Mauvaises langues

Par Sami Zine

Roselyne Bachelot, plusieurs fois ministre dans les gouvernements de droite en France est revenue aux affaires  dans l’équipe de Jean Castex à la tête du ministère de la culture.Les mauvaises langues ont ressorti à la pharmacienne de 73 ans, reconvertie dans le journalisme, ses multiples déclarations tonitruantes de divorce définitif avec la charge gouvernementale, pour souligner le caractère versatile des hommes politiques.

Or, cette passionnée des arts, qui a longtemps animé une chronique sur la musique ajoutait en codicille qu’elle ne fermait pas la porte à une seule responsabilité, celle de la culture.

L’intérêt de cette nouvelle pour ce côté-ci de la méditerranée ne réside pas dans la nomination de celle qui va occuper le fauteuil qui fût jadis celui d’André Malraux, mais plutôt dans son profil qui a convaincu le premier ministre et le président de la république française, et qui nous offre le prétexte de provoquer, non sans malice, la comparaison avec le titulaire de cette charge dans notre dernier remaniement ministériel automnal. Profil contre profil.

Dans le cas d’espèce, dire que l’écart entre les deux ministres est sidéral relève de la lapalissade.  La preuve : pendant plusieurs semaines,une question à 1 dirham a fait le tour des salons cossus de Rabat et de Casablanca et des cercles privés des intellectuels et des hommes d’influence : c’est quoi le comble pour un ministre de la culture ? La réponse n’était pas évidente, mais avait circulé de bouche à oreille plus vite que le virus de la grippe dès l’ouverture du salon international de l’édition et du livre de Casablanca.

La réponse juste et désormais validée était la suivante : le comble pour un ministre de la culture est d’inviter au salon du livre un écrivain décédé ! L’auteur célèbre en question n’est autre que feue Fatéma Mernissi, quant au ministre inculte, auteur de la demande, on s’attend à ce que sa performance lui assure une place de choix dans le livre des bêtisiers que les historiens finiront par écrire un jour.

Plus sérieusement, ce genre d’erreur de casting est révélateur de deux problèmes gigognes. Le premier est celui de la méconnaissance, ou au mieux, la compréhension floue des rôles et des enjeux de la culture chez les politiques qui les expose à des choix malheureux. Le second est plus grave et explique le premier en partie. Il concerne la déconnexion du personnel politique du monde des belles lettres et des arts. Rarement lecteur ou spectateur, sans addiction à l’émerveillement, on peut se demander comment ce personnel indifférent à la culture peut faire de la politique et inventer le rêve et le futur. Après tout, la plus jolie fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.La plus moche également!

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