Plan de sauvegarde pour Sotravo

La Société marocaine de travaux et entreprises générales (Sotravo), dirigée par l’ex-président de la CGEM Abderrahim Alami Lahjouji, a décroché son plan de sauvegarde auprès du tribunal de commerce de Casablanca début octobre 2018. Elle est de fait, la deuxième entreprise à bénéficier d’une telle procédure après Stroc Industrie. Cette procédure a engendré de multiples événements qui ne jouent pas en faveur de Sotravo.

En effet, ayant eu vent de cette procédure, les trois créanciers disposant de nantissements sur le fonds de commerce, (Attijariwafa Bank, la Banque Centrale Populaire et la Caisse Centrale de Garantie), ont décidé de mobiliser leurs garanties.  Ces trois créanciers totalisent 90 millions de dirhams dont la moitié revient à Attijariwafa Bank.

Ces trois opérateurs ne sont pas les seuls intéressés par les biens de Sotravo. Le laboratoire public LPEE a de son côté initié 13 saisies conservatoires dès le 17 décembre. Il faut noter que cette action du laboratoire public a été déclenchée juste après que le management de Sotravo ait déposé une requête au tribunal pour l’obtention du plan de sauvegarde.  D’ailleurs, le premier à avoir lancé les hostilités est le spécialiste des ascenseurs, Otis Maroc. Il a été suivi, entre autres, par Ciments du Maroc et le Comptoir métallurgique marocain (groupe Holmarcom).

Comment la société de BTP en est arrivée là ? L’histoire de sa descente aux enfers a débuté en 2006. L’entreprise justifie ses déboires par des problèmes sur le projet immobilier Ibn Battouta à Tanger. Engagé avec Al Omrane sur ce projet, l’aménageur public «n’a pas rempli ses engagements d’assainissement et de voiries», selon le management de Sotravo.  Cette dernière avance s’être rendue compte de cette défaillance qu’après avoir réalisé 40% du projet. Pourtant, l’aménagement d’un lotissement est constatable à l’œil nu ! Un deuxième marché aurait définitivement précipité la chute de Sotravo. Il s’agit d’un autre contrat conclu avec l’ONCF en 2013 qui a fini par tomber à l’eau. Ajouter à la responsabilité des deux établissements étatiques, «le comportement opportuniste de certains concurrents étrangers» et «les retards de paiement dans les marchés publics», et la boucle a été bouclée.

A noter que lors de l’affaire Alliances, Abderrahim Alami Lahjoujia été conciliateur face à ses banques créancières. Cette expérience lui permettra-t-elle pour autant de sauver sa propre entreprise ? Wait and see.

Soumayya Douieb

Related posts

One Comment;

*

*

Top