Assainir le paysage politique

Aïcha Lablack, présidente du GPPS

La production législative du parlement durant cette session d’automne de la quatrième année législative de cette dixième législature est globalement négative, estime la députée Aïcha Lablak, présidente du groupement parlementaire du progrès et du socialisme (GPPS) à la chambre des représentants.

Et de préciser dans ce cadre que la crise, qui secoue le paysage politique national, se répercute allègrement sur l’institution législative avec ses deux chambres. Aujourd’hui, a-t-elle fait remarquer, l’Hémicycle ne renvoie que l’image réduite de cette crise politique. C’est dire que ce qui se passe au sein de l’Hémicycle n’est que le reflet des politiques qui ont conduit à sa mise en place dans sa configuration actuelle.

A ce propos, explique la députée du parti du progrès et du socialisme (PPS), il faut s’interroger sur ce phénomène de l’absentéisme, qui porte préjudice à l’action parlementaire, et l’attitude du gouvernement vis-à-vis de l’institution législative. Certains ministres n’assistaient pas aux séances des questions orales et lorsque les députés les sollicitaient pour présenter le bilan de leur département et éclairer la lanterne de l’opinion publique nationale sur des problématiques d’actualité, la réponse n’est généralement pas donnée dans les délais impartis.

Dans ce sillage, la députée du PPS évoque le cas du ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime et du développement rural qui s’est présenté en 2019 au parlement pour aborder une question qui lui a été soulevée en 2017 au sujet de la campagne agricole et de sa politique dans ce sens. Pis encore, la question, qui était d’une brûlante actualité en 2017, a été noyée, presque deux ans plus tard, dans un menu de pas moins de quatorze points lors de la réunion du ministre avec les parlementaires.

Cela, a-t-elle ajouté, s’explique clairement par les statistiques rendues publiques par le président de la chambre des représentants, faisant savoir que le gouvernement n’a accordé des réponses qu’à seulement 800 questions sur les 2700 qui lui avaient été adressées dans différents domaines, durant cette session d’automne. Même pas le tiers. La crise politique, qui secoue le paysage politique national, se ressent également au niveau de la coalition gouvernementale. Celle-ci, a-t-elle souligné, est souvent tiraillée notamment par des déclarations et des passes d’armes médiatiques des leaders de ses deux principales composantes. Ces tiraillements de la coalition gouvernementale provoquent une onde de choc sur la majorité parlementaire et l’équipe gouvernementale. C’est pourquoi, a-t-il dit, le gouvernement ne fonctionne pas en harmonie.

Bref, a résumé la députée du PPS, la crise, dans laquelle plonge le paysage politique national, serait à l’origine de tous les maux d’aujourd’hui que les mots politiques ne réussiraient pas à dissimuler. A ce titre, la députée du PPS appelle à des actions politiques de nature à assainir le paysage afin de baliser la voie à un processus électoral démocratique en vue de mettre en place une institution législative efficiente qui favorisera l’émergence d’un Exécutif politique en mesure de répondre aux attentes des citoyennes et des citoyens .

Dans ce cadre, elle a réitéré l’appel au chef du gouvernement d’entamer des concertations avec les partis démocratiques autour du chantier du système électoral.

Propos recueillis par B. Amenzou

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