La ruée vers les masques

Leur port est dorénavant obligatoir

Mohamed Khalil

A vrai dire, le gouvernement marocain avait été pris de vitesse depuis l’apparition des premiers cas de contamination locale. Ce qui a permis un certain sursaut. Mais face au manque cruel de masques, les autorités ont développé, dans un premier temps, des axiomes qui «prouvent» que le masque est inutile pour le commun des mortels mais qu’il faudra le réserver aux seuls soignants et malades.

Et revirement de situation ! Le ministère de la Santé, après avoir défendu, bec et ongles, que le port du masque n’est obligatoire que pour le personnel médical et les malades du covid-19, revient à la sagesse pour les recommander.

La même attitude avait été observée et défendue, urbi et orbi, en France par les autorités sanitaires de France et par certaines «sommités» médicales.

Mais grâce aux nombreuses voix de scientifiques, en France comme au Maroc, le gouvernement a changé d’approche.

Dès lors, se pose la question de l’approvisionnement en masques de protection.

Le pays a besoin de manière urgente de deux sortes de masques :

– des masques chirurgicaux (basiques)

– des masques FFP2 (sophistiqués).

Mais les citoyens pourront recourir à des masques artisanaux, l’essentiel est de se couvrir le visage.

A l’heure actuelle, faute de communication, l’on ignore l’état réel de la production locale des masques. Idem pour les quantités commandées à l’étranger.

La pénurie est là

Il est vrai que, comme en Chine, aux Etats unis et d’autres pays, l’industrie locale, notamment des textiles, a été appelée à la rescousse pour contribuer à la fabrication des masques. Chez nous, plusieurs entités ont réorienté leurs activités et travaillent, de jour comme de nuit, pour assurer un provisionnement adéquat.

Mais, en dépit des initiatives, l’on peut dire qu’il y a une réelle pénurie de masques dans les pharmacies.

Et, hier justement, pour s’en procurer, il fallait recourir à l’enseigne commercial turque, BIM, pour en trouver le matin, sans aucune certitude d’en retrouver, avant 18 heures, délai de fermeture et de début du confinement sauf pour aller au travail de nuit ou à une pharmacie ou hôpital.

Et si le gouvernement a fixé le prix, hors taxe, d’un masque entre 2Dh à 2DH 50, respectivement pour des paquets à 10 ou 50 pièces.

A BIM, pour un paquet de 50 masques le prix est de 12 DH TTC. C’est correct mais sait-on comment c’est ailleurs…?

En ces temps de coronavirus, il faudra avouer qu’il n’est pas recommandé de fréquenter, souvent, les grandes surfaces. C’est pourquoi, il faudra se demander si les masques de protection sont mis en vite partout dans les aires commerciales, petites, moyennes et grandes.

Car, en faisant le tour de quelques pharmacies du quartier, l’on parle, comme avant, d’un « nouvel arrivage» promis pour bientôt… (sic).

Les autorités sanitaires doivent informer l’opinion publique sur l’état d’approvisionnement et les modalités de mise en vente… en faisant attention à la contrebande et à la spéculation.

Car, la protection faciale est l’unique parade contre le coronavirus quand un citoyen se déplace et se trouve en contact avec d’autres personnes (marchés, grandes surfaces, travail…). Il en est de même en famille et, surtout, en présence de personnes âgées et d’enfants.

Or un masque dure beaucoup moins qu’une rose. Il faudra le changer, l’espace de trois ou quatre heures, en fonction du degré de contamination.

Aussi, si l’on prend en considération que seulement la moitié de la population doit porter des masques, à changer uniquement deux fois par jour (c’est un strict minimum), le Maroc aura besoin d’au moins 30 millions de masques de protection par jour…

Allez, faites le calcul, pour encore deux semaines de confinement et l’espoir d’un dé-confinement progressif, qui nécessitera, dorénavant le port quotidien des masques, sous peine de sanctions légales.

C’est dire l’ampleur des tâches et de la gestion qui nous attend. C’est dire, aussi, le business juteux qui en découle…!

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