Contrôle, compétitivité et diversification, les grands maux du secteur de la pèche

Le Plan Halieutis figure parmi les programmes de développement qui posent problème au Maroc.  Le bilan de cette stratégie nationale du secteur de la pêche accuse de nombreux retards combinés à l’absence après, plus de 10 ans de sa mise en œuvre, des commissions de pilotage et de suivi et à la non définition des budgets et des sources de financement. Le dernier rapport de la Cour des Comptes en dit long sur les dysfonctionnements de la stratégie Halieutis.

La Cour a en effet, relevé que ce secteur qui contribue significativement à l’économie nationale avec des exportations de l’ordre de 22 MMDH en 2017 et plus de la moitié des exportations agro-alimentaires du Maroc, le plan Halieutis n’a pas défini les budgets alloués ni le planning d’exécution des différents projets programmés et que les objectifs stratégiques n’ont pas été atteints.   Plus grave encore même le comité national de la pêche n’est pas été mis en place.

Certes, le Maroc figure parmi pays dont l’espace maritime réputé parmi les zones riches en poisson avec une superficie de prés de 1,12 million de km². Néanmoins, le secteur reste marquer par l’insuffisance des moyens humains et des équipements dotés d’une technologie de pointe. Le rapport évoque aussi les risques liés au fonctionnement des laboratoires de l’INRH qui ne permettent que le suivi d’une soixantaine d’espèces seulement, parmi les 300 espèces considérées comme commerciales.

La gestion des pêcheries affiche des dysfonctionnements qui causent la surexploitation des stocks. D’où, d’ailleurs le dépassement des limites réglementaires et le non-respect des restrictions en termes de repos biologiques. Autres conséquence, le manque de rigueur dans l’application des plans d’aménagement la difficile répression et poursuite judiciaire des contrevenants.

L’évaluation de la Cour des Comptes pointe du doigt faible adhésion des professionnels dans le cadre du programme «Ibhar» de mise à niveau et de modernisation des flottes de pêche côtière et artisanale dont  les déblocages n’ont atteint que 22% du total des subventions prévues.

La faible compétitivité du secteur aquacole est dénoncé. Cette filiale reste marquée par le retard dans l’adoption du code de l’aquaculture,  l’absence de mesures fiscales incitatives et les difficultés d’accès au financement et l’absence de produits d’assurance adaptés sur le marché national.

Parallèlement, le constat fait part d’une insuffisance des équipements portuaires nécessaires à l’accostage des navires et au débarquement des produits de la pêche et des moyens de déchargement ainsi que des fabriques de glace et des chambres froides.

La Cour constate aussi l’échec de l’opération de la réorganisation de la gestion des ports de pêche, initiée en 2009. Idem, pour les retards du développement d’un réseau de marchés de gros au poisson MGP. La construction de dix MGP n’a pas encore abouti complètement.

Le  MGP de Casablanca qui accapare 74% des ventes totales des MGP reste sous contrôlé sur le plan sanitaire.

Plus encore, la vente au détail, reste globalement peu organisée et non réglementée. Ainsi, les marchands ambulants exercent dans des conditions non encadrées par des normes strictes d’hygiène indique le rapport de la Cour des Comptes.

Le secteur de l’industrie des produits de la pêche, quant à lui, est caractérisé par la transformation limitée et la faible valorisation des produits halieutiques et la position du Maroc vis-à-vis des marchés étrangers n’a pas beaucoup changé.

Le retard dans l’achèvement du cadre législatif et réglementaire est patent. L’exclusion non justifiée de la pêche hauturière qui représente 40% en valeur des ressources halieutiques, du circuit de distribution géré par l’ONP reste inexpliquée. A cela  s’ajoute la non réalisation de la refonte prévue des chambres des pêches maritimes et le manque des formateurs dans le secteur de la pêche.

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En dépit des efforts pour l’élimination des filets maillants dérivants par l’exécution d’un programme qui a coûté 253 MDH, soit plus de 85 % du coût total prévu qui était de 296 MDH, ces engins de pêche sont toujours utilisés par certains pêcheurs.

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