Argentine: Cristina Kirchner comparait devant le juge fédéral…

Depuis son accession à la magistrature suprême le 10 Décembre 2015, le nouveau Président argentin Mauricio Macri qui a fait de la corruption son cheval de bataille, n’a pas cessé de s’attaquer à ses deux prédécesseurs allant même jusqu’à geler les comptes bancaires de l’ex-Présidente Péroniste.

C’est dans ce cadre, d’ailleurs, que l’ancienne Cheffe de l’Etat Mme Cristina Kirchner (2007/2015) a été appelée, ce lundi 31 Octobre 2016, à comparaître devant le Tribunal Fédéral de Buenos Aires. Elle y a été interrogée par le Juge fédéral  JulianErcolini pour avoir attribué «de façon irrégulière et discrétionnaire», à Lazaro Baez, un industriel proche de la famille, des contrats de travaux publics. Il est à signaler, au passage, que ce dernier, entrepreneur en BTP, est incarcéré  depuis le 5 Avril dernier pour «blanchiment d’argent et enrichissement illicite».

Et si Cristina Kirchner, 63 ans, est soumise à de nombreuses enquêtes dont les principales qui ont trait au « blanchiment d’argent et à l’enrichissement illicite » ont été regroupées dans un épais dossier baptisé «la route de l’argent K (comme Kirchner)», elle n’avait jamais été, à ce jour, ni jugée ni condamnée quand bien même elle ne bénéficie d’aucune immunité et se considère comme étant victime d’une « persécution juridico-politique» entreprise par des magistrats regroupés au sein d’un «parti judiciaire» dans le seul but de lui nuire ainsi qu’à ses proches. Ces derniers restent persuadés, par ailleurs, que le gouvernement de centre-droit de Mauricio Macri s’en prend à Mme Kirchner dans le seul but de la pousser, à l’instar de l’ancien président Lula au Brésil, à ne point se représenter à l’élection présidentielle.

«C’est un nouveau plan Condor pour toute l’Amérique Latine» indique, en se référant  à la campagne d’actions clandestines et d’assassinats que les services secrets de l’Argentine, du Chili, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay avaient menée en coordination avec les Etats-Unis dans les années Soixante Dix du siècle dernier, Alejandro Garfagnini,  coordinateur national du mouvement pour la libération de la dirigeante socialiste Milagro Sala, emprisonnée pour « détournement de fonds » dès l’arrivée au pouvoir de Mauricio Macri.

Il est à noter, enfin, que la députée de gauche Margarita Stolbizer qui est à l’origine des dénonciations les plus «retentissantes» contre l’ancienne Cheffe de l’Etat est devenue, malgré sa cuisante défaite lors des dernières élections présidentielles,  une véritable icône de la lutte anti-corruption en Argentine notamment lorsqu’elle dénonce dans son livre «Yoacuso» («J’accuse») les irrégularités commises par le clan Kirchner tout au long des douze années de règne de la famille «la plus corrompue de l’histoire démocratique argentine».

Nabil El Bousaadi

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