Le cancer colorectal: le dépistage sauve des vies

Le cancer colorectal (cancer du gros intestin jusqu’à sa partie terminale qui est le rectum) est le premier cancer digestif à travers le monde en termes de prévalence. Son incidence est en augmentation au Maroc où il touche environ 10 personnes par 100 000 habitants par an.

Comment se développe le cancer colorectal ?

Nous savons aujourd’hui que le cancer colorectal se développe sur ce que l’on appelle un polype. Il s’agit d’une tumeur bénigne du côlon qui peut éventuellement se transformer en cancer avec le temps d’autant plus que la taille est grande. Cette transformation est actuellement prouvée. Certains facteurs de risque ont été pointés du doigt, comme la consommation de viande rouge et de charcuterie, le tabagisme et la sédentarité.

Le polype peut s’accompagner de symptômes comme des douleurs abdominales vagues ou des troubles du transit intestinal mais dans la majorité des cas aucun symptôme n’est présent.

Le traitement d’un polype est simple et peut reposer sur la résection pendant la coloscopie et éviter le développement d’une tumeur maligne.

Quels sont les signes qui inquiètent ?

Les signes qui doivent pousser à consulter sont la présence de sang dans les selles, un changement récent dans le transit (diarrhée ou constipation ou alternance des deux), des douleurs abdominales, une pâleur, une perte de poids, une anémie. Il est important de souligner que la présence de sang dans les selles (rectorragies) est très communément attribuée à des hémorroïdes. Ceci est la cause du retard du diagnostic du cancer colorectal dans de nombreux cas. La présence de sang dans les selles est un signe clé qui doit conduire à consulter et doit être suivi d’un examen du côlon même si des hémorroïdes sont déjà présentes, et ce d’autant plus que l’âge dépasse 50 ans.

Le cancer peut cependant évoluer silencieusement jusqu’à des stades avancés ou il se manifestera par une complication.

Le cancer du côlon ou du rectum peut donner une occlusion en bouchant totalement le passage aux matières fécales et aux gaz. Une absence de selles et de gaz, une douleur abdominale aigue avec des vomissements doivent conduire à consulter en urgence.

Quel est l’examen qui permet le diagnostic ?

Devant des signes faisant suspecter la maladie, votre gastroentérologue réalisera une coloscopie (exploration par caméra de l’intérieur du côlon). C’est un examen qui se fait sous anesthésie, après avoir réalisé un nettoyage du côlon la veille par une préparation dédiée à cet effet. L’examen a pour but de visualiser la ou les tumeurs, sa localisation et sa taille, et de réaliser des biopsies qui prouveront la nature maligne.

Quels sont les principes du traitement ?

Dans certains cas de tumeurs superficielles, une résection peut être réalisée au moment de la coloscopie et peut dans certains cas suffire au traitement. Dans d’autres cas, une chirurgie est nécessaire. Elle peut s’accompagner éventuellement de chimiothérapie. On recherche préalablement par un scanner la présence de métastases (tumeurs secondaires s’étant propagées au reste du corps). Dans ce cas, le traitement est général car il cible les cellules cancéreuses disséminées dans tout le corps, la chirurgie n’étant plus suffisante.

Comment dépister ?

Il faut savoir que la population générale de plus de 50 ans présente un risque moyen, donc non faible, de survenue de cancer colorectal. Il est donc recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé de réaliser un dépistage de la population générale à partir de 50 ans ou un âge plus jeune dans certains cas (lorsqu’il s’agit de syndromes familiaux par exemple). Le test actuellement recommandé se base sur le principe de recherche de sang dans les selles. En cas de positivité, il doit conduire à la réalisation d’une coloscopie qui reste le meilleur moyen de visualiser le côlon, rechercher et traiter les polypes. Le dépistage doit se faire de façon annuelle.

Certaines personnes sont plus prédisposées à ce type de cancer que d’autres, notamment les personnes ayant un membre de la famille déjà atteint, les personnes atteintes de polypose (maladie héréditaire qui est caractérisée par la présence de plusieurs polypes au niveau du côlon). Les modalités de dépistage et de prévention diffèrent dans ces cas et peuvent aller jusqu’à la colectomie prophylactique (résection de la totalité du côlon pour prévenir l’apparition de cancer).

Ce qu’il faut retenir

Le cancer colorectal est une maladie dépistable : un test des selles une fois par an à partir de 50 ans.

La coloscopie est le meilleur moyen de visualiser l’état du côlon et de repérer les polypes.

Devant une petite tumeur ou un polype, un geste endoscopique simple peut permettre la guérison.

Une tumeur découverte à un stade précoce peut bénéficier d’une chirurgie complète et guérir.

La présence de sang dans les selles doit conduire à consulter chez un gastroentérologue.

A notre époque où les moyens d’exploration sont disponibles, il est impératif de réduire le nombre de diagnostics retardés et de cancer découverts au stade métastatique où le pronostic est beaucoup plus péjoratif.

A.O.

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