Hépatite B: Attention aux pratiques traditionnelles!

Quelques  conseils à propos de l’hépatite B.  Que dire de  l’hépatite B ? Quels sont  les symptômes? Comment attrape-t-on le virus ?  Quelles sont les solutions adéquates?

Le virus de l’hépatite B est un virus qui touche préférentiellement le foie et peut causer beaucoup de dégâts. La prévalence au Maroc est assez importante mais non précisément connue, d’ailleurs le

Ministère de la santé a entamé une enquête pour apprécier de façon précise les prévalences des hépatites virales au Maroc et ce, en février 2019. Une hépatite qui peut passer inaperçue, et se transformer en maladie chronique à l’insu de son porteur. L’hépatite chronique B peut aussi évoluer en cirrhose et en cancer du foie. C’est la principale gravité de ce virus. Tout commence par un épisode d’hépatite aiguë qui peut guérir spontanément même sans symptômes. Mais dans certains cas le virus persiste dans l’organisme et va endommager le foie.

Comment attrape-t-on le virus ?

Le virus se transmet essentiellement par voie sanguine et sexuelle. Tout contact avec du sang souillé peut transmettre le virus : l’usage du matériel médical non stérilisé, seringues et objets tranchants.

Un contact sexuel unique peut également être à l’origine de la contamination. La contamination peut aussi se faire entre mère et enfant à travers la grossesse et l’accouchement. C’est pour cela que la recherche du virus de l’hépatite B est obligatoire en chaque début de grossesse.

Il est impératif de souligner dans ce sens le danger que représentent certaines pratiques comme le tatouage (lwcham) et les pointes de feu (alkayy) qui constituent au Maroc un réservoir de virus vu les conditions non hygiéniques dans lesquelles ces gestes sont réalisés.

Comment savoir si je suis infecté ?

Dans les cas où l’hépatite est symptomatique elle peut se manifester par une jaunisse, de la fatigue, des nausées et des vomissements, et parfois également de symptômes articulaires ou cutanés.

Mais comme l’hépatite B peux passer silencieusement, le seul moyen d’infirmer ou confirmer sa présence est d’effectuer la sérologie.  C’est-à-dire, la recherche de l’antigène du virus dans le sang.

Hépatite B aigue ou chronique ?

On parle d’hépatite chronique quand l’antigène du virus persiste dans le sang plus de six mois, et d’une guérison, si ce dernier disparaît avant. C’est l’hépatite chronique B qui fait le lit de toutes les complications liées au virus VHB. La cirrhose du foie est une complication redoutable car il s’agit d’un état irréversible grave à travers des complications qui lui sont propres comme les hémorragies digestives, l’ascite (présence de liquide dans l’abdomen), les infections et l’insuffisance hépatique qui est un état terminal ou le foie n’assure plus ses fonctions de façon définitive.

Le cancer du foie est la complication la plus grave du VHB, il peut s’installer sur un foie cirrhotique, mais aussi sur un foie sain : en effet le virus de l’Hépatite B peut engendrer directement un carcinome du foie sans passer par la case de la cirrhose comme pour les autres hépatites.

L’évolution vers ces différentes maladies implique bien sur le facteur temps, plus l’infection est Ancienne, plus il y a de risque qu’elle évolue vers la cirrhose et le cancer. C’est la gravité particulière des infections attrapées à l’enfance ou la naissance.

J’ai découvert une hépatite B, que faire ?

Une sérologie de l’hépatite B est prescrite au moindre doute sur un trouble hépatique, elle est aussi réalisée systématiquement après chaque don de sang et obligatoirement en début de toute grossesse. Quand une sérologie revient positive, le gastroentérologue prescrit un bilan plus élargi qui a pour but de répondre à certaines questions : L’infection est-elle chronique ? Le virus est-il en pleine réplication ? Quelle est la quantité du virus ? Existe-t-il déjà des dégâts au niveau du foie ?

En fonction des réponses, il peut exister plusieurs cas de figures et le choix de la prise en charge en dépend.

Comment ça se traite ?

Mis à part la situation du virus inactif qui peut relever d’une surveillance sans traitement, les autres cas nécessitent un traitement médical : différentes thérapeutiques existent et reposent sur des agents anti viraux comme l’interféron ou les analogues. Les antiviraux de dernière génération ont une meilleure tolérance et une plus grande efficacité mais nécessitent une prise au long cours. Le choix se fait en concertation entre le médecin et le patient selon les préférences liées au terrain de chacun.

Est-ce que je peux guérir ?

Quand il s’agit d’une hépatite chronique, on parle plus souvent d’une réponse virale que d’une guérison. Le traitement permet d’atteindre une quantité indétectable du virus, et permet donc de prévenir les dégâts sur le foie. La guérison définitive est possible dans un certain nombre de cas.

Puis-je vivre une vie normale si je porte le virus de l’Hépatite B ?

Tous les moyens de prise en charge visent à préserver une qualité de vie tout à fait normale sans restriction en appliquant bien sur les précautions envers l’entourage comme l’usage d’articles tranchants à usage strictement personnel et l’utilisation de préservatifs. L’existence de traitements adaptés aux grossesses et la vaccination précoce des nouveau-nés permet à toute jeune femme porteuse de l’hépatite B d’envisager une grossesse sans problème en concertation bien sûr avec son médecin traitant.

Le vaccin existe 

Vu les complications redoutables de l’hépatite B, il est devenu obligatoire de vacciner tous les nouveau-nés contre ce virus : la vaccination obligatoire a intégré le programme national d’immunisation au Maroc. Elle est aussi recommandée pour les professionnels de la santé tels que les médecins, infirmiers et pompiers, car l’exposition au sang est fréquente dans ces professions.

Attention aux traitements traditionnels !

Dans notre contexte certaines pratiques non médicales sont malheureusement toujours répandues : le traitement de l’hépatite (bouseffir) par les pointes de feu et les plantes non médicinales. La propagande de ces pratiques s’explique simplement par le fait que certaines hépatites guérissent spontanément, guérison attribuée à tort au traitement traditionnel reçu. Ces pratiques sont non seulement inefficaces mais elles aggravent le cas en causant des dégâts supplémentaires et en participant à la propagation du virus.

Ilham Azghari

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