La corruption fait mal!

Le scandale du master à la « vente » qui a circulé récemment dans les réseaux sociaux, a fait ressurgir le mal de la corruption au-devant de l’actualité.

A croire les derniers développements de cette scabreuse affaire au sujet de laquelle le parquet avait réagi illico, on croit bien savoir que les suspects sont en garde à vue et soumis à l’interrogatoire pour collecter le maximum d’informations sur cette louche transaction qui a secoué l’enceinte de l’université Mohamed Ben Abdallah de Fès. Certes, on est censé se garder de tomber, encore une fois, dans le piège de la manipulation du monde virtuel. Souvent, l’intox non vérifiée, recoupée et authentifiée, risque d’induire en erreur des citoyens avides du sensationnel.

Toutefois, les faits vécus de ce phénomène sont si fréquents qu’ils défient le doute aussi résistant soit-il. On a beau se méfier, on finit par se rendre à l’évidence combien amère. Sans vouloir trop tourner le fer dans la plaie, on déplorera la gravité de ces agissements infâmes qui gangrènent certaines universités marocaines. Toutefois, on se retiendra de remettre en cause la conduite loyale de nombre d’enseignants envers leurs étudiants. Par contre, on ne cessera de condamner leurs homologues dont l’intégrité laisse à désirer.

Il est bien évident que ce comportement abject infeste la plupart des secteurs de la vie publique et, peut-être, il est encore plus criard dans moult services de l’administration. Cependant, dans l’enseignement supérieur, espace de la diffusion des valeurs de la probité et arène de la sécrétion des idéaux de la citoyenneté, la consternation s’avère double. Quel avenir trace-t-on aux générations futures, à l’antichambre de la fonction ? Le discrédit qu’on n’arrête pas d’infliger malheureusement, à ce niveau, se profile de plus en plus, au vu des « corrompus » qui se permettent, sans vergogne, de fausser les critères de la réussite.

Pis encore, l’égalité des chances, fondement de la formation, est bafouée par ce traitement entaché de tricherie ignoble. D’autant plus que la notion du mérite et de l’excellence est piétinée sous l’effet de la magouille. Quelle image donne-t-on à cette émulation conditionnée par la manie soudoyée ? Une préoccupation qui interpelle aussi bien les décideurs du secteur que l’ensemble de l’élite marocaine. Adopter des mesures volontaristes à même de mettre un terme à ce fléau chaotique qui ne cesse de ronger la société, serait vivement sollicité, dans une nation où les indicateurs du développement sont au plus bas. La corruption en est, sans doute, une cause saillante de cet énorme déficit !

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