Relance économique et insertion sociale

Un plan de relance économique est lancé pour faire face aux dégâts directs et indirects de la covid19. Le discours de Sa Majesté Le Roi à l’ouverture de la session parlementaire en donne la substance. Il s’agit «d’œuvrer, concomitamment, à la stimulation de l’activité économique et au renforcement de la protection sociale».

La promotion d’une relance économique conduite par l’Etat s’impose. Elle ne peut contribuer au développement et au renforcement de la cohésion sociale que si elle produit de la croissance, certes, mais plus encore, de l’intégration sociale par cette activité économique créée et soutenue par l’Etat.

C’est dans ce cadre qu’une clause sociale d’insertion doit être introduite. C’est un moyen concret et réalisable permettant «que la dynamique de développement économique soit articulée à la promotion du secteur social, à l’amélioration des conditions de vie des citoyens».

La forte vulnérabilité face au chômage et à la précarité du travail est déstabilisatrice au sein d’une société marquée par les inégalités sociales. Elle est mère de tous les vices et corrompt la volonté par une érosion quotidienne.

La clause d’insertion sociale, obligation juridique respectée par le bénéficiaire des fonds publics, est mise en œuvre en faveur de toutes les personnes en difficulté sociale et/ou professionnelle. Elle permet à ces dernières d’enregistrer sur le marché un nombre d’heures de travail et/ou de formation par le travail afin de réduire «le chômage, notamment de primo-insertion et de longue durée, (et) la précarité dans l’emploi, qui touche en particulier les jeunes non diplômés, surtout en milieu rural et dans l’économie informelle».

La clause d’insertion a vocation à pourvoir une personne en difficulté d’un emploi et à assurer un accompagnement socioprofessionnel à des personnes en difficulté (chômage de longue durée, handicap, manque de qualifications, jeunes sortis du système scolaire,…) afin qu’ils puissent acquérir des compétences par le travail. Bien que la clause d’insertion ne constitue qu’une étape vers l’emploi, puisqu’un participant ne doit pas dépasser un temps déterminé dans le cadre de la clause, elle permet par le biais d’un accompagnement renforcé du service public de l’emploi, de construire des parcours professionnalisants pouvant aboutir à un emploi durable pour les personnes les plus en difficultés.

La clause d’insertion mettra en exergue la responsabilité de l’Etat vis-à-vis de la population en difficulté et celle des entreprises envers la société.

Elle diffère de l’Entraide Nationale par son caractère contractuel inscrit dans les projets économiques. Elle n’est ni bienfaisance ni assistance sociale. La clause sociale d’insertion est un service public. Elle met en œuvre l’article 31 de la constitution qui stipule le droit au travail et la mobilisation de tous les moyens disponibles pour jouir de ce droit.

L’intermédiation sur le marché du travail se renforcera par cette mesure aussi bien au niveau de tout utilisateur du Fonds Mohammed VI pour l’investissement qu’au niveau de toute entité bénéficiant du soutien de l’Etat, de sa garantie et/ou de sa commande.

La clause sociale d’insertion doit permettre l’accès à un emploi durable par l’acquisition de compétences demandées par les entreprises en fonction de leurs besoins. Elle permettra l’utilisation d’une main d’œuvre locale au niveau des collectivités territoriales, généralement exclue par les équipes déjà constituées pour la réalisation d’un projet.

La mise en œuvre, dans le cadre des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale ;de la clause d’insertion est elle-même un projet qui permet la capitalisation de l’expérience professionnelle et la réorientation professionnelle quand elle s’avère nécessaire, Sans être la panacée à la problématique de l’emploi, pratiquée sous d’autres cieux, elle permet l’insertion sociale par le travail et par l’activité économique; et cette dignité retrouvée au niveau de chaque individu renforce la cohésion sociale.

De même, la couverture sociale universelle trouvera dans la clause sociale d’insertion une assise pour s’élargir.

Il va sans dire que l’ensemble de ces mesures se feront «dans un cadre contractuel national, impliquant l’État ainsi que les partenaires économiques et sociaux et se fondant sur le principe de corrélation entre droits et obligations»; et ainsi, la relance économique et l’insertion sociale contribueront efficacement à la consolidation du processus démocratique et à son renforcement par une plus grande participation populaire.

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