N’Goné Fall: Le marché de l’art africain connait une anarchie

La biennale internationale de Rabat, c’est montrer certes des œuvres artistes marocains et étrangers, mais aussi des rencontres, des tables rondes, des projections et des débats autour des questions qui touchent notamment l’art  dans les différents continents dont le contient africain.

Ce dernier connait une véritable effervescence au niveau du marché de l’art et beaucoup de collectionneurs s’y intéressent. Mais, en outre, ce domaine vit une anarchie vu que la filière n’est pas encore structurée en Afrique. «C’est dommage parce que ça crée de la spéculation.

Quand vous avez un secteur d’activités et quand vous avez toute la filière qui n’est pas structurée, donc ça laisse la place à la spéculation, à l’amateurisme et donc forcement au chaos. La nature horreur du vide», nous a confié N’Goné Fall, curatrice et consultante en stratégie culturelle et commissaire de la biennale de Dakar en 2002 ayant pris part à la table-Ronde «Agir sur la définition de l’Art» dans le cadre de biennale de Rabat  lors d’une rencontre avec Al Bayane.

«Je pense qu’il y a beaucoup de spéculation sur la valeur de certains artistes et que comme dans toutes les spéculations, un jour la bulle va s’exposer et que des gens qui  ont acheté en pensant faire un investissement peut vont se retrouver avec des choses qui  ne voudront rien.

Je suis assez étonnée de voir certains artistes très jeunes, au début de leur carrière, qui vendent des œuvres à des prix que moi je n’arrive pas à comprendre parce que ce marché n’est pas structuré.», a-t-il ajouté. «On a d’un côté des artistes qui produisent, quelques historiens de l’art, il y a des pays où il n’y a même pas des écoles d’art, il y a des pays où  il n’y a même pas des musées, donc qui est ce qui détermine la valeur d’une œuvre?

En fait, n’est pas seulement sa valeur marchande, c’est aussi sa place dans l’histoire, ce que l’artiste fait par rapport à ce qui a été fait  avant et ce qui se fait. Il y a plusieurs critères pour juger une œuvre au niveau intellectuel, conceptuel, artistique, esthétique avant même de mettre un prix», ajoute N’Goné Fall. «Un instant avec le monde» est le thème de la Biennale. Pour son commissaire général, Abdelkader Damani, cet événement se veut une réécriture de l’histoire de l’art.

Dans son intervention N’Goné Fall a mis l’action sur l’instrumentalisation des artistes. «Il faut éviter l’instrumentalisation des artistes. Et notre travail entant qu’historiens et historiennes de l’art, c’est écrire réécrire l’histoire de l’art et donner au public les clefs de la compréhension. Il est impossible d’instrumentalisé un artiste et de le forcer à faire une telle ou telle œuvre. A ce moment là il n’est plus un artiste, mais un artisan»,  a-t-elle précisé.

Pour elle, on ne peut pas dire à  un artiste de travailler sur un tel sujet ou utiliser  un tel support ou médium. «Les artistes sont des êtres humains avec leurs sensibilités  et visions.

En outre, la manducation existe dans le marché, c’est spéculation. Et c’est autre chose. Une biennale a pour but rendre accessible les œuvres au public qui ne connait pas, et de faire connaitre les autres artistes du monde» a-t-elle ajouté.

Mohamed Nait Youssef

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