2018… blocage pour l’amazigh

En 2018, la langue amazighe n’a pas fait de progrès. Bien que reconnue dans la Constitution de 2011, cette composante linguistique et culturelle du Maroc a encore vécu une année blanche. Depuis plus de 5 ans, les lois organiques relatives à l’amazigh n’ont pas été promulguées, bloquant ainsi la mise en œuvre de l’esprit de la constitution concernant cette langue.

Jusqu’à présent, le projet de loi organique relatif à la création du Conseil national des langues et de la culture marocaine (CNLCM) est bloqué au niveau du Parlement.  «On peut dire d’abord que l’officialisation de l’amazigh a créé un grand espoir au niveau national et dans le milieu des associations et de la société civile amazighes. Un grand espoir, de grandes espérances, mais malheureusement depuis 2011, ce qui s’est passé, c’est qu’il y a une stagnation de l’amazigh dans les différents secteurs, celui de l’éducation nationale, des médias, de la culture…», commente Ahmed Boukous, recteur de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), dans une déclaration  à Al Bayane.

Le recteur de l’IRCAM appelle les députés à accélérer la cadence pour adopter les textes. Jugeant que le gouvernement est à l’origine du blocage actuel. «Je pense que c’est l’affaire du gouvernement puisque c’est le chef du  gouvernement, du temps d’Abdelilah Benkirane qui avait décidé de recueillir l’avis des secteurs concernés à travers le site du chef du gouvernement. Depuis lors, il n’y a rien eu. Le mandat de Benkirane est passé, mais rien n’a été fait. Pour ce qui est du bilan de Saâd Eddine El Otmani qui est à sa deuxième année à la tête du gouvernement, il y a très peu de signes encourageants pour débloquer la situation, nous confie le recteur.

Effectivement, il y a un blocage quelque part. «On dit qu’il y a des divergences sur un certain nombre de points, notamment sur la question de la graphie tifinagh. Certains partis refusent la graphie tifinagh et bloquent le processus de mise en œuvre du statut officiel de l’amazigh», ajoute-t-il. A l’approche de Yennayer, comme chaque année, des voix s’élèvent également pour revendiquer que ce jour soit reconnu comme une fête nationale. Pour le recteur de l’IRCAM, Id’ n Yennayer devrait être un jour de fête pour l’ensemble de la communauté nationale, et cela s’inscrirait de manière tout à fait naturelle et logique dans l’esprit de la  constitution, à partir du moment où la culture amazighe est reconnue dans la constitution de l’Etat… «Il faut accepter le fait que toutes les manifestations culturelles relatives à la promotion de l’amazigh soient les bienvenues dans le paysage culturel et médiatique national.», conclut-il.

Mohamed Nait Youssef

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