La psychose liée au Coronavirus se généralise

Le Cap des 2000 morts franchi en Chine

Karim Ben Amar

Le coronavirus a fait, selon le dernier bilan,  2.000 morts en Chine. Les autorités de la province de Hubei (centre), foyer du Coronavirus, ont annoncé mercredi un nouveau bilan faisant état de 132 nouveaux décès. Dans son bulletin quotidien, la commission sanitaire de la province a également fait état de 1.693 nouveaux cas de contamination.

Avec ce bilan alarmant, le nombre de contaminations en Chine continentale atteint au moins 74.000 cas. Ailleurs dans le monde, environ 900 cas de contamination ont été enregistrés pour seulement cinq décès.

Citant une étude du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies portant sur plus de 72.000 personnes, le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné lundi que plus de 80% des patients souffraient d’une forme bénigne de la maladie. Selon cette même enquête, jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité du Covid-19 reste très bas, à 0,2%, puis s’élève progressivement avec l’âge.

Ce fléau, depuis son déclenchement, a engendré une véritable psychose planétaire. Pas plus tard qu’hier, mardi 18 février, la Russie a annoncé son intention d’interdire l’entrée sur son territoire aux ressortissants chinois à partir de ce jeudi. Cette nouvelle mesure drastique est destinée à endigué la propagation du fléau.

A cet effet, la vice-Première ministre chargée de la Santé, Tatiana Golikova citée par les agences de presse russes, a déclaré que «L’entrée des ressortissants chinois via les frontières russes est suspendue à partir du 20 février pour les voyages de travail, les voyages privés, les études et le tourisme».

Tatiana Golikova, également à la tête du groupe de travail chargé de la lutte contre le coronavirus a affirmé que cette décision a été prise « en raison de l’aggravation de l’épidémie en Chine et du fait que des ressortissants chinois continuent d’arriver sur le territoire russe ». a expliqué Mme Golikova, également à la tête du groupe de travail chargé de la lutte contre le coronavirus.

De nombreux Chinois sont présents en Russie, qu’ils soient touristes, étudiants ou travailleurs. Aussi, les aéroports russes sont massivement utilisés comme point de transit entre la Chine et l’Europe.

Les autorités russes ont pris des mesures très strictes pour empêcher la propagation du Covid-19, qui a fait à ce jour près de 1900 morts dans le monde. Moscou a notamment ordonné la fermeture des quelque 4.250 km de frontières entre la Russie avec la Chine, la coupure des liaisons ferroviaires et la restriction du nombre des vols vers des villes chinoises.

Hormis la psychose généralisée, L’épidémie de coronavirus affecte considérablement  l’économie chinoise.  L’un des payas ayant refusé de ratifier le protocole de Kyoto a contribué à la réduction des émissions de CO2 d’au moins un quart. Selon une étude publiée ce mercredi, cet impact pourrait n’être que momentané.

Les congés du Nouvel an lunaire, tombé le 25 janvier, ont été prolongés jusqu’au 10 février. Depuis, en raison des mesures drastiques de confinement et restrictions de circulation pour endiguer l’épidémie, de nombreuses usines restent à l’arrêt ou ne fonctionnent qu’au ralenti.

Conséquence: la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre ont chuté de 100 millions de tonnes par rapport à la même période de l’an dernier, selon cette étude diffusée par le site spécialisé « Carbon Brief ».

Sur les deux dernières semaines (du 3 au 16 février), les émissions de CO2 approchent 300 millions de tonnes, d’après l’étude réalisée par les experts du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) basé en Finlande.

Pour la comparaison, sur les deux semaines suivant les congés du Nouvel an en 2019, le pays avait émis 400 millions de tonnes.

«La réduction de la consommation de charbon et de pétrole montre une réduction d’au moins 25% des émissions par rapport à la période comparable de l’an passé», une baisse équivalente à 6% des émissions mondiale sur la période, note l’étude.

Une telle chute sur deux semaines pourrait, en soi, représenter un repli d’environ 1% des émissions annuelles de la deuxième économie mondiale. Le bilan de l’épidémie de nouveau coronavirus a atteint 2000 morts en Chine continentale, après le décès de 132 personnes dans la province du Hubei, selon les chiffres officiels publiés hier, mardi.

Le coronavirus affecte aussi considérablement le commerce en Chine. L’équipementier sportif Adidas à lui seul, a vu ses ventes reculer de 85% sur un an depuis la fin janvier en raison du fléau, a annoncé dans un communiqué ce mercredi.

L’épidémie de Covid-19 a entraîné la fermeture d’un nombre «important» de magasins, ceux détenus en propre et ceux de partenaires, apprend-on de la même source.

Adidas pâtit aussi ces dernières semaines d’une « réduction significative du volume de clientèle » dans les magasins qui ont rouvert après les congés du Nouvel an chinois.

Le contraste est saisissant avec les trois premières semaines de l’année, pendant lesquelles Adidas dit avoir enregistré « une forte croissance » de ses activités en Chine.

Le groupe d’Herzogenaurach concède néanmoins qu’il ne ressent «pas d’effets significatifs» sur d’autres marchés asiatiques, en particulier au Japon et en Corée du Sud.

Adidas sera davantage en mesure d’évaluer l’impact de l’épidémie sur l’exercice en cours lors de la publication des comptes de l’année 2019, prévue le 11 mars.

Le groupe fait savoir que sa  «priorité absolue» en ce moment est «d’assurer la sécurité personnelle et financière» de ses employés et de leurs familles, ce qu’il fait «en étroite collaboration avec les autorités chinoises », selon le communiqué.

La marque à trois bandes compte en Chine 500 magasins exploités en propre et un réseau d’environ 11.500 franchisés.

Le concurrent allemand Puma a quant à lui indiqué mercredi que ses opérations commerciales en Chine étaient «gravement touchées par les mesures de sécurité et les restrictions gouvernementales», dans un communiqué en marge de ses résultats annuels.

«Plus de la moitié de nos propres magasins de détail et ceux de nos partenaires sont temporairement fermés en raison de décisions des autorités locales», précise l’équipementier.

D’autres marchés, notamment en Asie, souffrent de «l’absence de touristes chinois», ajoute Puma, qui n’est pas en mesure pour le moment de prédire «l’impact exact» de l’épidémie sur ses activités.

Leur rival américain Nike avait dit plus tôt dans le mois s’attendre à court terme à un «impact important» sur l’activité en Chine, où il a aussi dû fermer des magasins.

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