FIFM, le retour: Nouveau départ, nouveaux enjeux

Le festival est de retour ! La pause ne fut donc – et heureusement – que de courte durée. Le temps de remettre de l’ordre dans la maison et de faire appel à une nouvelle équipe. C’est dire que le festival qui ouvre aujourd’hui sa 17ème édition sera suivi avec une attention particulière ;  les cinéphiles, les professionnels du cinéma et les observateurs scruteront avec beaucoup de curiosité les nouveautés et les retouches apportées à l’organisation et au contenu de l’une des plus grandes manifestations culturelles de la région et de notre continent.

En fait, la transition a été gérée avec beaucoup de sérénité et loin de tout tapage médiatique. Il n’y a pas eu de feuilleton à épisodes et à rebondissements. La Fondation du festival reste fidèle ainsi à une tradition qui a fait ses preuves. Celle d’ouvrir une nouvelle page, sans ruptures fracassantes et dans une certaine continuité. Certes, l’idée de suspendre la 17ème édition et de la reporter d’une année avait suscité des interrogations, voire des inquiétudes. La question même de son opportunité et de sa pertinence reste posée dans sa globalité. Elle relève désormais de l’histoire.

Aujourd’hui le FIFM revient avec éclat confirmant ainsi ce qui constitue son ADN depuis ce fameux septembre 2001. La 17ème édition peut se lire déjà comme une capitalisation des acquis et une ouverture sur l’environnement du festival et sur les enjeux multiples qui traversent l’horizon du cinéma. C’est ainsi que le festival reprend et prolonge ce qui fait désormais sa carte de visite : un jury de qualité, des invités d’envergure internationale et une compétition officielle qui a installé ses marques. C’est sur ce socle, fruit d’une maturation dans la durée et de l’apport de compétences diverses, que la nouvelle équipe a installé le nouvel édifice embelli et rehaussé par des variations thématiques et organisationnelles.

Parmi les moments qui vont ainsi caractériser ce nouveau départ est l’arrivée de la plateforme de streaming  Netflix. Une arrivée qui place ainsi le festival de Marrakech au cœur du débat crucial car fondateur qui traverse la profession du cinéma. Netflix sera présente à Marrakech avec la projection de «son» film Roma du mexicain Alfonso Cuaron (lion d’or à Venise) et à travers son partenariat avec les Ateliers de l’Atlas, une initiative du festival de Marrakech pour l’aide au développement de talents de la région. Avec les ateliers de l’Atlas le festival de Marrakech, à l’instar de ses concurrents du Golfe, compte accompagner les projets en amont déjà et ne plus se contenter de faire son shopping aux différents marchés du film.

La présence de Netflix constitue une nouvelle donne qui invite à réfléchir sur le devenir du cinéma ; le cinéma dans son rapport aux modes classiques de diffusion et d’exploitation.

Assistons-nous aux prémices d’un cinéma post salle de cinéma ? On se souvient de la polémique de 2017 à Cannes où la programmation de deux films Netflix en compétition officielle avait provoqué l’ire des exploitants de cinéma. L’année suivante Thierry Frémaux, le délégué général du festival avait alors décidé en 2018 que « tout film qui compte postuler pour la Palme d’or devra sortir dans les salles de cinéma françaises ». Du coup ce fut autour du géant de l’audiovisuel de boycotter Cannes. Roma estampillé Netflix que nous allons voir à Marrakech n’est pas sorti en salles en France

Le festival de Marrakech sera l’occasion de revivre ce débat d’autant plus que Thierry Frémaux fait partie des invités de la rubrique Conversation avec…Un débat qui nous intéresse au premier degré avec la crise des salles et

Mohammed Bakrim

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