La stérilisation, la recette contre les chiens-errants…

Une semaine de stérilisation des chiens errants se poursuit jusqu’au 27 courant à travers l’ensemble du Royaume. Au vu des hordes de chiens «sans maîtres» qui envahissent allègrement les quartiers périphériques de certaines villes, on ne peut qu’applaudir chaleureusement une telle initiative. Stériliser ces derniers pour en arrêter la propagation est une très louable résolution.

Or, ce à quoi l’on assiste malheureusement c’est à un abattage systématique de la race canine. Une tuerie indigne d’une société qui se doit d’être exemplaire, respectueuse des siens – hommes ou chiens – pour être respectable et respectée. Les snipers mandatés pour cette opération innommable, se croyant investis d’une fonction de justicier, tirent sans sommation sur les chiens en tuant certains, en blessant d’autres qui, en se tordant de douleur, n’ont aucune autre alternative que de fuir au loin… Combien de temps va durer la souffrance de la bête blessée ? Une heure, deux heures, un jour, deux jours, plus, moins ? Nul ne le sait… L’image publiée sur Facebook de cette chienne agonisante, baignée dans son sang, entourée de chiots les yeux encore fermés qui lui tirent les mamelles en espérant en sortir quelques gouttes de lait pour ne pas mourir de faim donnerait à réfléchir au plus inhumain d’entre nous.

Les chiens errants sont nombreux, certes. Le risque que certains d’entre eux puissent être porteurs de rage ou d’autres maladies dangereuses et s’attaquer à de paisibles citoyens est bien réel. Aussi, s’avère-t-il indispensable d’y mettre un terme. Limiter leur prolifération relèverait donc de l’urgence. Opter pour leur stérilisation est une excellente décision mais elle coûterait très cher car leur nombre est estimé à plus de deux millions, sachant que l’Etat débourserait déjà près de Quatre Millions de Dirhams en vaccins antirabiques pour faire face aux morsures que ces chiens infligent chaque année à près de 10.000 personnes. Une somme faramineuse, en effet, qu’il aurait été souhaitable que l’Etat puisse réserver à d’autres secteurs. Mais ce que l’on sait aussi c’est qu’il existe, depuis bien longtemps déjà, une association marocaine dénommée Société Protectrice des Animaux ayant signé plusieurs conventions avec le Gouvernement marocain, qui collabore avec diverses organisations étrangères ayant pour objectif de protéger les animaux de travail et de compagnie et qui serait membre de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN), du Bureau Méditerranéen d’Information sur l’Environnement, la Culture et le Développement Durable (MOI-ECSDE) et du Réseau des Associations Marocaines pour l’Environnement (RAME). Cette association aurait donc pour fonction première de «protéger» les animaux. Or, leur abattage systématique au vu et au su de tout le monde, petits et grands, n’est pas à encourager car il donne une piètre image et une conception bestiale de la «protection». Les ramasser et les «piquer» aurait quand même été plus «humain» ou plutôt moins monstrueux et plus «civilisé» bien que l’acte de tuer ne puisse jamais être considéré comme étant une attitude «civilisatrice»… Mais s’il est vrai qu’il n’est pas très intelligent de chercher à cacher le soleil avec un tamis, il n’en demeure pas moins vrai qu’il peut s’avérer utile de le faire si l’on ne cherche qu’à atténuer la réverbération de l’astre solaire.

Nabil El Bousaadi

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