Le CRT d’Agadir, quel dessein?

À bâtons rompus, les Centres Régionaux du Tourisme du Maroc (CRT) se mettent à pied d’œuvre pour se faire peau neuve et faire face aux enjeux du secteur dont la dynamisation s’impose plus que jamais. Nombre de ces organismes fédérateurs se sont visiblement attelé à cette besogne, à l’image de celui de Rabat qui est en passe d’impulser fortement le domaine, mettant en place un plan d’action ambitieux, axé sur le digital et soutenu par l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT), avec lequel il vient de signer un contrat de coopération pour la promotion de la capitale, à plus d’un registre. Cette dynamique que mènent, tambours battants, les CRT de plusieurs régions du royaume est à même de mettre du tonus dans les structures du tourisme et associer pour de bon tous les partenaires à cette fin, en particulier les décideurs centraux auxquels revient la relance du département.

Qu’en est-il du CRT Agadir-Souss Massa? Il semble bien que le statu quo continue à marquer cette institution, pourtant considérée comme la première instance du pays, instigatrice de cette philosophie ingénieuse qu’est la Triptyque Professionnels/Élus/Institutionnels, depuis l’ancienne appellation le Groupement Régional d’Intérêt Touristique (GRIT), il y a plus de vingt ans. On se souvient toujours de l’ère d’or de ce conglomérat interactif qui faisait de la première station balnéaire du royaume, le pôle d’attraction de prédilection des marchés émetteurs de renommée mondiale, notamment la Scandinavie, l’Allemagne et consorts. A l’époque, des opérateurs de talent (on ne citera aucun nom de crainte de susciter des jalousies voire des animosités gratuites ! ), avaient leur mot à dire aussi bien à l’échelon régional que national, au point de de s’octroyer des acquis notoires pour la destination. Qu’en reste-t-il de cette notoriété pétillante qui parvenait à agenouiller les plus coriaces des Tours Opérateurs et décrocher des contrats de haute valeur?

Franchement, pas grand-chose, sans être, pour autant, acariâtre ni présomptueux ! Le produit du tourisme peine, au fil du temps, sous les yeux impuissants des salariés qui se sont adjugé les rênes de la gestion du secteur. Depuis presque une décennie, ce maillage soudé des diverses composantes aurait tendance à se désagréger, à tel point que le CRT, véritable locomotive de conduite de jadis, se dévidait progressivement de son charisme et se transformait machinalement en boîte aux lettres, sans énergie offensive ni capacité inventive. Cet effritement déplorable faisait dissuader les services de tutelle qui laissaient pour compte un larron incontournable de l’économie nationale et jetait la destination dans la médiocrité, en dépit de l’entourage avéré  et le potentiel porteur. Inutile de faire étalage des revers qui ne cessent de miner le secteur de peur de ne pas en finir, malgré les efforts déployés par certaines flammes étincelantes tant au niveau du staff administrateur du CRT que celui du personnel administratif (On n’évoquera non plus aucun noms pour les mêmes raisons!).

En effet, le CRT d’Agadir est « étêté », depuis que le président arborait sa démission. Lequel président, quoiqu’il réussisse à merveille ses projets hôteliers, ne serait jamais hissé en levier propulseur de la structure, pour ses cumuls d’affaires personnels fort absorbants et ses limites en matière d’optimisation d’ordre général. En parallèle et en dépit de quelques sursauts timides en termes de dessertes aériennes, la problématique du relèvement des capacités d’accueil, au regard des déficits des structures hôtelières délabrées, inopérationnelles ou encore indéfiniment à l’arrêt, pénalise métropole satellitaire en perte de vitesse. De surcroît, on condamnera le comportement cynique de certains hôtels 5 étoiles qui s’en prennent à leurs employés, en particulier des femmes, les privant de leurs droits les plus rudimentaires, comme c’est le cas d’un palace de la ville connu pour son titre « souverain » intouchable et dont le produit laisse à désirer!

Qui sortirait cette instance rassembleuse de ce marasme qui n’a fait que durer ? Certainement, une tête pensante, fonceuse, autonome et créative ! Il en existe à Agadir, il suffit de lui faire confiance et l’entourer d’une équipe fringante et cohérente, en vue d’espérer une réelle relance!

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