Allons nous vers l’explosion?

L’illustration du nombrelisme européen

Un tsunami sans précédent

Le coronavirus nous a plaqué contre le mur. Il nous a mis face à une réalité sans ombrage. Cetes, cette vague qui a déferlé dans le monde entier a laissé des mauvaises empruntes et ça continue jusqu’à date à ravager notre globe. Mais en contre partie, elle a levé les voiles sur de nombreuses réalités.

La fibrilité des choix : situation délirante en Europe

Aujourdhui, il semble que la plus part des pays asiatiques, dont la Chine et la Corée du sud ont pu surmonter cette crise et ils se sont sortis humblement. D’autant plus que les stratégies engagées par ces différents pays semblent être très différenciées. Si on jette un coup d’œil  sur seulement les deux expériences en la matière de ces deux pays, la Chine et la Corées du sud, on constate qu’ils n’ont pas procédé de la même façon. Mais les deux stratégies ont été emportées par le pragmatisme, l’efficacité et la détermination. L’intelligence des pouvoirs publics y était pour beaucoup pour aplanir les difficultés et pallier aux insuffisances. Nous ne sommes pas là pour incriminer qui que ce soit, mais il s’avère que cette crise a été très mal gérée par nos voisins européens.

De part la volatilité, la fragilité et la maladresse des mesures engagées, et de leur déroulement chronologique, la gestion de cette crise a révélé un élément très délirant. En effet, elle a élucidé essentiellement l’ancrage occulté depuis longtemps du nationalisme dans les esprits des responsables européens. Mieux encore, elle a démontré l’insouciance, la négligence et le retrait face à l’autre, lorsque ce dernier fonce dans le désarroi. L’exemple de l’Italie au début de cette crise est le plus probant.

La coordination entre pays européens était le dernier de leur souci pour faire face à ce fléau. L’Italie a été le premier pays touché sévèrement dans le continent européen. Les débats, les analyses et les déclarations, même des responsables de certains pays européens étaient audieux et des fois même insolant. A titre d’exemple on racontait; que la faute majeure des italiens c’est qu’ils ont fermés les frontières, ce qui permet et favorisent les infiltrations de part et d’autre et donc l’impossibilité de contrôles systématiques, que l’Italie dispose d’un système sanitaire déplorable et archaïque. etc.

Le revirement sans cesse des responsables européens, sans doute mis à rudes épreuves, a été la tasse de thé engorgé à chaque moment par les  citoyens européens. Au point où ces revirements ont mené tout le monde à relever énormément de contradictions et même des dépassements. Les exemples foisonnent. Le plus patent et sans doute celui qui a choqué tout le monde, c’est la quasi-carence des masques de protection, au point où qu’ils ont fait défaut au personnel et agents de première ligne; les infirmiers et les médecins.

Ormis peut être l’Allemagne, cette crise a révélé aussi les mauvais choix stratégiques dans les différents pays européens et particulièrement dans le domaine social. Ceci a été constaté à plusieurs paliers.

Primo, l’infrastructure sanitaire a fait défaut pour faire face au rush, sans cesse grandissant, des patients et particulièrement les salles de réanimation et les lits à respiration artificielle. La tendance exponentielle des patients surtout dans la troisième étape (période des clusters) a été dramatisante, au point où la plus part des hôpitaux étaient largement submergés et du coût débordés. Ce qui a d’ailleurs incité les responsables sanitaires à prendre des décisions, malheureusement inhumaines sur la priorisation de l’hospitalisation des patients et ainsi, le délaissement d’un nombre assez important de patients selon des critères qui resteront ancrés dans la mémoire collective car il est indigne de condamner des vies sous n’importe quel prétexte. Le problème, c’est que la tendance à la hausse de la courbe d’une façon exponentielle a demeuré longtemps, malgré tous les dispositifs pris pour son lissage. Et là aussi, on a constaté aucune coordination entre les pays européens. Au contraire, c’est le chacun pour soit qui l’a emporté haut les mains.

Secundo, le problème de la gestion des stocks des masques de protection. L’insuffisance de ces masques a généré beaucoup de polémiques et a même susciter beaucoup de mensonges. Chaque jour le citoyen européen assistait à une pièce théâtrale comique et au même temps tragédique qui consistait à conjurer les gens à patienter sous subterfuge que les commandes sont engagées et bientôt on recevra des millions de masques de protection. Et on a constaté qu’aucun pays n’a fait un geste de soutien ou d’entraide pour ses voisins proches dans cette affaire.

Tertio, aucun des pays européens voire même les Etats Unis, la grande puissance du monde, n’a pu prévenir ce qui les attendait. On a assisté ainsi à une sous estimation criante de cette vague qui va déferler dans le monde entier. L’anticipation du phénomène a été dérisoire et négligente. L’abstinence de cette anticipation a aggravé la situation à plusieurs égards. 1. La négligence de la spécificité de la société occidentale, dans le sens où c’est une population vieillissante et quasi obèse a alourdi le bilan des souffrants de ce fléau. 2. la création d’un environnement tendu, acerbe et fourchu entre les sociétés et les classes politiques. 3. Des prises de décision volatiles et souvent contradictoires.  4. L’insuffisance d’outillage nécessaire pour faire face à cette  avalanche (masque de protection, lits à respiration artificielle, staff sanitaire). etc.

Le cas de la France

Jusqu’à un passé récent, l’histoire demeure émaillée plutôt par des réalités de cloisonnement et de fermeture plutôt que d’ouverture et de solidarité. Le coronavirus est là pour nous rappeler sans aucune ambigüité cette lapalissade. En dépit des déclarations et des affirmations officielles, sans cesse tenues par les responsables politiques européens  sur la consolidité et la robustesse de l’Europe, la gestion de la crise du coronavirus a démenti viscéralement ces assertions et a plutôt corroboré le contraire ; l’égocentrisme et l’égoïsme des états membres de l’Europe. Le spectre du nationalisme a prévalue le long de cette période.

Essayons maintenant de revivre en différent quelques séquences déroulées en France à titre d’illustration. La France n’a vu venir la vague qu’après douze jours de l’Italie. Nous n’avons nullement l’intention d’enfoncer le clou plus qu’il le faut, mais les débats et les prises de décisions qui ont prévalues n’honore du tout l’adhésion à l’entité européenne. Pire encore, ils n’honorent même pas la responsabilité et la sérénité des responsables politiques vis à vis des leurs citoyens. La légèreté et l’incohésion étaient les maitres mots de la situation. Quelques séquences pour illustration. Le confinement et la fermeture des frontières, après avoir défendu le contraire, ont été installés tardivement. Les élections du premier tour des élections municipales ont été réalisées après avoir instauré le confinement. L’exhorte sans cesse des entreprises à continuer à travailler malgré l’ascendant des pertes de vie. En fait, il est difficile de réparer notre toit quand on est en plein tempête et elle continue à nous raffeler dessus et nous abattre.

Il n’est pas sans intérêt de rappeler à cet égard, la position incompréhensible à plusieurs égards,  de certains pays tels que les Pays Bas et la Grande Bretagne. Ce choix, appelé la «stratégie de l’humanité collective», consistait à -laisser faire et laisser passer- en attendant que la pandémie passe.

La Chine a été le berceau de l’épidémie. La Chine a montré un maturisme de gestion d’excellence pour transcender cette crise. La Chine a envoyé ses experts en la matière (épidémologues, vaccinologues, réanimateurs, bactériologues) à l’Italie. La Russie et Cuba ont fait de même. L’Europe balbutie, tremble et  a démontré un égoïsme nationaliste sans précédent. Ce qui a emmené les responsables italiens à hisser haut le drapeau de la Chine en Italie. L’Europe s’abime, la Chine s’impose. Patrick Martin Grenier titrait déjà son dernier livre: «l’Europe a-t-elle un avenir?

Vers quelle perspective

En fait, ce coronavirus est une arme à double tranchant. Il est au même temps dictateur que révolutionnaire. Dictateur parce qu’il nous a imposé énormément de directives à prendre (confinement, distance d’au moins d’un mètre entre nous tous, port de masque de protection, etc.). Révolutionnaire parce qu’il a déclenché un processus  de débat progressiste qui a sévit toutes les sociétés et qui va sans doute changer nos mentalités et nos habitudes. Notre système cognitif et conatif sera sûrement secoué et ne sera certainement pas le même. Edgar Morin disait:» le confinement peut nous aider à commencer une détoxication de notre mode de vie». Dans le même contexte, d’autres parlent de l’économie positive, de la nationalisation des secteurs stratégiques, du regain de la proximité des chaines de production, de l’intérêt porté à l’écologie, de l’altruisme intéressé, etc.

Face à ce positivisme espéré, malheureusement, nous relevons quelques faits décourageants. Focalisons notre attention seulement sur deux constatations. La première c’est que la pandémie que traverse le monde n’est pas isolée dans l’histoire humaine. Au contraire nous sommes passés par plusieurs épisodes de ce type. Et pourtant, il semble que la mémoire des êtres humains est très courte et oublie vite. La deuxième constatation, c’est que les déclarations affreuses et diaboliques du président des Etats Unies après que le virus commence à ravager la population américaine. Sa préférence et son choix porté sur l’intérêt économique au dépend des vies humaines est lamentable et ignoble.

Je vous rejoins pour conclure que c’est un écheveau très difficile à démêler, mais nous demeurons toujours et à jamais des rêveurs d’un avenir meilleur, un avenir où la valeur de l’être humain sera la clé de voûte de la prospérité et de développement. Nous prenons rendez-vous dans quelques mois pour voir ce qu’il en est.

Ghermaoui Mohamed

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