Une ode à la musique de chambre, à l’art lyrique et à la vie…

La musique flâne dans les ruelles, portée les vents frais et les vagues agitées de la cité des Alizés, Essaouira. Cette ville qui garde toujours son charme, son côté fascinant, mystérieux et discret accueille chaque jour ses visiteurs dans la joie et l’hospitalité. Bref, une espèce du chez soi.

Mogador, musée à ciel ouvert, a abrité, à bras ouvert, et durant quatre jours, les musiques classiques, la musique de chambre et l’art lyrique du monde. Il s’agissait du printemps musical des Alizés qui s’est déroulé du 25 au 28 avril. Une aubine!   En effet, cette édition a eu un goût différent par rapport aux précédentes. C’était à vrai dire une édition intimiste,  conviviale,  poétique et douce dédiée à la musique de chambre et l’art lyrique et qui a privilégié d’avantage la proximité.

 Une écoute intimiste, acoustique…

À la mythique salle de Dar Souiri, le bal du festival a était ouvert, jeudi 25 avril, avec un bel concert célébrant le génie musical de Beethoven. David Elias Moncado au violon, Bruno Philippe au violoncelle, Raphael Sévèvre à la clarinette et Guillaume Vincent au piano ont offert aux mélomanes et aux férus de la musique classique  un voyage musical savoureux en revisitant les belles  sonorités de Beethoven l’impétueux en démarrant par une sonate pour violon et piano n°5 en fa majeur, opus 24 dite «le printemps», en arrivant à la clarinette et violoncelle, trio pour piano n°4 en si bémol majeur, opus 11.

«Pour sa 19ème édition, du 25 au 28 avril à Essaouira, le festival des Alizés a fait le choix de privilégier cette année la proximité, l’émotion et le partage que seule procure une écoute purement acoustique», souligne André Azoulay, président fondateur de l’association Essaouira Mogador.

Qui dit Essaouira, dit les lumières, les couleurs, les vents, mais aussi et surtout les rythmes et les musiques. Et les matinées du festival ne passeront pas inaperçues sont  les concerts musicaux livrés par les talents en herbe à Dar Souiri. La relève de demain est certainement assurée par les  jeunes du programme socioculturel Mazaya qui viendront d’ailleurs chaque année  partager avec le public, les majestueuses œuvres musicales des ténors entre autres Schumann, Mozart , Beethoven, Brahms… Que de nouvelles découvertes artistiques et musicales universelles jouées par des mains et des verves marocaines dont l’avenir  est prometteur.

Après Beethoven, c’était le tour de Brahms auquel un hommage lui a été rendu musicalement lors d’un beau concert donné  par la magnifique  et talentueuse soprano Marie-Laure Garnier  accompagnée au piano par Tristan Raes. C’était le temps d’un récital lyrique mettant à l’honneur Brahms et Poulenc. En outre, l’émotion et surtout l’écoute acoustique étaient les maîtres mots  de cette 19ème édition où les oreilles ont été charmées par les mélodies de Vivaldi, Mendelssohn, Schubert.

Un concert inédit à l’Eglise d’Essaouira…

Une leçon de tolérance. Le printemps musical des Alizés ne cesse au fil des années de transmettre  ses lettres de noblesse par le bais de la musique, du chant, de la poésie, de la peinture et de l’art, et ce en invertissant les lieux emblématiques de la ville. A quelques pas du fameux Bab Sbaa, se trouvait l’église d’Essaouira, un petit bijou témoignant l’esprit de tolérance, de partage et de vivre ensemble que vit cette terre depuis des décennies.   Et pour célébrer cet esprit artistique et humain pluriel, le Quatuor Hanson a fait vibrer les murs de l’église en revisitant Schubert, le poète. Au violon, Anton Hanson et Jules Dussap, au violoncelle Simon Dechambre et Bruno Philippe et à l’Alto Gabrielle Lafait ont poétisé le message universel de la musique et le patent de l’instrument. C’était un vendredi 26 avril.  Le lendemain à 21h, Les mêmes  mélodies et sonorités ont jouées par le même groupe à Bayt Dakira, un espace de mémoire au cœur de la ville, pour le plaisir des mélomanes.

Les musiciens de Dibaji invités au printemps musical des Alizés…

Le festival c’est aussi une ode à la couleur, aux vibrations, aux lumières d’ici et d’ailleurs. En marge du festival, les œuvres de l’artiste peintre Abdellah Dibaji ont été accrochées sur les cimaises de la galerie de Dar Souiri. Le vernissage a eu lieu jeudi 25 avril en présence des mordus de la peinture, les amoureux de la musique ainsi que les différentes personnalités. Un beau choix qui été sa place où  la peinture dialogue avec la musique. En d’autres mots, l’œil et l’oreille jouissent sans entrave de cette harmonie et mélodie entre des peintures célébrant les musiciens et les instruments. En effet les mouvements, les couleurs, les traits…nous montrent à quel point la peinture à cette capacité de nous faire entendre se qui demeure caché dans l’âme rythmée d’un saxophoniste, d’une  violoniste, guitariste, contrebassiste ou encore se qui se  passe dans la tête d’un chef d’orchestre. La peinture est miroir de l’âme, la musique aussi.

Une douce folie musicale pour clôturer le festival…

Pour clôturer en beauté les festivités du printemps musical des Alizés, ce sont les musiciens Xavier Sarazin à la batterie, M’hamed El Menjra à la contrebasse, Guillaume Desbois au piano et Hamza Bennani Smires à la trompette qui ont servi une brochette musicale délicieuse mêlée entre la musique classique, le jazz  et les musiques du monde… c’était un pur plaisir musical, une nouvelle découverte d’Eric Satie magnifiquement revisité.

Mohamed Nait Youssef

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