Les Centrales syndicales rejettent l’impôt de solidarité

L’Union marocaine du travail (UMT) rejette le projet de loi des finances, un document qui ne répond guère aux attentes de la classe  ouvrière et l’ensemble des catégories de la population marocaine,  apprend-t-on dans un communiqué rendu public par le bureau national de cette instance.

Pour le syndicat de Miloudi Moukharik,  ce projet qui est régi par des paramètres purement comptables contient des mesures qui sapent le pouvoir d’achat des Marocains et met en péril la cohésion sociale en voulant imposer la soi-disant taxe de solidarité.

Pis encore, le PLF 2021  ne répond point aux problématiques structurelles relavant du chômage,  le secteur informel, l’expansion de l’économie rentière ou encore la faiblesse des budgets aux secteurs sociaux, note le syndicat.

Autrement dit, ce projet de loi demeure prisonnier des obsessions macro-économique,  précise la même source, tout en appelant à supprimer la proposition portant sur la taxe de solidarité et instaurer un impôt sur la fortune et les activités rentières.

Même son de cloche chez la Confédération démocratique du travail (CDT) qui, pour sa part, a contesté la méthodologie adoptée par le gouvernement pour l’élaboration du PLF,  en la qualifiant d’exclusionniste.  D’ailleurs, la même source considère que le PLF 2021 n’a pas fourni des réponses concrètes à la crise sociale que connait notre pays. Cela étant, ses orientations   ne sont pas en mesure de réaliser une reprise économique sans la promotion de la demande interne et ce à travers l’amélioration du pouvoir d’achat  des catégories vulnérables au lieu de leur endosser la facture de la crise.

Pour la CDT, l’objectivité nécessite de donner sens à la justice sociale, consacrant davantage  la redistribution de la richesse, tout en œuvrant à  donner la priorité aux secteurs vitaux, à savoir : la Santé, l’Enseignement et la Protection sociale universelle.

Cela étant, la retenue sur les salaires des travailleurs sous prétexte de la taxe de solidarité relève d’une aberration et que la solidarité exige la contribution de tous ceux qui ont profité des richesses et toutes les formes de rente depuis des années, souligne le syndicat.

Idem pour l’Union nationale du travail au Maroc (UNMT) qui a exprimé son rejet catégorique du PLF 2021, visant, selon ses propos,  à éroder davantage les salaires.  Et les alternatives ne manquent pas pour instaurer une justice sociale via l’implémentation d’un système fiscal équitable, note l’UNMT.

Ainsi, le syndicat proche du PJD a invité le gouvernement à faire preuve d’écoute et à adopter une démarche participative en  prenant  en considération les propositions des partenaires sociaux. Pour ce faire, l’UNMT a  plaidé pour l’élargissement progressif de l’assiette fiscale incluant les grandes et moyennes entreprises exonérées des imports.

A cela s’ajoute la lutte contre l’évasion fiscale et  l’imposition des fortunes non productives. Une telle action, permettra certainement d’injecter des ressources financières  supplémentaires dans le  cycle économique, créer des postes d’emplois, entre autres.  En termes plus clairs, l’institutionnalisation de la solidarité entre l’ensemble des catégories sociales passe par la mise en place d’un système fiscal auquel tous les Marocains contribuent.

Khalid Darfaf

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