Le «Bachelor» accessible dès 2020 dans les universités publiques

Appliquant le système Licence Master Doctorat (LMD) depuis plusieurs années, le Maroc devrait s’ouvrir officiellement dès 2020 sur le système anglo-saxon de formations Bachelor. C’est l’annonce qu’a faite le ministère de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, lundi dernier dans un communiqué.

Les inscriptions à ce système seront ouvertes à partir de juillet 2020. Sa date d’entrée en vigueur a été fixée lors de la Conférence des présidents d’universités tenue récemment à Mohammedia. D’ailleurs, le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saïd Amzazi, avait indiqué lors du Forum mondial de l’éducation tenu en janvier dernier au Royaume Uni, que l’école marocaine avait pour ambition de s’ouvrir sur le modèle anglais dans la perspective de diversifier l’offre nationale en matière d’éducation. Selon Amzazi, il s’agit d’un clivage vers une nouvelle orientation du système marocain, et non pas d’un changement du modèle francophone vers le modèle anglo-saxon.

Dans la perspective de l’entrée en vigueur du Bachelor dès l’année prochaine, un planning pour garantir une large participation et un engagement efficace dans la conception du nouveau système a été fixé lors de ce conclave, présidé par le ministre de tutelle, en présence du secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Khalid Samadi.

Ainsi, une rencontre nationale est prévue pour le 23 avril prochain afin d’examiner et d’approuver les documents liés au système de formation Bachelor. Le dépôt des documents devant la commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur aura lieu pour sa part le 26 avril de l’année courante et le lancement d’appels d’offres relatifs aux formations Bachelor, le 29 avril. L’élaboration de nouvelles filières du Bachelor par les universités se fera en mai et décembre et les tests de classement linguistique destinés aux étudiants en mai, juin et juillet 2019.

Une plateforme d’information et d’orientation sera lancée en outre en octobre 2019, avec l’évaluation de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ) pour les projets de licence (janvier-mars 2020).

Bachelor versus Licence

Dans les pays de tradition universitaire anglo-saxonne, le Bachelor est le grade sanctionnant le premier cycle universitaire après trois ou quatre années d’études. Il s’agit d’un diplôme de niveau bac+3 d’après le système Licence Master Doctorat (LMD). Il se distingue de la licence universitaire par une approche plus orientée vers l’international ainsi que par son programme pédagogique dominé par le concret et les matières transversales tournées de manière à servir la professionnalisation. Les longs mois de stage, l’alternance et les immersions professionnelles fréquentes viennent par ailleurs appuyer cette orientation. S’il permet également de poursuivre des études vers un Master 1, le Bachelor est avant tout pensé pour favoriser la prise de fonction des étudiants dès la sortie de l’école dans des secteurs aussi variés que le commerce, la communication, l’informatique ou les métiers de l’art, de la mode, du tourisme et autres.

Les entreprises, souvent en quête de profils immédiatement opérationnels, s’intéressent plus aux profils ayant effectué leurs études en un système Bachelor. Ce dernier permet une intégration plus facile dans le monde professionnel, alors que le diplôme de Licence est destiné plutôt aux étudiants souhaitant préparer une carrière académique. Les périodes de stage en entreprise et les séjours à l’étranger proposés dans le cadre d’un cursus Bachelor sont une réelle opportunité pour définir un projet de carrière adapté à ses ambitions et se forger une solide expérience avant même d’entrer dans la vie active.

L’adoption du système Bachelor au Maroc, s’il est appliqué comme dans les pays anglo-saxons, permettra ainsi de résoudre le défi de l’inadéquation entre les formations, les profils diplômés et les besoins des employeurs, tant décriée par les entreprises marocaines. Un rapport récent de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) publié en novembre dernier faisait état d’un grand nombre de profils professionnels non pourvus, en raison du manque de candidats adéquats. Ce même rapport du patronat regrettait d’ailleurs que sur 400 000 jeunes Marocains qui débarquent annuellement sur le marché du travail, seulement 100 000 arrivent à s’insérer; 300 000 sont pour leur part disqualifiés.

En plus de rendre les étudiants opérationnels, ce système bénéficiera aux étudiants marocains désirant poursuivre leurs études dans des écoles britanniques. Il permettra certainement d’encourager les échanges universitaires entre le Maroc et le Royaume-Uni. Les deux pays ont d’ailleurs élaboré plusieurs projets dans le domaine éducatif lors du dernier forum de l’éducation, dont une visite des présidents d’universités marocaines au Royaume-Uni pour s’imprégner du système éducatif du pays.

Zaynab Dhimene

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