L’Association d’amitié maroco-vietnamienne au chevet de relations bilatérales

La rencontre organisée par l’Association d’amitié Maroco-Vietnam, mardi à Rabat, a été l’occasion de retracer l’historique des relations historiques et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Le président de l’Association, El Mostapha El Ktiri, également Haut-commissaire aux anciens résistants et anciens membres de l’armée de libération, amis en exergue la mémoire historique que partagent les deux pays. Selon lui, cette mémoire historique a été créée grâce à la mobilisation des soldats marocains qui ont fui l’armée française pour rejoindre le mouvement de libération du Vietnam. «Cette mobilisation des guerriers marocains en faveur de l’armée vietnamienne s’explique par le fait que les deux pays partageaient à l’époque des valeurs et aspirations communes de liberté et d’indépendance», a-t-il expliqué. Et ce fut le message historique lancé par Abdelkrim El khattabi, depuis son exil au Caire, qui a accéléré l’adhésion des soldats marocain au mouvement vietnamien. Les valeurs communes entre les deux peuples ont fortement été mises en avant pour convaincre les soldats marocains.

Aujourd’hui, ce socle commun de valeurs a fait l’objet d’un nouvel ouvrage, intitulé «Le Maroc et le Vietnam : regards de l’un sur l’autre», publié par le Haut-commissariat. Le livre, présenté par la vice-présidente de l’Association, Amina Achour, jette un regard rétrospectif sur le passé. Il s’agit d’un condensé d’analyses préparées par des chercheurs et connaisseurs de cette période de brassage maroco-vietnamien.

Sur le plan historique, le chercheur et professeur Abdellah Saaf a mis en exergue les différentes interférences maroco-vietnamiennes, que ce soit à partir des textes de Ho Chi Minh qui fut l’un des premiers à saisir et apprécier le sens du combat rifain ou encore à travers les péripéties de la guerre d’Indochine.

Au-delà des relations diplomatiques, l’ouvrage passe également en revue l’état des relations de coopération économiques. Selon les différentes interventions des chercheurs, les relations économiques entre le Maroc et le Vietnam restent en deçà des attentes. La distance géographique, les différences culturelles et les contraintes imposées par la concurrence chinoise sont citées parmi les causes de la faiblesse des échanges. L’absence d’un accord de libre-échange freine aussi les flux entre les deux pays, de l’avis de Adelhafid Oualalou, secrétaire général de l’Association, qui voit le Vietnam comme une portée d’entrée vers l’Asie. Abdelhafid Oualalou reproche aussi aux entrepreneurs marocains leur manque de connaissance du marché vietnamien. Pourtant, «le Vietnam est un bon exemple pour le Maroc, notamment en matière d’industrialisation», estime-t-il. En effet, «le secteur industriel a permis au Vietnam d’atteindre un taux de croissance estimée à 8,1%, représentant ainsi 38% du PIB».

Dans sa communication relayée par le Haut-commissariat, Mohamed Meskaouni, chef de division au ministère des Affaires étrangères, indique que Rabat et Hanoi ont tout à gagner à booster leur partenariat économique. Cependant, la mise en place d’un arsenal juridique étoffé par la conclusion d’un accord commercial, d’un accord sur la promotion et la protection des investissements et d’un accord de non double imposition et de prévention de l’évasion fiscale devrait constituer la plateforme sur laquelle ce partenariat pourrait être fondé.

Aujourd’hui, l’Association présidée par El Ktiri promet d’appuyer les initiatives et les démarches soutenues, visant la réalisation de conventions de partenariat, de jumelages et d’activités communes.

Hajar Benezha

Top