Le Cameroun, Etat-pivot d’Afrique Centrale

Avec son potentiel humain, culturel, artistique, historique, géographique diversifié, quelle place occupe le Cameroun dans sa sous-région Afrique Centrale ? Quelles relations ce pays de 20 millions d’habitants entretient-il avec ses voisins que sont, notamment le Gabon, la Guinée Equatoriale, le Tchad, le Congo, la république centrafricaine, regroupés au sein de la CEMAC (communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale) ? Les détails.

Le Cameroun est considéré depuis des années comme la locomotive de la zone CEMAC. Une position dont ce pays s’enorgueillit d’autant qu’il possède 20 millions des 35 millions d’habitants que compte la sous-région. Ceci revient à dire que ses potentialités sont indéniables et reconnues à leur juste valeur par les autres Etats riverains.

Sur le plan éducatif, le Cameroun concentre les meilleures universités publiques et privées en Afrique Centrale, les meilleurs instituts de formation dans le secteur de la défense, de l’administration, du commerce, de la gestion. Ces établissements drainent annuellement plusieurs étudiants des différents pays de la sous-région.

Sur le volet économique, le Cameroun est le seul pays de la CEMAC qui exporte vers tous les pays de cette zone. En retour, il n’importe pratiquement rien d’eux. Certains Etats comme la RCA ou encore le Tchad sont dépendants du Cameroun à 80% pour leurs échanges commerciaux. Une grande partie des produits à destination de ces pays transitent par le Cameroun. Dans ce cadre, le port autonome de Douala joue un rôle incontournable.  De là partent plusieurs marchandises jusqu’en Centrafrique, au Tchad via des routes bitumées.  Le Gabon et la Guinée Equatoriale peuvent également être rejoints à partir du Cameroun via des voies terrestres.

En termes d’innovation, le Cameroun fait également bonne mine dans la sous-région. En effet, selon un classement réalisé conjointement en 2015 par l’université américaine Cornell, l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPIC) et l’école de commerce ISEAD, le Cameroun occupe la 110e place du Global innovation Index. S’il est devancé de très loin par plusieurs pays comme le Maroc, il est le seul pays d’Afrique Centrale à être innovant selon ledit classement.

Si le Cameroun s’enorgueillit de sa position de leader, il est toutefois ouvert sur les autres pays et intégré dans la sous –région.

A l’heure où l’intégration demeure une gageure dans la sous-région Afrique Centrale, le Cameroun a entrepris d’énormes projets pour renforcer ses liens avec les pays voisins, notamment en termes d’infrastructures de transports. En l’occurrence, le pipeline Tchad-Cameroun par lequel le Cameroun ouvre ses débouchés portuaires et ses voies de communication au Tchad pour pouvoir exporter ses ressources pétrolières et minières. Autre réalisation non moins importante : le bitumage des 650 km de la route Sangmélima-Ouesso reliant le Sud du Cameroun au nord du Congo. Parmi les autres projets qui lui tiennent à cœur, le pays milite depuis des années pour que soit réalisé un corridor de transport et de développement entre Kribi (Ccameroun), Bangui (Centrafrique) et Kisangani (RD Congo) et qui prévoit des bretelles vers la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo.

Si le rôle du Cameroun en Afrique-Centrale est indiscutable, le pays est toutefois confronté lui-même à plusieurs défis : contraintes géographiques, manque d’infrastructures qui empêchent son envol et son essor économique.

Danielle Engolo

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