Cinquième session du Comité central du PPS

Adoption à l’unanimité du rapport du Bureau politique et du plan actualisé «TAJADDOR et INCIHAR»

Le Comité central du Parti du progrès et du socialisme, réuni samedi 14 décembre au siège national du parti à Rabat, a adopté à l’unanimité, après discussions et débats, le rapport du Bureau politique, présenté par le Secrétaire général du parti, Mohamed Nabil Benabdallah et le plan actualisé de «TAJADDOR et INCIHAR» (enracinement et fusion) dans la société.

Au cours de cette session, tenue sous la présidence de Mustapha Addichane qui avait à ses cotés Khadija El Baz, Touria Skalli, Abdelahad Fassi El Fihri, Fatima Zahra Barassat, Rachid Roukbane et Driss Redouani, tous membres du Bureau politique, le Secrétaire général du parti a d’abord invité l’assistance à lire la Fatiha pour se recueillir sur l’âme des camarades récemment décédés dont feux Mustapha Azzaoui et Kacem El Ghazoui.

Cette session se tient, alors que le PPS se trouve dans une position de l’opposition, après son retrait volontaire du gouvernement, fidèle à son rôle d’acteur principal dans la vie politique nationale, aspirant à renforcer sa place dans le paysage partisan national, a rappelé le Secrétaire général du parti.

Le parti poursuit donc, à partir de son  nouveau positionnement dans l’opposition, son combat pour la défense des causes nationales et du peuple, abstraction faite des difficultés auxquelles le pays est confronté.

Le PPS œuvre ainsi pour la défense d’un projet sociétal, fondé sur la démocratie, l’Etat de Droit et des institutions, une société de la liberté, de la dignité, des droits de l’homme et de l’égalité, une société dotée d’une économie nationale forte avec une répartition équitable des richesses nationales aux niveaux social et spatial, une société du progrès, d’ouverture et de modernité, dans la perspective de l’édification d’une société socialiste, a fait savoir Benabdallah.

C’est pour cela que le parti a été créé, a-t-il rappelé, estimant qu’il va perdre toute raison d’être s’il dévie de cette ligne, qu’il soit au gouvernement ou non ou s’il perd ses traits distinctifs fondés sur la rigueur dans l’analyse, l’audace responsable dans l’expression, l’objectivité dans l’approche des questions et le traitement sérieux et pondéré des faits et des développements. C’est ce qui lui avait toujours permis d’être le premier à adopter des positions, dont la justesse et le bien fondé ne sont reconnus qu’ultérieurement, a-t-il dit.

Une situation internationale perturbée

Poursuivant son rapport, le SG a souligné que les développements en cours sur la scène internationale indiquent que le monde va connaitre davantage de perturbations et de désordres, du fait des politiques poursuivies par le système capitaliste dominant, d’une part, et des tensions internes, provoquées par les politiques impérialistes aux répercussions négatives sur les peuples et en particulier sur les couches laborieuses, d’autre part.

Dans ce cadre, les Etats Unis d’Amérique jouent un rôle capital sous le signe de l’ouverture économique, alors que ce slogan est en fait ignoré quand il s’agit de leurs intérêts comme le montre leur guerre commerciale avec la Chine.

Il est vrai qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau, mais il est vrai aussi qu’il est en train de prendre aujourd’hui une ampleur sans précédent, a-t-il expliqué.

Mais ce qui attire aujourd’hui l’attention, c’est ce réveil des peuples, qui n’hésitent plus à s’exprimer et à réclamer avec courage leur libération et  leur délivrance dans la perspective de l’édification d’un nouvel ordre mondial en remplacement de celui que l’impérialisme tente d’imposer ; un nouvel ordre mondial fondé sur les valeurs de l’humanisme, de la liberté, de la dignité, de la justice, de la paix et de la démocratie.

L’ère de la montée de la force des protestations

C’est pourquoi, l’on est en droit d’avancer que l’on est aujourd’hui à l’ère de «la montée de la force des protestations». Autrement dit, l’on est en présence d’une nouvelle force de propulsion du mouvement de l’histoire et des sociétés, une force dont l’étincelle est le niveau maximum atteint par le capital en matière d’injustice, de tyrannie, d’exploitation et de diktat, a expliqué le SG du PPS. C’est ce qui provoque des réactions extrêmes de colère et d’inquiétude de la part des peuples, qui se transforment peu à peu en mouvements sociaux qui impacteront sans doute l’histoire moderne.

Personne ne peut ignorer le rôle décisif des médias modernes dans ces développements, compte tenu du poids des messages véhiculés et du choc des images d’illustration qui les accompagnent.

Les perturbations que connait la scène internationale ne sont en fait qu’à leur début. Elle sont appelées à s’amplifier comme le montre la montée en puissance des manifestations sociales et de l’approfondissement de la crise économique presque partout dans le monde, aux Etats unis, en Amérique Latine (Brésil, Bolivie, Chili, etc.), en Europe (France, Espagne …), dans la région arabe (Syrie, Liban, Algérie, Soudan, Jordanie, Libye, etc.) et ailleurs.

Ce qui permet d’en conclure que

         • L’histoire n’est pas terminée. Que le capital n’a pas gagné. Que la dialectique idéologique a une suite. Que le mouvement de l’histoire a son mot à dire.

         • Le capitalisme prouve effectivement qu’il n’est pas la réponse saine à la question de la prospérité de l’humanité et à l’humanisme et de l’être humain, à sa libération et sa dignité.

         • Le mouvement social mondial a des objectifs et des thèmes qui s’entrecroisent objectivement avec des thèses philosophiques et des programmes politiques de la gauche, un mouvement qui ne se place pas toujours au sein de cette gauche et qui ne sert pas dans tous les cas ses agendas politiques et militants. Mais ce qui surprend, c’est que ces mouvements se retrouvent dans la rubrique des forces politiques de droite, chauvinistes, conservatrices ou populistes. Ce qui pose la question de la conscience de classe et politique et la problématique des instruments organisationnels et d’encadrement de la gauche.

         • Le socialisme comme perspective humaine et la gauche comme positionnement militant conservent encore tous les atouts de l’alternative historique, pensée et pratique.

Pour sa part le PPS, a-t-il dit, est appelé à concrétiser l’alternative au niveau national et à assimiler, pour ce faire, les mutations en cours. Il doit aussi rénover ses instruments d’action dans le but de contribuer à l’avènement de jours meilleurs pour le pays et le peuple et d’adhérer à l’édification d’un monde alternatif en prenant position contre la guerre menée par l’impérialisme contre les peuples.

Dans ce cadre, a-t-il rappelé, le PPS réaffirme sa solidarité avec les peuples luttant pour la liberté, la démocratie, la stabilité, le développement, la dignité et la justice sociale comme il rejette les ingérences extérieures dans les affaires des Etats et des peuples.

Le PPS réaffirme à ce propos sa solidarité absolue avec le peuple palestinien en lutte contre la machine de tuerie et de terrorisme sioniste soutenu par l’Administration américaine actuelle, dans le but de la liquidation définitive de la cause palestinienne et la privation du peuple palestinien de tous ses droits dont celui de vivre en sécurité dans le cadre d’un Etat indépendant et vivable avec Al Qods comme capitale.

L’axialité de la CAUSE NATIONALE

Au niveau national, a-t-il dit, la Cause du Sahara marocain est sans conteste la première Cause décisive du parti, dont la défense requiert davantage de mobilisation autour de la proposition marocaine d’autonomie dans le cadre de la souveraineté nationale, une solution politique audacieuse qui préserve la stabilité géopolitique dans la région où les défis sécuritaires sont de plus en plus nombreux.

A ce propos, a-t-il rappelé, le PPS prend positivement note de la dernière résolution du Conseil de sécurité, qui a laissé de coté les thèses irréalistes. Le PPS estime à ce sujet qu’il est aussi de son devoir de dénoncer et de dévoiler les manœuvres des milieux hostiles aux intérêts supérieurs du pays et qui visent à contrer les tentatives et les bonnes intentions du Maroc et sa proposition d’autonomie, laquelle proposition représente le maximum de concessions que le pays peut faire. Il souligne également que la communauté internationale doit assumer pleinement ses responsabilités à l’encontre des manœuvres des dirigeants algériens et de la clique des séparatistes, qui cherchent par tous les moyens à éterniser ce conflit artificiel dont ils tirent profit.

Dans le même temps, le PPS estime que la victoire définitive dans ce dossier requiert le renforcement du front intérieur, à travers la poursuite de l’édification du Maroc fort par sa démocratie et ses institutions, le Maroc de la justice sociale et de l’équité spatiale et à travers aussi l’élaboration d’un modèle de développement performant ainsi que dans la mise en œuvre de la régionalisation avancée et le renforcement des rôles et des moyens de la diplomatie parallèle.

La crise de confiance

Toujours en rapport avec le front national intérieur, le SG du PPS a souligné que l’objectivité impose de reconnaitre que le processus démocratique et de développement a connu au cours des premières années de ce millénaire une dynamique ayant donné lieu à des acquis qui ont façonné le visage du pays et les changements positifs intervenus sur tous les plans. C’est ce qui a d’ailleurs doté le pays d’éléments immunisants et stabilisateurs qui lui ont permis de franchir des étapes sur la voie des réformes escomptées, soutenu en cela par le leadership et la place particulière de l’institution monarchique ainsi que par la complémentarité des efforts de cette institution avec la participation effective et forte des forces nationales et démocratiques crédibles dans l’œuvre des réformes.  

A l’opposé, a-t-il ajouté, la situation dans le pays est confrontée à des phénomènes d’inquiétude, d’interrogations et de colère perceptibles au niveau de toutes les classes, les couches et les franges sociales, des travailleurs, des agriculteurs, des étudiants, des jeunes, des chômeurs, des fonctionnaires aux hommes d’affaires en passant par les différentes franges de la classe moyenne.

Cette situation renseigne sur la perte d’un élément fondamental dans la dynamisation des sociétés, à savoir la confiance.

Selon lui, l’on est en effet devant une véritable crise de confiance. Tout en attirant l’attention sur ce phénomène, le PPS a proposé des alternatives pour le surmonter en appelant, alors membre de la majorité gouvernementale, à un souffle démocratique nouveau avec un plan de réformes au niveau politique, économique, culturel, social et des valeurs.

Et c’est d’ailleurs, après avoir parvenu à la conclusion que la Majorité ne saisit pas la sensibilité et l’aspect décisif de la situation et n’est ni prête ni politiquement capable d’élaborer et de mener les réformes nécessaires pour interagir avec les besoins de l’étape, que le parti a pris sa décision indépendante, responsable et démocratique de quitter cette Majorité, dont une partie ne ressent aucune inquiétude, alors que d’autres ne cherchent que freiner les réalisations et les entraver tout en s’occupant surtout des préparatifs des échéances de 2021 en exploitant pour ce faire l’institution gouvernementale et en distribuant à tort et à travers les promesses et les illusions.

En d’autres mots, rien donc n’a changé au niveau de la situation globale du pays et de l’actuelle Majorité. C’est pourquoi, l’appel du parti à un souffle démocratique nouveau est toujours d’actualité, a expliqué le SG du PPS.

C’est pourquoi le Comité central du parti avait pris, au cours de sa dernière  session extraordinaire, la décision de retrait du parti, a indiqué le SG tout en s’interrogeant sur la portée du remaniement gouvernemental effectué. Il a noté aussi que lors de sa quatrième session du 4 mai 2019, le Comité central avait souligné la nécessité de redresser la situation et de reprendre le processus des réformes. Quant à la 3ème session du CC, elle avait conditionné la participation du parti au gouvernement à sa capacité de procéder à des réformes.

Pour ce qui est du dernier congrès national du parti (mai 2018), il avait adopté à juste titre le document du « souffle démocratique nouveau », toujours d’actualité pour permettre à toutes les couches sociales et à toutes les régions de bénéficier des fruits de la croissance et de jouir d’une vie digne dans un pays où règnent la justice, l’égalité, la liberté et la démocratie.

Dans le cadre de cet effort, le parti a élaboré une série de propositions pour contribuer à l’élaboration du nouveau modèle de développement, qui doit reposer dans la vision du parti sur cinq piliers : placer l’homme au cœur de l’œuvre de développement, assurer une croissance économique rapide et continue, améliorer la gouvernance et assurer un climat approprié, prendre compte de la dimension des valeurs, culturelle et sociale et promouvoir la démocratie pour le portage du nouveau modèle.

A ce propos, le SG a émis l’espoir qu’un large débat public soit organisé autour de ce sujet, et que la dimension politique soit prise en compte dans le cadre de ce travail, confié à la commission créée à cette fin.

Revenant sur la situation au sein de la Majorité gouvernementale, il a indiqué qu’elle est toujours marquée par des divergences de plus en plus profondes entre ses composantes et que le gouvernement « réduit » n’a pas osé dévoiler ses nouvelles orientations dans une nouvelle déclaration politique pour éclairer l’opinion publique sur ses intentions. Mais ce qui est sûr c’est que les divergences sont appelées à s’approfondir à l’approche des prochaines élections, a-t-il indiqué.

C’est pourquoi, l’on craint que le pays risque d’être confronté à davantage de tensions, de colères et d’expressions extrêmes, étant donné la perte de confiance de plus en plus grande dans l’action politique et les institutions, a-t-il indiqué.

C’est ce qui laisse aussi le terrain vide devant toutes les formes contestataires spontanées et non organisées et à de nouvelles formules d’expressions regrettables, qui portent quelquefois malheureusement atteinte aux constantes nationales, a affirmé Benabdallah, appelant à une relecture approfondie et responsable de ces expressions et à la recherche des moyens appropriées de les contenir et d’en encadrer les réclamations et les doléances par le biais de l’écoute et de la transformation positive, au lieu du vide et du mutisme.

Le PPS, qui a fait de la lutte pour le changement organisé de l’intérieur des institutions et dans le respect total des constantes nationales et de leur position, souligne encore une fois le besoin de faire attention à ces nouvelles expressions et de leur accorder un traitement réfléchi au lieu de lancer des déclarations provocatrices dans l’intention de « corriger » les auteurs. La sagesse dans le cas d’espèce veut plutôt que l’on réhabilite l’acte politique sérieux et les intermédiations sociétales et institutionnelles, pour permettre l’appropriation de la capacité nécessaire à l’accueil et à l’encadrement de la dynamique naturelle de la société. Et ce dans un cadre constitutionnel, légal et institutionnel, et dans la perspective de la réforme dans le cadre de la stabilité, a-t-il martelé.

C’est pourquoi, le parti appelle aujourd’hui encore à insuffler un souffle démocratique nouveau dans la vie nationale générale, à promouvoir la croissance économique, à réviser le système de distribution de la richesse nationale, à créer les conditions de détente et à assainir le climat lié au phénomène des détentions.

Quelques traits de la crise économique et sociale

Il est évident que la situation politique est dialectiquement liée à la situation économique et sociale, a-t-il rappelé.

L’économie nationale subit de plein fouet le poids de la crise économique mondiale.

Le taux de croissance baisse de plus en plus. Il a chuté de 4,5% durant la période 2008-2013 à 3%. Il est réalisé grâce surtout à la demande intérieure, alors que la demande extérieure joue un rôle négatif, en raison des échanges inégaux entre le Maroc et ses partenaires. C’est pourquoi le PPS a notamment proposé dans son mémorandum au sujet du nouveau modèle de développement la révision des accords de libre échange pour protéger le tissu productif national.

Le faible rendement de l’économie nationale trouve aussi son expression dans le déficit chronique de la balance des paiements et ce en dépit de l’augmentation des transferts des Marocains du monde et des recettes touristiques.

Au niveau fiscal, rien n’est fait en dépit des recommandations des dernières Assises de la fiscalité, dont en premier la loi cadre, a-t-il ajouté.

En attendant, le gouvernement a opté pour la solution de facilité de recourir à l’emprunt extérieur en tentant de contracter un emprunt de 97 milliards de Dirhams au titre de l’année 2020. Ce montant correspond dans une grande mesure aux remboursements de la dette et de ses intérêts. Ce qui signifie en d’autres termes que les dettes contractées ne sont pas destinées au financement des projets de développement. Une telle tendance est de nature à aggraver la situation du pays, a-t-il martelé, sachant que le taux de chômage est appelé à augmenter et que la couverture sanitaire et sociale universelle est loin d’être assurée.

Le RAMED (régime d’assistance médicale) bute toujours sur la faiblesse de ses ressources et de sa gouvernance. Idem pour le secteur de l’éducation et de la formation.

Des progrès sont réalisés certes en matière des énergies renouvelables, mais les questions écologiques ne bénéficient encore pas de la priorité requise pour faire face à la pollution et à la surexploitation des ressources naturelles existantes comme c’est le cas de certaines plages ou de certaines villes qui subissent les effets négatifs de la pollution industrielle.

Mais le plus grave encore c’est l’élargissement du phénomène de la précarité absolue comme le sort réservé récemment à des milliers de familles pauvres dans la province de M’diq- Fnideq, à l’issue de la fermeture du point de passage de Bab Sebta devant les marchandises, a fait remarquer Benabdallah, qui a déploré le fait que le gouvernement continue, en dépit de cette situation, de faire preuve de manque de courage, de vision et de cohésion pour pouvoir redresser la situation.

L’alternative progressiste

Nonobstant toutes ces difficultés, le PPS insiste la possibilité d’ouvrir de nouvelles perspectives d’optimisme et d’espoir devant le pays loin de tout nihilisme, tout en insistant sur la possibilité du changement dans le cadre de la stabilité, a-t-il dit.

Partant de son engagement militant et de sa responsabilité nationale, le PPS propose, à travers ses prises de  positions et ses propositions, une offre politique sous forme d’alternative démocratique et progressiste véritable, a-t-il dit, rappelant que c’est pour ce faire que le parti insiste sur la critique constructive et la présentation de propositions sérieuses, loin de toute démagogie et des solutions de facilité. Ce faisant, il estime qu’il représente une partie de la solution et de la réponse à la situation générale préoccupante du pays et aspire à ce que son projet soit favorablement accueilli par les forces démocratiques et progressistes, convaincues de la possibilité de la réforme et du changement.

Le Maroc a les atouts nécessaires pour aller de l’avant et l’Etat national démocratique, fort par ses institutions et ses légitimités de développement moderniste est possible, a-t-il expliqué.

Le document «Tajaddor et Incihar»

A partir de sa position dans l’opposition, une opposition nationale, progressiste et constructive, le Parti du progrès et du socialisme se doit de relever de grands défis nationaux, a indiqué le SG du PPS, selon lequel le parti s’est fixé des objectifs ambitieux visant notamment à l’élévation de son rendement pour être à la hauteur de la conjoncture historique.

Armé de son courage, le PPS ressent le besoin d’adapter ses méthodes et de s’arrêter sur ses défaillances pour les traiter, tout en étant ouvert et disposé à renouveler son sang à tous les niveaux et en aspirant à matérialiser l’alternative progressiste démocratique. Pour ce faire, il est nécessaire pour le parti de se doter d’un instrument partisan performant, ouvert et en phase avec son environnement et les changements en cours, a-t-il expliqué.

C’est pourquoi, il a été procédé à la présentation du document «Tajaddor et Incihar», en tant qu’instrument de cadrage d’une approche d’action de l’ensemble des organisations du parti à partir de la position d’opposition. C’est un document qui s’inscrit dans le cadre de la continuité et de l’actualisation d’autres documents similaires et en particulier du document «Tajaddor» et avant lui la feuille de route. C’est une feuille d’orientation de l’action du parti visant la récupération de l’initiative et de la fusion dans la mobilité sociale. Elle s’alimente de l’identité et du projet politiques et progressistes du parti et se fixe pour objectif la mobilisation du corps partisan dans le but d’insuffler dans ses rangs une dynamique plus forte et de contribuer à créer une dynamique sociétale et une plus forte implication dans les luttes des masses.

Si le parti n’est pas présent dans le mouvement social, ses positions n’auront aucun sens et aucun impact. Ce n’est ni un slogan abstrait ou creux ou des paroles dites et vite oubliées, mais toute forme de revendications, tout changement militant, toute initiative collective de citoyennes et citoyens et toutes les manifestations, les débats, les sit-in, les rassemblements et toutes les sortes de lutte, catégorielles, thématiques ou de classes.

Les militantes et militants se doivent de remplir la scène sociale et de l’encadrer, à coté d’autres gens et pour eux, avec des discours pondérés et équilibrés, avec une force d’encadrement, dans les douars et les campagnes, dans les villes et les quartiers, dans les universités, dans les terrains de sport, dans les espaces professionnels, au sein des syndicats, les associations, les coopératives et les mutuelles et dans les places des débats politiques et intellectuels, ainsi que dans les clubs culturels et artistiques.

L’approche de Tajaddor et Incihar signifie tout simplement « un mode de vie » qui correspond effectivement à la qualité de militante et militant progressiste authentique, à travers une présence au milieu des gens et une plus grande implication pour saisir leurs préoccupations et leurs revendications qui sont en même temps celles du parti.

En résumé, a-t-il rappelé, ledit document comporte des orientations visant notamment à transformer les idées du parti en progrès, dans une complémentarité entre les aspects militants institutionnels avec les aspects militants de masses. Ledit document se propose aussi de contribuer à la création d’un mouvement social citoyen d’encadrement dépassant les limites du parti pour pouvoir mobiliser les énergies militantes et revendicatives.

Le document en question se propose en deuxième lieu de faire face aux pratiques négatives étranges qui se sont faufilées dans les rangs et les valeurs du parti, dont en premier lieu la limitation de la capacité d’impact, d’encadrement et de fusion dans la société, la faiblesse d’initiative, le repli sur soi et divers autres comportements nuisibles en rapport avec la gestion des relations internes et les modes d’expression, outre l’apparition de prémisses d’individualisme et d’opportunisme chez d’aucuns, le recul du sentiment d’appartenance, le faible engagement et l’absence de la volonté de s’associer aux masses en se contentant de ce qui est institutionnel.

Dans le but d’insuffler une dynamique plus forte, le présent document recommande en effet de s’ouvrir sur le mouvement social et les potentialités qu’il recèle et de l’encadrer, d’insuffler de la dynamique dans l’organisation interne du parti à travers l’ouverture et l’élimination de toutes les formes de résistance au renouvellement tout en diversifiant et en développant les structures d’accueil.

Il y est également recommandé de développer la formation des militants qui ne doit pas se limiter aux aspects théoriques, sachant que le document insiste aussi sur l’importance de la pratique comme source principale de formation.

 Le document Tajaddor et Incihar appelle aussi les militantes et militants à mettre à profit leurs connaissances et le message du parti pour développer la communication dans les espaces de débats publics et de communication.

Les militants sont appelés dans le cadre de leurs engagements à s’acquitter de leur devoir de cotisation au parti pour lui permettre d’avoir les moyens de ses ambitions.

A un peu plus d’une année des échéances électorales de 2021, les militantes et militants se doivent de se mobiliser dès maintenant pour relever ce défi, tout en œuvrant pour soutenir l’action des élus du parti à tous les niveaux, recommande encore le présent document.

A ce propos, le Secrétaire général du parti a adressé un appel pressant et fort à tous, militantes et militants, pour une mobilisation générale et une forte implication dans la mise en œuvre du contenu du document «Tajaddor et Incihar», à travers des actions concrètes et tangibles, des programmes et des initiatives et des projets d’action. C’est l’avenir du parti qui en dépend, a-t-il martelé.

La vie partisane ne se limite pas à des réunions et à des discussions entre les membres du parti, a-t-il dit, invitant les militantes et les militants à faire des préoccupations des gens et de la société leurs propres revendications pour la réussite du parti et de son projet politique.

Il a en outre fait savoir que l’exécution du programme du parti va se poursuivre à travers l’organisation des congrès régionaux restants, tout en saluant les régions qui ont déjà organisé avec succès leurs congrès régionaux (Sous Massa, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Guelmim-Oued Noun, Layoune-Saqia Hamra).

Quant aux préparatifs des prochaines élections, ils seront bientôt lancés, tout en saluant les initiatives prises pour inciter les citoyens à s’inscrire sur les listes électorales.

Il a en outre rappelé divers autres points inscrits dans le programme du parti pour accompagner ses secteurs socioprofessionnels et ses organisations parallèles dont le Forum Parité-Egalité qui s’apprête à organiser son congrès national, appelant l’organisation de la Jeunesse socialiste à œuvrer davantage pour aller de l’avant et intensifier sa présence dans les milieux des jeunes, sans oublier l’Organisation des pionniers enfants du Maroc et l’organisation Jawal.

Il a enfin fait savoir qu’il est prévu dans l’agenda du parti d’organiser un colloque national pour débattre de la situation générale du pays en rapport avec le développement de l’outil partisan, appelant à davantage de mobilisation et de militantisme pour la gloire du parti et le renforcement de sa position sur la scène politique national, dans l’intérêt du pays et du peuple.

M’Barek Tafsi

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