Quand la commune pilote la spéculation immobilière

Province d’Ifrane

Incontestablement, le lotissement «Jnane Al Atlas» dans la commune rurale de Tizguite dans la province d’Ifrane restera dans les annales de la gestion de la chose locale à l’échelle nationale, non pas pour une bonne gouvernance, mais en termes de trafic d’influence, du manque de transparence, de la magouille, d’abus de pouvoir, de corruption et de spéculation immobilière.

Ce site «Jnane Al Atlas» a été aménagé par la commune de Tizguite et commercialisé par le Groupe Al Omrane pour promouvoir l’habitat salubre et permettre aux habitants de la région de bénéficier d’un gîte décent. Un cahier de charges a été alors signé par la commune et les autorités locales pour céder des lots de terrain à des prix conventionnels aux familles à modeste revenu.

Cependant, cette occasion a été saisie par des élus et des responsables pour offrir des lots à des personnes n’ayant aucune relation avec la région. Et pour orchestrer cette opération, on a permis aux bénéficiaires de vendre leur lot uniquement par un contrat légalisé aux services de la même commune. Histoire de faire disparaitre du circuit administratif les bénéficiaires douteux qui sont d’ailleurs légion. Ce qui a permis à ces derniers de céder les lots sur la base du procès verbal en vertu duquel ils ont bénéficié sans laisser de trace.

Deux notaires ont été choisis par la commune pour superviser l’opération. Ainsi X cède le lot à Y et la transaction s’effectue sur la base d’un simple papier pour que le titre foncier soit inscrit directement au nom de Y. Environ 500 transactions seront effectuées de la sorte. La commune validera ensuite le circuit. Ce qui fait que depuis le début de cette année un véritable branle-bas au sein de cette commune pour boucler l’affaire qui sent le roussi. Des personnages n’ayant aucune relation avec la région ont ainsi encaissé l’argent et cédé les lots à d’autres. L’affaire a été également exploitée par d’autres spéculateurs immobiliers qui ont acquis plusieurs lots. Et certains pauvres bénéficiaires ont été aussi roulés dans cet enfer de spéculation en cédant leur lot à plusieurs autres en même temps.

Dans certains cas, trois contrats signés et légalisés ont été déposés par trois acquéreurs pour finaliser le circuit d’un même lot. Ce qui a ouvert la voie à d’autres magouilles. C’est dans ce cas de figure qu’un officier des forces auxiliaires dans la province a fait signer à l’un de ses subordonnés une reconnaissance de dette pour mettre la main sur un lot objet de discorde et forcer la commune à rejeter les autres contrats. Cette affaire est devant la justice. Plusieurs autres cas vont lui emboiter le pas. Et de nombreuses voix de la société civile s’élèvent dans la région et dénoncent cette mascarade, appelant les autorités compétentes à diligenter une enquête pour assainir ce fichier.

B.A

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