La gestion sanitaire sur la sellette!

A l’image de l’état approximatif dans lequel se débat le département de la Santé dans le pays, le Centre hospitalier régional Hassan II d’Agadir semble perdre le nord en termes de gestion et de conduite sanitaires. Il est bien évident que la recrudescence de la fréquence  pandémique, en ces temps enflammés, fait déborder les cas d’atteinte et, partant, ne fait que transcender les capacités d’accueil et de traitement. Néanmoins, on ne pourrait guère passer sous silence des bévues à noter, par-ci par-là, au niveau de la gouvernance régionale depuis déjà, bien avant le Covid 19.

En effet, la vacance des postes clés, à la direction de l’hôpital et de la délégation provinciale, rend caduque les missions assignées de l’une et de l’autre, dans les conditions escomptées. Il va sans dire que cette vacuité, comblée d’une manière unilatérale par un seul gestionnaire, ne peut qu’avoir des répercussions fâcheuses sur l’organisation et la fluidité de services aux divers pavillons. Certes, on ne devra en aucun cas, stigmatiser le personnel soignant, toutes spécialités confondues, pour son abnégation avérée, tout au long de ces phases cruciales de la crise épidémiologique.

Au quotidien, le staff médical et infirmier si étriqué et démuni par des pénuries déconcertantes, est soumis à des sollicitations infernales pour vaquer aux besognes stressantes. La mise en ordre de cet encombrement s’avère vétuste, faute de tête pensante qui pourrait, en fait, harmoniser et décongestionner l’affluence des patients sur les blocs. Visiblement perquisitionnés par la crise épidémique sévissant depuis des mois, les services relatifs aux malades en urgence, notamment ceux nécessitant d’immédiates interventions chirurgicales, sont cruellement remis à plus tard en dépit de leur cas pressant et impérieux.

Cet atroce cumul de souffrants dont pâtit le seul bloc opératoire fonctionnel, interpelle fortement les décideurs de la santé aussi bien régionaux que centraux. Il est tout de même, question de la vie des citoyens qui «croupissent» dans l’attente fatale planant aux locaux lugubres de l’hôpital public.

Sans nullement verser dans le pessimisme béat, le remord d’avoir sacrifié des compétences de haute érudition en matière de gestion, à la tête de cet établissement étatique, par des décisions hâtives et arbitraires, aura à coup sûr, ébranlé le ministère, en perte de vitesse. Face à toutes ces bavures qui entachent la vie sanitaire de l’hôpital, la grogne syndicale est montée d’un cran, réprimandant la gestion régionale du département et fustigeant de vive voix les déficiences y prévalant.

Au fait, on ne comprendra point le mutisme étrange du ministère, lui qui a toujours brillé par un record «guinessal» de limogeages à flot dans l’ensemble du territoire national ! La santé, c’est ce qu’il y a de capital dans l’existence de l’individu et partant, ce qu’il y a d’ardent dans  la politique publique des gestionnaires. C’est justement ce qui n’a pas cessé de faire défaut dans le système sanitaire de notre pays. On ne fait aujourd’hui que récolter les faillites de cette politique défaillante tant qu’en santé qu’en éducation nationale, malgré certaines éclaircies qui confirment la règle.

On clorait  sur une belle citation de Socrate, le célèbre philosophe grecque de l’antiquité : «Existe-t-il pour l’Homme un bien plus précieux que la Santé?».

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