L’Afrique s’affiche à Casablanca

L’Afrique aiguise l’appétit des acteurs du capital-investissement. L’approche n’échappe à personne, le Maroc veut s’ouvrir davantage sur l’ensemble du continent africain en privilégiant le concept du PrivateEquity.  Décryptage

Les professionnels du PrivateEquity, chefs d’entreprises, jeunes entrepreneurs et dirigeants d’institutions financières se sont tous réunis, le 21 janvier 2016 à Casablanca, à l’occasion de la 5ième Journée du Capital Investissement organisée par l’association marocaine des investisseurs en capital (AMIC). L’objectif est de partager les expériences et apporter une vision quant à la dynamisation de l’investissement en capital en Afrique à partir du Maroc.

Le capital-investissement ou PrivateEquity en anglais – cette activité qui consiste pour des investisseurs à entrer au capital de sociétés demandeuses de capitaux et non cotées en bourse – est en nette croissance en Afrique. Ce continent se veut,  aujourd’hui, un  eldorado prometteur des fonds d’investissement internationaux. « Les besoins de financements en Afrique s’élèvent à 100 milliards de dollars par an. Ce besoin constitue un véritable levier de croissance du capital-investissement dans le continent» déclare Omar Chikaoui, président de l’AMIC.

Casablanca, un hub idéal

Toutefois,  ce potentiel est encore fragmenté dans des régions n’atteignant pas la masse permettant d’attirer les investisseurs, d’où l’intérêt de créer des points d’entrée comme Casablanca Finance City (CFC) pour dynamiser le secteur financier en général et le capital-investissement en particulier.  D’ailleurs, « le Maroc réunit tous les critères pour être un hub financier pour le  continent, de par sa stabilité politique et macroéconomique, sa régulation et sa connectivité aérienne avec le monde et le développement de ses liaisons logistiques avec l’Afrique » note la directrice générale adjointe de CFC, Lamia Marzouki. Et de poursuivre : «De plus, le Maroc jouit d’une forte présence des banques marocains sur le marché financier africain».

Un positionnement dans le temps

Alors que la part du capital-investissement dans cette région reste modeste comparée aux autres marchés, des perspectives de croissance importantes sont attendues à moyen et à long terme, en raison d’un climat d’investissement en progrès et les importants retours sur investissement prévus. «Le positionnement du Maroc en Afrique est dans le temps. Ce n’est ni dans cinq ans ni dans dix ans mais dans plusieurs dizaines d’années» avance Noël Albertus, directeur général de PwC Maroc. Et d’ajouter : «la réussite des prises des participations repose sur l’instauration de la confiance durable». En effet, beaucoup d’acteurs de PrivateEquity ont peur de prendre le risque de se développer à l’extérieur notamment dans le continent africain.

Des défis à relever

Justement, l’investissement en Afrique doit encore faire face à de nombreuses contraintes, parmi lesquelles l’absence d’une éducation financière et particulièrement en termes du PrivateEquity. Les autres difficultés sont notamment le manque disponibilité du capital humain expert en la matière, la faiblesse de  la liquidité boursière au niveau des places africaines, l’absence d’un écosystème financier et juridique et le manque d’un environnement de sortie, condition préalable au développement d’un marché du capital-investissement. Rappelons que l’achat des parts se finance en partie grâce à de la dette et les plus-values sont réalisées au moment de la « sortie » qui a lieu en général 3 à 10 ans après l’entrée au capital.

Kaoutar Khennach

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