Entretien avec Ataa Allah Fadoua, Directrice du CEISIC

«Les NTICs, un moyen efficace pour la transmission et le développement de la langue et la culture»

Le CEISIC mène une importante activité de recherche, portant sur la promotion de la langue et la culture amazighes via les technologies d’information et de communication, souligne Ataa Allah Fadoua, Directrice du Centre des Etudes Informatiques, des Systèmes d’Information et de Communication (CEISIC). Lors de la 24e édition du SIEL, un système d’écriture de la graphie tifinaghe à base de braille et un utilitaire de conversion Tifinaghe-Braille a été présenté au grand public. Cette réalisation, fruit d’une collaboration entre le CEISIC et Nouria Yakoubi, est destiné aux non-voyants, afin de leur permettre à la fois de lire et écrire l’amazighe.

Al Bayane : Qui est Fadoua Ataa Allah?

Fadoua Ataa Allah : Fadoua Ataa Allah, docteur en Informatique et télécommunications,  est chercheur en Sciences du Numérique au sein de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) depuis 2008. Actuellement, j’occupe le poste de directrice du Centre des Etudes Informatiques, des Systèmes d’Information et de Communication (CEISIC).

Quelles sont les missions de votre centre?

Le CEISIC mène une importante activité de recherche, portant sur la promotion de la langue et la culture amazighes via les technologies de l’information et de la communication. Il a pour vocation de développer la recherche scientifique qui s’appuie sur les sciences du numérique pour investir les différents aspects de recherche dans les domaines de la langue et de la culture amazighes. Il mène une politique de recherche ayant pour objectif de fédérer les compétences universitaires nationales pour faire aboutir les aspects de recherche bénéfiques à la langue et la culture amazighes et d’encourager leur développement au sein de l’université et partant dans le tissu industriel national. Il se charge de la gestion et de la maintenance du système d’information ainsi que du parc informatique et téléphonique de l’Institut. De même, il contribue à la valorisation des productions et des activités de l’IRCAM via la diffusion à travers les nouvelles technologies, notamment l’Internet et le mobile. Enfin, il participe activement à la promotion du caractère tifinaghe, en développant sa portée artistique et fonctionnelle et enrichissant le répertoire typographique amazighe.

Quelles nouveautés apporte votre structure au Salon International d’Edition et du Livre?

Un système d’écriture de la graphie tifinaghe à base de braille et un utilitaire de conversion Tifinaghe-Braille a été présenté dans le cadre de la 24eédition du Salon International d’Edition et du Livre. Ce système, le fruit d’une collaboration entre le CEISIC et Nouria Yakoubi, est destiné aux non-voyants, afin de leur permettre à la fois de lire et écrire l’amazighe.

Pour cette édition, le centre a présenté et distribué un utilitaire enrichi. Il permet de substituer au système braille, en outre des caractères tifinaghes, les caractères arabes, les caractères latins utilisés dans la transcription de la langue française, les chiffres arabes ainsi que les signes de ponctuation.

La version Web et installable du convertisseur sont accessibles via le lien suivant http://tal.ircam.ma/talam/Tifbraille.php.

Cette 24e édition du Salon International d’Edition et du Livre était aussi une occasion pour parler au grand public du dictionnaire électronique de la langue amazighe. Un projet transversal avec le Centre d’Aménagement linguistique qui est en cours et converge vers sa fin. Le dictionnaire électronique est exploité à travers un site Web pour rendre service aux acteurs travaillant dans le domaine de la langue, l’enseignement, la rédaction et la communication en amazighe.

Quel est l’apport les NTIC à la langue amazighe?

Si chez les nouvelles générations, la notion de pratiques tend à être privilégiée à celle d’usage en sciences de l’information et de la communication, c’est clair que les NTICs, connotées de nos jours par les Sciences du Numérique, seront dans un futur très proche le moyen le plus efficace, à la fois, pour la transmission et le développement de la langue ainsi que la préservation et la promotion de la culture.

Quelle est la stratégie de votre centre dans ce sens?

Conscient du rôle des NTICs dans l’avenir des langues, à l’ère de la globalisation, l’IRCAM a mis en œuvre une politique d’informatisation de la langue amazighe. Dans ce sens, les chercheurs du centre ont proposé une feuille de route pour doter l’amazighe d’outils assurant son fonctionnement comme les langues conformément équipées. Cette feuille structure le développement du projet d’informatisation de l’amazighe en tâches représentées par une chaîne partant des traitements élémentaires, passant par la constitution de briques de ressources, et allant vers des applications génériques répondant généralement à des besoins. Cette chaîne va de l’adaptation et l’amélioration d’outils en fonction des nouvelles technologies jusqu’au développement d’applications, en se basant sur la recherche fondamentale.

Quel est votre positionnement au niveau nord africain?

Selon le classement Webometrics (http://webometrics.info), qui mesure l’impact des institutions universitaires et centres de recherche à travers la toile, au titre de l’année 2017, notre Institut est en tête de liste des instituts de recherche marocains. Au niveau de l’Afrique du nord, il est classé 13e.

Quels sont vos projets d’avenir?

Suite à la feuille de route élaborée,  la liste des projets à venir est importante. Dans le court terme, le centre envisage la concrétisation de dictionnaires électroniques pour mobile, une plateforme d’apprentissage de la langue amazighe pour adulte, des applications appuyant l’enseignement- apprentissage de type livre interactif, ainsi qu’un système de traduction automatique de et vers l’amazighe.

Votre dernier mot.

La technologie est une arme à double tranchant. Il faut savoir bien l’exploiter.

Moha Moukhlis

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