Vives tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan

Haut-Karabakh

Nabil El Bousaadi

Rien ne va plus et les combats font rage, depuis dimanche, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sans que l’exacte raison de leur déclenchement ne soit connue puisque, pour l’heure, chacun des deux camps, affirme avoir répondu aux provocations de l’autre. Ainsi, si les autorités azerbaïdjanaises prétendent avoir lancé leur «contre-offensive» en réponse à une «agression» arménienne, Erevan impute le déclenchement des hostilités à la partie adverse.

Quoiqu’il en soit, les heurts qui ont éclaté ce dimanche entre ces deux anciennes républiques soviétiques dans la région «sécessionniste» du Haut-Karabakh, un territoire enclavé d’Azerbaïdjan peuplé majoritairement d’arméniens, et qui se sont poursuivis ce lundi se seraient soldées par la mort d’au moins 39 personnes selon un communiqué émanant des forces séparatistes. Or, si à l’heure qu’il est, l’Azerbaidjan n’a toujours pas annoncé ses pertes militaires, de nombreux observateurs sont d’avis que le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, de part et d’autre, puisque les deux camps prétendent avoir infligé des centaines de pertes à l’adversaire.

Pour rappel, les tensions très vives qui perdurent entre les deux parties depuis trois décennies ont fait, à ce jour, plus de 30.000 morts car, dès le démantèlement de l’ex-Union Soviétique, le Haut-Karabakh, soutenu par l’Arménie, avait fait sécession de l’Azerbaïdjan et proclamé son indépendance.

Cette nouvelle recrudescence de la violence a poussé la province séparatiste à décréter la loi martiale à compter de ce dimanche et à appeler sa population masculine à une mobilisation totale.

L’Azerbaïdjan lui a emboité le pas ce dimanche «à partir de minuit» et instauré un couvre-feu, de 21 h à 6 h, à Bakou et dans plusieurs autres grandes villes ainsi que dans les zones proches de la ligne de front du Haut-Karabakh.

Les combats actuellement en cours entre les deux parties sont les plus meurtriers depuis 2016 et l’inquiétude internationale qu’ils ont provoqué est tellement grande que l’ONU, la Russie, la France et les Etats-Unis ont appelé à un cessez-le-feu immédiat alors qu’après avoir signifié son appui total à l’Azerbaïdjan, la Turquie a été accusée, par l’Arménie, d’ingérence politique et militaire dans ce conflit.

Si donc pour le Kremlin, «il est important de mettre en œuvre tous les efforts nécessaires pour éviter une escalade de la confrontation», Paris qui reste «vivement préoccupée par les affrontements en cours dans le Haut-Karabakh», appelle à une reprise du dialogue «avec ses partenaires russe et américain et réitère son engagement en vue de parvenir à un règlement négocié et durable du conflit» dans cette région «dans le respect du droit international».

De son côté, Washington exhorte les belligérants «cesser les hostilités immédiatement, à utiliser les moyens de communication directs pour empêcher toute autre escalade et à éviter toute action ou parole inutile qui alimenterait les tensions sur le terrain».

Enfin, en intervenant au nom de la présidence du Conseil Européen, Charles Michel a appelé à la cessation des hostilités et au «retour immédiat aux négociations» alors que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a invité les deux parties à «cesser immédiatement les combats, engager une désescalade des tensions et revenir, sans délai, à des négociations».

Ces nombreux appels au calme vont-ils être entendus par les deux protagonistes? Rien ne l’indique, pour l’heure, mais il n’est pas interdit d’espérer ; alors attendons pour voir…

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