La rue gronde !

Ces temps-ci, la quasi-totalité des villes du pays gronde. La tension monte d’un cran et tend à tourner au vinaigre. A l’instar de ses homologues, Agadir fait brûler le torchon et se tortille sous le brasier de la colère collective. Le contingent infantile, de plus en plus, grossissant jalonne les artères et débouche sur la Wilaya, tel une avalanche dévalant la montagne.

Depuis déjà quelques jours sans relâche, les écoliers ont fini par prendre goût à la frasque et l’agitation publiques. Une nuée d’enfants en fort émoi s’époumone, au haut-parleur, pour rouspéter contre la déchéance qui les assaille à bout portant. Qui apaisera ce déchaînement, en passe de prendre des proportions fort inquiétantes ? A coup sûr, les forces de l’ordre qui assiègent les lieux de la manif semblent s’interdire de réagir, de crainte d’aggraver cette situation agaçante ! Comment s’y prendre dans le calme, face à une «rébellion »juvénile enflammée ? C’est là toute la question qui intrigue aussi bien les Autorités locales que les gestionnaires de l’éducation nationale ! On ne sait plus à quel saint se vouer, d’autant plus que des conduites attentatoires aux symboles de la patrie ont tendance à se faire valoir au sein de ces attroupements surexcités, un peu partout dans les régions.

En même temps, devant le siège de la Wilaya, vient de se tenir un autre sit-in, cette fois-ci, animé par des adultes. C’est une pléiade d’acteurs, toutes sensibilités confondues, qui s’insurge contre l’occupation du domaine public marin sur le littoral nord de la capitale du Souss. De même, cette élite répugne l’agression permanente à laquelle est soumise la nature étouffée par la pollution des unités de farine de poisson qui empestent l’air et la mer.

Un phénomène spécifique à la ceinture côtière de ces sites de rêve, notamment à Immi Ouaddar et Tama Ouenza qui vivent, chaque jour, un matraquage foncier hallucinant, faisant fi de toutes les lois urbanistiques et environnementales en vigueur. Des édifices de tous genres poussent comme des champignons sur le territoire marin, érigés sans vergogne, par des barons de l’immobilier et générant le déséquilibre de la biosphère et de l’écosystème, à travers l’érosion des récifs, le rejet des résidus, la détérioration de la faune et de la flore, la dégradation du panorama visuel de toutes ces merveilles naturelles.

Les manifestants crient au scandale, haut et fort, contre la démission et le mutisme des responsable face au carnage de l’écologie marine, à la dépravation foncière, à la dénaturation du paysage splendide de toute une zone prisée…Un message vif et âpre de toute cette élite révoltée par la nonchalance et l’indifférence exaspérantes des décideurs qui, paraît-il, sont impuissants face aux bourreaux de la nature et aux prédateurs du béton!

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