Appel Maghrébin: Sortir des logiques de guerre importée

Plus de 400 personnalités de la société civile du Maghreb affirment que le seul salut stratégique de la région se trouve «dans la construction maghrébine qui offrirait à nos peuples une possibilité d’insertion positive dans ce nouveau monde qui se structure dans la douleur et la négation des plus faibles». Et affirment «qu’au-delà de la complexité de la question saharienne et des ingérences extra-maghrébines intéressées, une solution maghrébine au conflit est possible».

Des interférences revendiquées de puissances qui souhaitent régenter le monde, comme une situation sanitaire, économique et sécuritaire catastrophique, que la pandémie a accentuée, encouragent des pouvoirs maghrébins fragilisés, à choisir une fuite en avant dangereuse, qui peut déboucher sur l’affrontement guerrier et la fragmentation de nos sociétés maghrébines dont les liens multiséculaires socio-anthropologiques et culturels, ont fait un des espaces où la cohésion est l’une des plus fortes dans le monde.

Il n’y a pas de fatalité à cette inquiétante éventualité induite par l’impéritie, l’inanité et les intérêts étroits de pouvoirs, de plus en plus contestés. Les solutions à tous les problèmes de nos sociétés maghrébines sont entre les mains de nos peuples qui marginalisés jusque-là, aspirent à construire des sociétés démocratiques et solidaires.

En dépit des expériences politiques depuis les indépendances, qui n’ont réalisé ni unification de cet espace, ni démocratisation de la vie publique, ni développement humain et durable, le rêve de la construction maghrébine demeure toutefois inébranlable. Bien mieux, il est devenu l’espoir permettant d’exister dans le monde actuel où il n’y a de place que pour les grands regroupements cimentés par des solidarités régionales agissantes.

Nous soussignés, partisans d’un Maghreb pluriel, héritiers des valeurs et des rêves des fondateurs de l’idée maghrébine – ceux-là même qui ont transcendé le découpage colonial de l’Afrique du Nord, et qui ont érigé tout haut l’articulation stratégique entre libération du joug colonial et unité des peuples de la région dans un Maghreb prospère et citoyen –, « proclamons à leur suite, solennellement, notre foi en l’unité du Maghreb » (Conférence de Tanger, 27-30 avril 1958).

En dépit de la pandémie du Covid-19 qui en plus des épreuves difficiles qu’elle fait subir aux maghrébins, a dévoilé au grand jour les dysfonctionnements des Etats et les vulnérabilités des structures sociales ; il n’y a de salut stratégique que dans la construction maghrébine qui offrirait à nos peuples une possibilité d’insertion positive dans ce nouveau monde qui se structure dans la douleur et la négation des plus faibles.

Les peuples de notre espace maghrébin, de la Mauritanie à la Libye, expriment – de façon continue et par le biais d’actions diverses, dans l’espace public – leurs aspirations à la dignité, au droit à la vie, à la démocratie, à l’équité, au développement durable, à l’égalité des chances, aux droits des femmes et des jeunes, au respect du lien de droit et à une solidarité sociale active.

Par leurs actions et revendications, ils donnent corps au Maghreb de demain : le Maghreb des citoyens. Nous nous sentons parmi eux et nous nous projetons avec eux dans cet avenir maghrébin prometteur. Ils ressuscitent, par leurs luttes et aspirations, la conscience maghrébine des fondateurs.

Nous nous engageons dans cette voie :

– pour que le processus de démocratisation et de modernisation des Etats et des sociétés ne soit pas confisqué et détourné vers des fins de reproduction du despotisme et de l’inféodation aux puissances étrangères.

– pour que le choix de l’expression pacifiste des volontés populaires ne soit pas détourné vers des dérapages qui « justifieraient » des interventions violentes des despotes et de leurs appareils sécuritaires ;

– pour faire éviter aux peuples maghrébins le néfaste choix entre despotisme et chaos ;

– pour que cette conscience maghrébine transcende toute tendance à l’isolationnisme, au patriotisme étriqué, au clanisme et autres clientélismes ;

– pour que la socialisation des jeunes générations ne se fasse pas dans le déni du Maghreb, le patriotisme étroit et la haine de l’autre… Mais, bien au contraire, le socle dans lequel cette socialisation se fera sera celui de la citoyenneté maghrébine ;

– pour que la complémentarité des ressources matérielles et humaines soit exploitée au profit d’un bien-être maghrébin, notamment par des mutualisations diverses et des partenariats innovants, contrairement à la dilapidation actuelle de ces capitaux humains et matériels ;

– pour que l’espace Maghreb soit une zone de paix, où la quiétude et la sécurité des citoyens, et des peuples, seront garanties, par l’adhésion déterminée et large à la construction citoyenne du Maghreb.

Nous affirmons qu’au-delà de la complexité de la question saharienne et des ingérences extra-maghrébines intéressées, une solution maghrébine au conflit est possible. Cette solution ne devrait aucunement se faire au détriment des solidarités maghrébines avec la lutte du peuple palestinien pour la reconnaissance de ses droits inaliénables. Elle doit au contraire en être le complément naturel. Nous sommes disposés à participer à son élaboration, dans l’intérêt stratégique des peuples du Maghreb, de la Méditerranée et de l’Afrique. Pour nous, le Sahara occidental doit être un pont vers le Maghreb et non un alibi pour la consolidation de pouvoirs œuvrant contre les intérêts profonds de leurs peuples et pour une domination extérieure conduisant vers la désunion, la guerre, voire la destruction.

Soyons unis contre toutes les tentatives de division et de ségrégation sous quelques bannières que ce soit. 

Vive le Maghreb

Vive les Peuples Maghrébins

Nous serons tous responsables devant l’Histoire

Signataires : 

Mohamed Bensaid Ait Idder, ancien parlementaire, ancien dirigeant de l’ALM (Maroc)

Mohammed Harbi, historien (Algérie)

Khaled Chouker, ancien ministre, directeur de l’Institut Arabe de la démocratie (Tunisie)

Abderrehmane Horma, Oula Babana, membre de l’UIJ (Mauritanie)

Souad Mouahdi, militante associative (Lybie)

Moulay Ismail Alaoui, universitaire. Ancien ministre, Fondation Ali-Yata (Maroc)

Aissa Kadri, universitaire. ancien directeur de l’IME Paris 8 (Algérie)

Didi Ould Salek, universitaire. Directeur d’un Centre de recherches (Mauritanie)

Hassen Si Nassar, militant associatif (Maroc)

Fayçal Chérif, universitaire, historien (Tunisie)

Mohamed Berrada, écrivain ancien président de l’Union des écrivains (Maroc) 

Kamal Jendoubi, ancien ministre, défenseur des droits humains (Tunisie)

Daho Djerbal, Historien, Directeur de la Revue Naqd (Algérie)

Abdelatif Laabi, Ecrivain, Directeur de la Revue Anfasse-Souffles (Maroc)  

Karim Mahmoudi, Avocat, Président de l’Association Maghreb-Plus (Algérie)

Abdallah Hammoudi, universitaire, Directeur de recherches émérite Princeton USA (Maroc)

Zoubir Arous, universitaire. Directeur de laboratoire de recherches (Algérie) 

Brahim Ouchaih, Ingénieur, militant politique pour les droits humains (Maroc) 

Amar Benadouda, Médecin (Algérie)

Bachir Benbarka , universitaire. Président de la Fondation Mehdi Benbarka  (Maroc)

Ibrahime Yassine, universitaire. Historien, militant politique  (Maroc)

Nabila Mounib, universitaire.Secrétaire générale du PSU, Fédération de Gauche  (Maroc)

Jaafar Lakhdari , Consultant, militant associatif  (Algérie)

Maa Elaynain Bougaren, Conseiller, militant associatif  (Maroc)

Mustapha Madi, universitaire sociologue (Algérie)

Khaled Soufiani, Avocat. Président de la Fondation Abdel Jabri  (Maroc)

Ratiba Hadj-Moussa, universitaire, anthropologue, Toronto (Algérie)

Abdessalam Laaziz, Economiste. Secrétaire général du parti Ittihadi/Fédé Gauche  (Maroc)

Ali Bensaad, universitaire professeur IFG, université de Paris 8  (Algérie)

Jaouad Laraki, Parlementaire, acteur associatif  (Maroc)

Nacer Djabi, universitaire, acteur associatif  (Algérie)

Saloua Charfi, universitaire. Professeure Ecole de Journalisme (Tunisie)

Nassira Bensadick, universitaire, professeure (Algérie)

Mohamed Moubaraki, Anthropologue, directeur du Centre Santé-Emigration  (Maroc)

Rachid Ouaissa, Directeur du Merian Center for advanced Studies in the Maghreb (Algérie)

Moulay Hafid Amazigh, Financier, président de l’assoxiation des amis de Horma-Bahi (Maroc)

Khaoula taleb-Ibrahimi, universitaire, professeure, linguiste (Algérie)

Ali Bouaouia, universitaire. Secrétaire général du PADS/Fédération de Gauche  (Maroc)

Malika Attou-Benarab, universitaire. Ancienne parlementaire européenne (Algérie)

Houria Ouazzani, Médecin, Présidente du Centre Mohamed Hassan Ouazzani  (Maroc)

Habib Kazdagli, universitaire. Historien (Tunisie)

Farid Yaker, militant associatif (Algérie)

Motefa Bouaziz, universitaire. Historien, acteur associatif  (Maroc)                                              

Mouhieddine Cherbib, militant associatif, défense des droits humains (Tunisie)

Ahmed Ouahmane, Président de l’Association contre la Normalisation avec Israël  (Maroc)

Amina Benmouhoub, universitaire (Algérie)

Ahmed Slimani universitaire Président du Centre Bensaid, CERM  (Maroc)

Mohamed Hennad, universitaire, Politologue (Algérie)

Ahmed Abadrine, Avocat, défense des Droits Humains  (Maroc)

Salim Chena, universitaire, politologue IEP Bordeaux (Algérie)

Abdellatif El Youssoufi, professeur, membre du PSU Vice-président du CERM (Maroc)

Latifa Jbabdi, ancienne parlementaire, actrice associative droits des femmes (Maroc)

Mohamed Sassi, universitaire acteur politique PSU/FDG  (Maroc)

Fatma Kebour, universitaire  (Algérie)

Kamal Lahbib, Madage Président du Forum Social Maghrébin (Maroc)

Mansour Keddidir , universitaire (Algérie)

Mohamed Habib-Taleb Essayiste, acteur politique  (Maroc)

Othmane Lahinai, Ecrivain, journaliste acteur associatif (Algérie)

Fouad Abdelmoumni, Economiste, acteur associatif/ Droits Humains  (Maroc)

Ancer Layachi universitaire, professeur, EAU (Algérie)

Mustapha Mousdad, professeur, acteur PSU/FDG  (Maroc)

Siham Charif, universitaire militante associative (Algérie)

Samia Abbad, Pharmacienne, actrice politique PSU/FDG (Maroc)

Naji Safir, universitaire, sociologue (Algérie)

Latifa Bouhnici, universitaire actrice associative /Droits des Femmes (Maroc)

Seddick Lahrach, Ingénieur, acteur associatif (Maroc)

Naceur Bourenane, universitaire, Consultant (Algérie)

Jalil Tolaïmate, universitaire, professeur, acteur politique (Maroc)

Hafidh Hamdi-Chérif, universitaire (Algérie)

Najib Akesbi, Economiste, acteur politique PSU (Maroc)

Abdelmajid Bourayou, universitaire (Algérie)

Abderrahim Tafnout, Journaliste (Maroc)

Abdelaziz Nouidi, Avocat/Droits Humains (Maroc)                                                                 

Bachir Dahak, universitaire. Juriste, acteur associatif (Algérie)

Mostafa Miftah, Economiste, Association de Lutte contre la Corruption (Maroc)

Mohamed Alami Ouli, Ingénieur, acteur associatif (Maroc)

Mohamed Mokhliss, Ingénieur, acteur associatif/Droits Humains (Maroc)

Rachid Tlemçani, universitaire, Politologue (Algérie)

Mohamed Ghoulam, Manager, acteur associatif et politique (Maroc)

Mohamed Boulami, Enseignant , acteur politique PSU (Maroc)

Sihem Benaderahmane, universitaire (Algérie)

Abdelmajid Bekghzaj Enseignant, acteur politique (Maroc)

Jamila Ayagou, universitaire, syndicaliste   (Maroc)

Jamal El Gourari, Manager, acteur associatif  (Maroc)

Leila Benabderahmane, retraitée de l’éducation nationale (Algérie)

Mohamed Hamza, universitaire, syndicaliste (Maroc)

Abderrahim Zakari, professeur, acteur politique PSU  (Maroc)

Rachid Khouder, Manager, acteur associatif  (Maroc)

Abdelouahab Bekali, universitaire. Juriste, acteur politique PSU  (Maroc)

Zakia Loukam, Avocate Vice-présidente de la Confédération des Finances (Algérie)

Najib Saber, universitaire, Géologue , acteur politique PSU  (Maroc)

Abdellatif Farhat, Commercial, acteur associatif  (Maroc)

Ahmed Habchi, Manager, membre du Centre Bensaid CERM  (Maroc)

Faiza Zainab Ihssane Iraki, Secrétaire générale de la Jeunesse Démocratique (Maroc)

Fatima Senhadji, Communicante, Vice-présidente de l’Association Maghreb-Plus Algérie

Othmane Baka, syndicaliste, Dirigeant de la CDT (Maroc)

Ahmed Daba, Journaliste, Directeur du Site : Daba-Presse  (Maroc)

Mourad Lasnie, Financier, directeur d’entreprise (Algérie)

Ahmed Bessadick, Ingéneiur associatif/Droits Humains  (Maroc)

Nora Djebaili, universitaire, actrice associative (Algérie)

Abdelbaqui Bellafquih universitaire (Maroc)

Hamida Masdour, Expert-comptable acteur associatif (Algérie)

Mohamed Daidia, Syndicaliste SG UMT Finances (Maroc)

Aked Boudani, universitaire, associatif (Algérie)

Ennassiri Essafi, Journaliste, associatif  (Maroc)

Nadia Abdelli, Journaliste, actrice associative (Algérie)

Abdelghani Moussaoui, Formateur (Maroc)

Ouarda Liabès, Avocate, actrice associative (Algérie)

Alami Lahrouni, Ingénieur, acteur politique PSU (Maroc)

Nouredine Samid, Financier Ancien PDG de Banque (Algérie)

Youssef Meliani, Administrateur, acteur associatif (Maroc)                                            

Madjid Sattour, Avocat d’affaires, associatif  (Algérie)

Jamal El Assri, Professeur, acteur politique (Maroc)

Mouhand Ait-Ali, Chef d’entreprise (Algérie) 

Mohamed Habib Samarkandi, Directeur de la Revue Horizons-Maghrébins (Maroc) 

Nouria Louam Cadre supérieur, actrice associative (Algérie)

Larbi Habchi, cadre syndical, Secrétaire-Adjoint du syndicat UMT Finance (Maroc).

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