fête de l’Aïd El Kébir (Lundi 12 Août 2019).

L’abattage des bêtes, moutons et chèvres uniquement, est assuré le jour de l’Aïd par les services de la société de développement locale (SDL) au prix de 240dirhams (TTC), ce qui laisse présager que les candidats à cette solution ne seront pas nombreux.

Quoiqu’il en soit, cette action louable s’insère dans le cadre qui vise à tout mettre en œuvre pour assurer au mieux la sécurité sanitaire des citoyens, en tenant compte de l’aspect social et environnemental de la ville.

N’est pas boucher qui veut

Le jour de l’Aïd, après la prière, ce qui préoccupe tout le monde c’est de mettre la main sur un boucher, une perle rare. Alors on se contente de ce qui nous tombe sur la main. Bien entendu, ils ne sont pas tous des spécialistes et ne maîtrisent pas tous parfaitement cet art qui demande une grande dextérité, de la doigtée. L’Aïd Al Adha, c’est l’occasion pour nombre de novices de se transformer un jour durant en bouchers, accompagnés d’un ou même deux apprentis bouchers. Normalement, quand c’est un boucher professionnel qui procède à l’abattage du mouton, la découpe de la tête, de la peau, des viscères se fait dans les normes et les règles de l’art, alors que les personnes qui n’ont pas une réelle connaissance massacrent la peau et la viande, mais souvent on n’a pas le choix et on fait avec.

Pour l’occasion, on ressort toute l’artillerie nécessaire couperet, couteau, hachoir, scie, tempe (morceau de bois au moyen duquel le boucher tient ouvert le ventre d’un animal)… Attention pour gonfler la peau du mouton, demandez au boucher de ne pas le faire directement avec sa bouche car à coup sûr ce sont des bactéries qu’il insufflera. L’éviscération doit, quant à elle, se faire rapidement. Il faut tirer et couper les intestins en évitant de souiller les viandes et les mettre dans un récipient à part et propre avant de les vider et de les laver.

Il faut également éviter de laver la viande pour éviter la propagation des bactéries. La viande doit être rose. Le foie et les poumons ne doivent comporter ni kystes, ni parasites. Lorsqu’on relève une modification de la couleur de la viande (rouge foncé ou jaunâtre), il ne faut pas hésiter à éliminer tout l’organe si celui – ci est anormal. Il faut détruire et inhumer les organes impropres à la consommation, nettoyer le lieu de l’abattage et les outils utilisés par des détergents et collecter l’ensemble des déchets dans des sacs étanches.

Le deuxième jour de la fête de Aïd Al Adha, les étales des vrais bouchers ouvrent grandes leurs portes, pour offrir aux nombreux clients la découpe de la carcasse de leur mouton en morceaux, selon les différents plats devenus la tradition de l’Aïd. Une activité rémunératrice et florissante!

Ouardirhi Abdelaziz

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