La «Nakba» qui interpelle le monde

«Désastre», «catastrophe», «Nakba». Ces concepts, rappelés, repris et remis sur le devant de la scène médiatique et politique internationale, chaque année, en ce moment de commémoration du triste anniversaire du peuple palestinien massacré et chassé de ses terres en 1948.

En effet, au moment où le monde sortait de la deuxième guerre mondiale, au moment où la conjoncture mondiale était sur la voie de la décolonisation, au moment  où le monde lançait les jalons du développement durable, l’Histoire retient que dans cette zone du Proche-Orient le conflit durable était lancé, supplantant ainsi une trêve durable et renvoyant du coup aux calendes grecques une paix durable.

Depuis lors, le conflit israélo-palestinien ou palestino-israélien s’accentuait et se compliquait pour devenir durable et, semble-t-il, sans issue aujourd’hui. Et la «Nakba», qui a démarré en 1948 par une dépossession de la terre, s’est poursuivie pour consolider et «légitimer» la dépossession et se poursuit toujours par une dépossession sur toute la ligne.

C’est dans ce sillage que la formule de «deux Etats» a été mise en avant, mais sans mesures concrètes pour baliser la voie à sa mise en œuvre effective et durable. Ensuite, la question du statut de la ville sainte d’Al Qods  a été manipulée pour ne donner aucun espoir à la formule de deux Etats. A ce propos, la décision des USA de transférer leur ambassade à Jérusalem et l’adoption de la loi définissant Israël comme «Etat nation du peuple juif», ont définitivement renvoyé le projet de paix aux calendes grecques.

Cette situation ne cesse d’interpeller Rabat qui a toujours prôné la voie de la paix et de la cohabitation des deux Etats voisins. «En Notre qualité de Président du Comité Al-Qods, issu de l’Organisation de la Coopération Islamique, Nous avons affirmé à Son Excellence Monsieur Donald Trump, Président des Etats-Unis d’Amérique, et à Son Excellence Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général de l’Organisation des Nations-Unies, l’importance extrême de la ville d’Al-Qods, non seulement pour les parties au conflit, mais également pour les adeptes des trois religions monothéistes, et que toute atteinte au statut juridique et historique reconnu d’Al-Qods, renferme le danger d’entraîner la question palestinienne dans les méandres des conflits religieux», a souligné SM le Roi Mohammed VI dans un message au président de l’Etat de Palestine, Mahmoud Abbas, suite à la mise en œuvre par l’Administration américaine de sa décision de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer son ambassade.

B.Amenzou

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