Le PPS, le PJD et l’Istiqlal envisagent de rééditer l’expérience de leur alliance

Débat sur les moyens de réhabiliter l’action politique

En se retrouvant ensemble pour débattre des possibilités et des moyens de réhabiliter l’action politique, les partis politiques du Progrès et du socialisme (PPS), de la Justice et du développement (PJD) et de l’Istiqlal en ont profité pour envisager le rassemblement de leurs forces dans le cadre d’une coalition similaire à celle de 2011 et dont faisaient partie les trois formations et le Mouvement populaire.

Vendredi soir, le Secrétaire général du PJD et chef du gouvernement, Saad Eddine El Otmani, le Secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, Mohamed Nabil Benabdallah, et Chiba Maâ Al Ayanayne, président du Conseil national du Parti de l’Istiqlal ont été réunis ensemble à l’initiative de la Jeunesse de la Justice et du Développement (JJD) pour débattre de «l’action politique entre la consolidation des réformes et les dangers de la dévalorisation», thème de la 15ème campagne nationale de la JJD, qui va se poursuivre pendant un mois.

Consolidation de la démocratie

D’entrée de jeu, le secrétaire général du PPS a mis en relief l’importance du thème choisi et proposé d’associer à cette initiative les organisations des jeunes des autres partis politiques concernés visant à la réhabilitation de l’action politique et la sensibilisation des jeunes à l’importance de s’impliquer dans une telle action dans l’intérêt du pays et de la démocratie.

Le projet d’une telle coalition élargie aux partis politiques désireux de participer à la poursuite du processus des réformes politiques, démocratiques et économiques doit se fonder sur des objectifs politiques clairs, précis et ouvrir de nouveaux horizons devant les citoyens pour prendre part au chantier de consolidation de la démocratie, des libertés publiques, des droits de l’homme  et de la justice sociale, selon lui.

Décrisper la situation

   Le pays en a vraiment besoin pour décrisper la situation et apaiser le climat en donnant un nouveau souffle démocratique à la vie politique, a-t-il dit, rappelant que les partis politiques réunis se partagent d’ailleurs les mêmes objectifs de servir l’intérêt général du pays, de consolider les institutions et de poursuivre le chantier des réformes à travers notamment la mise en œuvre saine de la Constitution de 2011, dont les dispositions visent notamment au renforcement du rôle des partis politiques et de leurs missions, a-t-il dit.

Front commun

Pour ce qui le concerne, le PPS est toujours attaché comme il l’ toujours été à son sérieux (Maâkoul), valeur qu’il se partage avec les autres partis politiques nationaux avec lesquels il aspire travailler dans le cadre d’un front commun pour le bien du pays et du peuple, a-t-il martelé.

Le but recherché, au delà de ces alliances, est de doter les institutions d’encadrement des citoyens et de leurs revendications des moyens nécessaires de le faire en permettant aux partis politiques de gagner en crédibilité pour ne plus être boudés par les jeunes et de renforcer leur démocratie interne à travers une plus grande ouverture sur les jeunes qu’il convient de motiver, a-t-il dit.

Et c’est à ces conditions que les partis politiques sérieux seront en mesure de faire face avec succès aux attaques qui visent à les affaiblir de la part de ceux qui cherchent à préserver leurs privilèges et à salir le climat politique national pour que les citoyens n’arrivent plus à distinguer les partis politiques les uns des autres en les mettant dans le même sac, a-t-il ajouté.

Pour détourner l’attention des citoyens des vrais problèmes, d’aucuns appellent à la révision de l’article 47 de la Constitution et du mode de scrutin pour bloquer tout simplement l’élan démocratique, issu de la mise en œuvre de cette Constitution et de l’engagement sans faille des partis politiques sérieux, a-t-il affirmé.

Il en a profité pour saluer l’accord, qui vient d’être signé par les partenaires sociaux et qui prévoit de substantielles améliorations au profit des travailleurs dont d’importantes augmentations salariales, a-t-il relevé.

Révision de l’article 47 : une supercherie antidémocratique

Réagissant à ces propos, le Secrétaire général du PJD a dit : «vous pouvez nous considérer comme des alliés, car nos programmes comportent des projets très proches les uns des autres».

Il a également dénoncé la supercherie antidémocratique qui se cache derrière l’appel à la révision de l’article 47 pour empêcher le parti politique qui remporte les élections de diriger le gouvernement. «C’est comme si le parti politique derrière cette proposition sait d’avance qu’il va perdre les prochaines élections», a-t-il ironisé.

Oui à la critique constructive des partis politiques mais non à l’insulte, aux attaques gratuites et à la dévalorisation des partis politiques, a-t-il dit, saluant la Jeunesse de son parti pour le choix du thème de la crédibilité de l’action politique et des moyens de la rendre plus attractive aux yeux des jeunes, de moins en moins nombreux à adhérer aux partis politiques.

Selon lui, la responsabilité en incombe non seulement aux jeunes, mais surtout aux élites politiques dirigeantes et aux partis politiques eux-mêmes qui doivent renforcer leur démocratie interne et s’ouvrir sur les jeunes, tout en poursuivant le combat contre la prévarication et la dépolitisation de la société.

Les jeunes sont surtout déçus par le comportement des politiques et en particulier par le décalage entre l’acte politique et la parole, par manque de morale éthique et de sérieux.

Selon lui, la défection politique des jeunes trouve aussi son explication dans le manque de la démocratie interne pour accorder aux jeunes la liberté de s’exprimer sans exagération.

Il en est aussi du comportement global des partis politiques, perçus à tord par les citoyens comme étant les mêmes pour leur manque de crédibilité et de non respect de leurs engagements et paroles données, a-t-il dit, estimant que son gouvernement est en passe de prouver, avec son bilan de deux ans, sa bonne foi et qu’il est sur la bonne voie de respecter ses engagements.

Il a cité dans ce cadre l’accord tripartite qui vient d’être signé par les partenaires sociaux (gouvernement, patronat et syndicat), l’adoption du plan national de la démocratie et des droits de l’homme et de la charte de déconcentration, l’augmentation des fonds sociaux (Tayssir, veuves etc….).

Les partis politiques sont «des écoles populaires»

Pour sa part, Chiba Maâ El Aynine, intervenant au nom du parti de l’Istiqlal, a indiqué que les partis politiques sont des écoles populaires d’apprentissage des bons réflexes et de la bonne conduite en société pour servir le pays, le peuple et les institutions, comme le disait feu Allal El Fassi.

Il ne peut y avoir de démocratie sans partis politiques sérieux, soulignait Allal El Fassi. C’est là un objectif majeur que se fixe actuellement le parti de l’Istiqlal en insistant en l’étape actuelle sur la reddition des comptes, la lutte contre la prévarication et l’autocritique pour rendre à la pratique politique sa noblesse et faire face aux détracteurs qui prêchent le désespoir et sèment la confusion.

Il a également rendu hommage à la Jeunesse de la justice et du développement pour le lancement de cette campagne de réconciliation avec la chose politique, appelant à un dialogue national sur les réformes à entreprendre pour rétablir la confiance des citoyens dans les acteurs politiques dont les partis politiques et les autres institutions d’intermédiation en vue d’encadrer et de catalyser les revendications des citoyens.

Réagissant aux analyses des intervenants, le Secrétaire national de la jeunesse de la justice et du développement, Mohamed Amekraz, a souligné la disposition de son organisation de travailler dans le sens de sensibiliser les jeunes à la chose politique et de coordonner son action avec les autres organisations similaires des autres partis politiques, sortis et produits par le peuple.

M’barek Tafsi

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