L’Afghanistan au bord d’une «catastrophe humanitaire»?

Attendons pour voir…

Du dernier rapport de l’Organisation des Nations-Unies sur l’Afghanistan, il ressort qu’une année après la prise du pouvoir par les Talibans, 24,4 millions de personnes, soit près de 60% de la population, sont dépendantes de l’aide internationale.

Confirmant ces révélations et craignant «une catastrophe humanitaire», l’Organisation Internationale pour les migrations (OIM) affirme, de son côté, que «le pays est confronté au risque d’un effondrement systémique» à cause, notamment, de la malnutrition générée par la pénurie des moyens de subsistance et la hausse des prix des denrées alimentaires.

Aussi, en pointant du doigt les déplacements de populations provoqués par le conflit et les besoins de protection complexes – en matière d’hébergement, d’orientation et de regroupement familial – l’agence onusienne basée à Genève rappelle que les habitants des 34 provinces du pays ont besoin  d’une aide d’urgence en ce moment où les chocs économiques et gouvernementaux ont entraîné une baisse significative des revenus, une diminution des envois de fonds et une flambée des prix de la nourriture et des autres produits de base.

Mais à l’heure où l’aide internationale se fait de plus en plus pressante, la communauté internationale a subordonnée son octroi à la question du respect des droits humains ; ce à quoi les autorités talibanes ont fait la sourde-oreille puisqu’en mars dernier, elles avaient décidé d’interdire aux filles afghanes l’accès à l’école secondaire.

Les nouveaux dirigeants du pays ayant cherché à « imposer de plus en plus de restrictions plutôt que d’accéder aux demandes de la communauté internationale pour améliorer les conditions de vie de la population», la Banque mondiale a été mise au-devant de la nécessité de suspendre une aide d’environ 600 millions de dollars alors, qu’en revanche, Human Rights Watch a invité «les grandes organisations internationales» à «continuer à se battre pour trouver une solution pour aider davantage la population sur place».

Mais en dépit de l’augmentation de leur budget opérationnel et du renforcement de leurs effectifs sur le terrain, «Action contre la faim» et «Médecins Sans Frontières» s’inquiètent fortement pour les mois à venir car l’hiver approche à grands pas et la situation sera dramatique pour ces nombreux villages qui vont devenir inaccessibles et dont les habitants n’ont pas pu faire de réserves.

«La seule façon de sortir de la crise humanitaire (étant) de permettre à l’économie de redémarrer» donc de «rouvrir la porte aux investissements étrangers» du moment que «les sanctions internationales sont en train de tuer la population», les ONG précitées invitent les chancelleries occidentales à prendre « conscience» de la gravité de la situation pour sortir de l’impasse car la non-reconnaissance du régime par la communauté internationale ne l’incite, en aucun cas, à donner des signes d’ouverture mais l’encourage, plutôt, à s’accrocher à une idéologie dont l’extrémisme ferme la voie à toute perspective d’avancée diplomatique de la part de la communauté internationale.

En ces temps incertains où le grondement des canons en Ukraine et les bruits de bottes dans l’indo-pacifique retiennent l’attention du monde entier, le triste destin de la population afghane semble avoir été relégué au second plan mais attendons pour voir….

Nabil El Bousaadi

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