Quand un livre court contre le temps pour sauver sa peau!

Après avoir édité ses deux romans, «Nom d’un chien» paru en 2016 et  «Le Dernier salto»  en 2014 qui a décroché le prix Grand Atlas dans les catégories «Culturethèque» et «Etudiants», le romancier, nouvelliste et essayiste marocain, Abdellah Baïda renoue avec ses  lecteurs et lectrices avec un nouveau  roman intitulé  «Testament d’un livre» paru fraichement aux Editions Marsam.

Dans cet ouvrage dévoilé à l’occasion du Salon International  de l’Edition et du Livre de Casablanca, l’écrivain se livre à  «cœur à  ouvert» et raconte une histoire à la fois heureuse et  malheureuse qui se déroule à la bibliothèque d’Al-Quaraouiyine à Fès, capitale spirituelle du pays. C’est l’histoire d’un livre qui agonise dans un silence total… délaissé à son propre sort. C’est pour cette raison qu’il décide de tout avouer dans un «testament» qu’on pourrait  considérer comme un cri, une dénonciation et un aveu de son vécu, ainsi que celui  des autres livres qui  meurent en catimini.

L’espace est clos. L’écriture reste l’unique moyen et la seule issue pour faire entendre sa voix.  «A l’intérieur de l’immense temple du caractère d’imprimerie, un livre se dresse pour témoigner de la vie de son espèce. TDL [Testament d’un livre] nous plonge dans l’univers d’heur et de malheur de cet objet miraculeux appelé livre, et dans lequel, miraculeusement, a été déposée notre Histoire. TDL est un roman polyphonique en tant qu’il porte des voix d’auteurs invisibles et omniprésents. Dans ce roman, qui invite le lecteur à un beau voyage rétrospectif, les passions de lecture et d’écriture tissent chaque page. C’est un hymne au livre. Un cri d’espérance pour l’écrin le plus précieux de nos existences», écrit le romancier Mamoun Lahbabi sur le nouveau roman de Baïda.

 Le romancier donne une voix, voire une âme à un objet précieux, bien évidemment dans le but de lui rendre un vibrant hommage et remettre en question sa situation et son sort.  « Dans ce roman, explique Jean Zaganiaris, Abdellah Baïda nous fait entrer dans la peau d’un livre qui parle, qui raconte sa vie, nous emmène dans des mondes imaginaires à travers des époques et des espaces différents. On rencontre Averroès, Stefan Zweig, la bibliothèque d’Alexandrie mais aussi ces lecteurs anonymes, inconnus mais néanmoins passionnés, sans lesquels le livre n’existerait. Le livre a engagé une course contre le temps pour sauver sa peau. La peau de toute la mémoire des humains».

Mohamed Nait Youssef

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