Le patrimoine immatériel à l’honneur…

Fikri Benabdallah, président de l’association Rabat Salé Mémoire

 

Propos recueillis par Mohamed Nait Youssef

«Les journées du patrimoine de Rabat Salé» qui auront lieu cette année du 24 au 28 avril courant sont désormais un rendez-vous artistique annuel incontournable. Cette année, c’est le patrimoine immatériel qui sera à l’honneur à travers une programmation riche et diversifiée fêtant les splendeurs et les figures emblématiques des deux villes jumelles: Rabat et Salé. «Chaque année, l’association déploie des efforts en matière du patrimoine parce qu’il est spontané et réfléchi», précise le  président de l’association Rabat Salé Mémoire, Fikri Benabdallah. Placée sous le thème: «Regard sur le patrimoine Immatériel», cette 5e édition, avec l’appui  des jeunes bénévoles, s’ouvrira sur les édifices historiques, architecturaux et patrimoniaux, mais aussi les richesses humaines et millénaires des deux rives. «Les journées du patrimoine de Rabat Salé»  sont devenues comme cet enfant qui a grandi et qui a besoin de moyens et d’une programmation centrée et concentrée», a-t-il fait savoir.

Al Bayane : Après les 4 précédentes éditions, cette année «Les journées du patrimoine de Rabat Salé» braqueront les lumières sur le patrimoine immatériel. Pourquoi ce choix?

Fikri Benabdallah : Nous avons consacré la 5e édition de façon assez marquée au patrimoine immatériel en tant que prolongement de la programmation des éditions précédentes consacrées au patrimoine matériel, notamment les édifices, les rues, les cités, les bâtiments quels que soient leur nature ou leur intérêt historique. Le patrimoine immatériel de Rabat et Salé est particulier, dans la mesure où il est pluriel : andalou, berbère, romain…

Naturellement, il est important de s’intéresser à ce volet parce que dans notre  pays, les particularismes sont multiples à travers le monde rural et citadin. En d’autres termes,  nous avons de véritables mosaïques constituées qui sont la trame des valeurs culturelles de notre société. Sur Rabat-Salé, il y a une puissance culturelle humaine à  travers les métiers, le chant, la musique, la danse, l’oralité, la peinture et notamment les métiers qui disparaissent dangereusement,  et qui  sont les qualificatifs les plus beaux, les  plus sensibles  de la mémoire collective… Cette thématique va probablement se poursuivre l’année prochaine puisqu’il nous reste des chantiers entiers comme l’orchestre national de la RTM, la troupe du théâtre national….

Le bénévolat est depuis toujours un pilier de votre ligne éditoriale. Les jeunes participent chaque année aux activités de l’association. Qu’en est-il?

Je pense que nous ne serions rien sans les bénévoles et leurs actions. C’est une richesse très forte. C’est vrai que nous avons plusieurs jeunes bénévoles et ceux-ci s’intéressent de plus en plus aux questions patrimoniales. Aujourd’hui, les bénévoles subliment à travers leurs moyens les thématiques. Nous nous devons de leur trouver les moyens logistiques, matériels et financiers pour qu’ils puissent s’exprimer à leur manière comme ils le ressentent sur les valeurs patrimoniales.

Vous avez évoqué lors d’un point de presse, organisé lundi 15 avril à Rabat, la question du sponsoring qui a diminué, selon vos dires. Où en sommes-nous du travail de mécénat dans le domaine du patrimoine?

Pour ce qui est de la problématique du mécénat,  il faut la revoir parce qu’il  y a des contraintes et des enjeux, notamment financiers auxquels fait face ce secteur. Nous avons une chance, c’est  que nous avons des bénévoles hors-pair. Sans le sacrifice et la créativité  des bénévoles, l’association ne verrait pas le jour. Ces bénévoles sont essentiellement issus des instituts de formation liés  au patrimoine comme l’architecture, le patrimoine, le théâtre, les sciences d’information, la sociologie, l’histoire. Il y a une diversité parmi  ces bénévoles!

Ainsi, le véritable challenge pour nous, c’est d’amener aussi les pharmaciens, les médecins, les ouvriers, les salariés à s’intéresser aux questions du patrimoine. C’est un  domaine d’intérêt général qui doit être partagé afin d’être mieux connu et  partagé. Pour ce qui est  du  mécénat, nous nous efforcerons de plus en plus dans l’avenir à présenter la véritable dimension de ce patrimoine, notamment la dimension humaine et territoriale.

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