Le CNP fustige les arguments de la direction de la MAP

Les raisons avancées par la MAP pour délivrer à ses journalistes sa propre carte de presse professionnelle autre que celle du Conseil national de la presse (CNP) ne sont que des paralogismes, selon le conseil.

Dans un communiqué, rendu public mardi 24 mars en réaction aux raisons avancées par l’Agence marocaine de presse (MAP) pour justifier sa décision, annoncée lundi, de lancer sa propre carte de presse professionnelle, le CNP estime que cette décision constitue une « violation flagrante de la loi 90.13, portant création du CNP, et en particulier de son article 2, qui stipule que l’octroi de la carte de presse professionnelle est du ressort exclusif du Conseil.

Et comme prévu aux termes de l’article 12 de ladite loi, un représentant de la MAP a assisté en tant que tel aux réunions de la commission de la carte de presse professionnelle, rappelle le communiqué, qui précise que 61 journalistes de la MAP ont reçu leur carte de presse professionnelle du CNP au titre de 2020.

Il est donc faux de prétendre que les journalistes de l’agence ont été privés de leur carte de presse, un paralogisme avancé par la direction de l’agence pour « justifier » sa décision de produire une carte de presse alternative, en violation flagrante de la loi, d’après le conseil.

Dans son article 1, la loi 89.13 relative au statut des journalistes professionnels définit le journaliste professionnel comme étant celui qui exerce une telle profession (y compris dans les agences de presse privées ou publiques).

Dans son article 3 ladite loi stipule que ses dispositions s’appliquent aux journalistes professionnels et à leurs consorts employés dans les services de l’Etat et les établissements publics d’information.

Selon le CNP, l’octroi par la direction de la MAP d’une carte de presse alternative constitue une violation des dispositions de l’article 12 de la loi 89.13 relatif au statut des journalistes professionnels, selon lequel quiconque usurpe la fonction de journaliste professionnel sans être titulaire d’une carte professionnelle ou délivre une telle carte s’expose à des sanctions prévues dans l’ensemble du code pénal. Cet acte constitue aussi une violation des dispositions de l’article 3 de ladite loi 88.13 relative à la presse et à l’édition, qui stipule que ces droits et libertés sont exercés conformément à la Constitution et en vertu des conditions et formes prévues dans cette loi et conformément à la loi 89.13 relative au statut des journalistes professionnels et de la loi 90.13 portant création du CNP.

Dans une dépêche diffusée lundi, la direction de la MAP a fait savoir qu’elle lance conformément à sa loi 02-15 art. 3 et art. 14, sa propre carte de presse professionnelle.

Selon la direction de la MAP, « les conditions exigées par le Conseil national de la presse (CNP), -une association non constitutionnelle, et dans laquelle la MAP n’a le statut ni d’électeur ni d’éligible- pour délivrer la carte de presse, ne sont pas opposables à des journalistes du service public qui demeurent régis par le code de la fonction publique et du statut de la MAP conformément à l’art. 3 de la loi 13-89 du journaliste professionnel.

Face à la crise sanitaire inédite que vit le pays à cause de la pandémie du COVID-19, il serait irresponsable de ne pas doter les journalistes de la MAP d’une carte de presse professionnelle qui leur permette d’exercer leur métier, note l’agence.

Dans son communiqué, le CNP avance d’autres arguments. Il estime que ce que prétend la direction de la MAP ne vise qu’à induire en erreur et que sa décision de délivrer à ses journalistes des cartes de presse est une violation flagrante des lois en vigueur dans le pays et une première dans l’action des établissements publics dont la MAP, qui constitue un établissement public stratégique.

Le CNP juge aussi inopportun de faire valoir par la direction de la MAP la pandémie du COVID-19 pour violer la législation nationale en la matière, d’autant plus que les délais sont toujours ouverts pour déposer les dossiers auprès du CNP, ajoute le communiqué, qui exprime ses regrets de se trouver dans l’obligation de réagir à la décision de la direction de la MAP, en ce temps de lutte et de mobilisation nationale contre le nouveau Coronavirus. En attendant une réforme des textes qui fondent ce CNP, et notamment le décret qui réglemente les conditions d’attribution de la carte, c’est la carte de presse professionnelle du CNP qui prévaut pour les journalistes de l’Agence marocaine de presse à l’exclusion de tout autre carte.

M’Barek Tafsi

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