Festival international Cinéma et Migrations d’Agadir

Une gratification spectaculaire!

Comme attendu, le festival international de Cinéma et Migrations d’Agadir vient de se positionner dans le top ten du 7e art de l’Afrique. Une belle consécration pour un projet artistique dédié à la cause migratoire dans ses aspects humaniste et civilisationnel.

Depuis sa création, il y a seize ans, cet événement thématique de haute facture tant au plan de l’invention que de l’authenticité, a pu se frayer une place au soleil au sein du continent de la négritude, comme se plaisait de baptiser Léopold Sédar Senghor, premier africain à siéger à l’académie française.

En fait, trois festivals marocains sur dix, dont celui de la capitale du Souss, furent distingués. Une prouesse africaine dans l’univers du cinéma, à un moment où le continent africain pétri de son originalité, se fait un charisme saisissant. L’écrivain sénégalais, précédemment cité, disait un jour : «La négritude est une culture, un fait. C’est l’ensemble des valeurs de tous les peuples l’Afrique !». Si le festival de Marrakech qui prône le brassage pluriel de la recherche du cinéma universel, se tient le sixième rang en Afrique, il doit ce privilège à l’intérêt tout particulier dont il jouit de l’officiel. Quant au festival de Khouribga, plutôt thématique, consacré uniquement au cinéma africain, depuis son existence en 1977, il occupe non sans panache, la 8ème place dans ce palmarès.

Le festival d’Agadir ferme la marche de ces dix meilleurs rendez-vous annuels qui agrémentent le champ de cinéma dont la particularité porte sa pierre dans cette performance. En effet, en 2003, date du coup d’envoi de cette nouvelle trouvaille de cinéma, il opte pour le thème de la migration dont un parterre prolifique ne cesse de mettre la main à la pâte afin de mener le débat autour de ce phénomène de plus en plus en vogue. Le parcours du festival de la capitale du Souss, laborieux et sensationnel, s’est âprement persisté aux pénuries logistiques et aux carences matériels. L’absence cruelle de salle de projection, l’indigence et la vulnérabilité des moyens budgétaires, entre autres, se croisent pour mener la vie dure à cette activité.

Les initiateurs de cette manifestation de taille ne se contentent pas de se pencher exclusivement sur l’élaboration du menu et du contenu programmatiques, mais également sur l’aménagement de la salle en état piteux, qui s’ouvre une fois par an en exception. On dépoussière, on peint, on pavoise pour que l’espace soit, encore une fois, flambant neuf. C’est là le mérite de l’association «Initiative culturelle» qui s’y met d’arrache pied, à chaque édition pour pérenniser une tradition dans une métropole économique sans…bâtisse de cinéma. Hommage donc à ce festival qui, en dépit des contraintes, se hisse dans la cour des grandes messes artistiques de l’Afrique ! Un signe fort aux décideurs et aux bailleurs de fonds de parrainer cette action qui fait honneur au pays et force la reconnaissance de l’instance africaine.

Un précieux acquis à institutionnaliser de plus belle, en le dotant de salle adéquate et l’entourant de tous les égards car il s’érige désormais en une fierté collective.

Saoudi El Amalki

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