TAS-El Haddadi-FRMF: Leçon à retenir

Le football national vient de recevoir un second coup dur en ces derniers jours. Après la double élimination du Raja et du Wydad au dernier carré de la Ligue des Champions d’Afrique respectivement par les Egyptiens du Zamalek et d’Al Ahly, le Maroc a perdu un de ses jeunes joueurs sollicités pour porter le maillot de l’équipe nationale. Il s’agit de Munir El Haddadi qui a été définitivement privé de changer de nationalité sportive dans l’espoir de rejoindre son pays d’origine et faire ainsi partie de la majorité des pros européens des Lions de l’Atlas.

C’est le Tribunal arbitral du sport qui a rendu son verdict en rejetant le recours en appel de Munir El Haddadi et de la Fédération royale marocaine de football. Cette dernière était la première à se manifester dans ce sens en la personne de son président, Fouzi Lekjaa, qui avait fait des échanges avec la FIFA à propos des nouveaux amendements visant à permettre à un joueur de changer de nationalité sportive. Ce qui a été catégoriquement refusé et par la FIFA à travers sa Commission du statut du joueur et par le TAS qui ne peut rien faire pour El Haddadi qui doit assumer et s’assumer. Car c’est de son propre gré qu’il a choisi la sélection A de la Roja au détriment des Lions de l’Atlas.

Convoqué par l’entraineur de la Roja, Del Bosquet, notre jeune joueur n’avait été pourtant aligné que dans les 12 dernières minutes dans un match officiel de l’Espagne face à la Macédoine comptant pour la  qualification de l’Euro 2016.

«Ce que je veux c’est jouer avec l’Espagne. Ce sera un honneur d’arriver à l’Euro 2016. C’est un rêve de jouer avec l’équipe nationale espagnole et je suis très heureux. En ce moment, je veux en profiter et faire de mon mieux…», avait déclaré El Haddadi qui était alors jeune joueur (19 ans) du FC Barcelone.

El Haddadi qui compte également trois matchs avec la sélection espagnole des moins de 21 ans alors qu’il avait deux mois de plus, a maintenant tout oublié et souhaite avoir gain de cause en rejoignant d’abord les stages de l’équipe nationale en octobre dernier en prévision des matchs amicaux du Maroc face au Sénégal et la RD Congo. Cela en attendant la double confrontation contre la Centrafrique, les 13 et 17 novembre courant, pour les qualifications à la prochaine CAN.

Mais en vain puisqu’El Haddadi restera un simple citoyen marocain à double nationalité dans l’espoir seulement de rectifier le tir en voyant, dans un avenir un peu loin, un de ses fils portant l’onéreux maillot national…

Alors, la FRMF qui a fait fi de la FIFA malgré le retard des papiers administratifs d’El Haddadi choqué par le TAS, elle a eu tout simplement tord dans cette affaire. Car, il n’y a pas seulement El Haddadi pour renforcer les rangs de l’équipe nationale.

Le verdict du TAS devra donc constituer une bonne leçon à retenir aussi bien pour le président de la fédération, Fouzi Lekjaâ, que pour le sélectionneur national, Vahid Halilhodzic, qui ne voient malheureusement que du côté des joueurs évoluant en Europe. Et puis, des joueurs de la trempe d’El Haddadi se trouvent assez nombreux au championnat national. Le cas des footballeurs de la Botola vainqueurs du championnat africain des joueurs locaux en 2018 et qui se préparent actuellement pour défendre leur titre au prochain CHAN, en est le meilleur exemple et une autre bonne leçon à prendre en considération par les décideurs du football national.

Cela sans oublier les joueurs des clubs marocains en compétitions africaines dont l’équipe même de Berkane chère au président Lekjaâ qui venait de remporter son premier titre continental de la CAF après avoir atteint la finale de la compétition lors de la saison écoulée.

Un autre exemple est à rappeler pour les dirigeants actuels du football national qui considèrent toujours les « pros » d’Europe comme quelque chose sacrée. Il s’agit des Lions de l’Atlas des années 80 qui avaient réalisé l’exploit de première sélection africaine qualifiée au second tour du Mondial mexicain de 1986 avec une formation constituée dans une majorité absolue par les joueurs du championnat national.

A cette époque, la sélection était forte de ses joueurs locaux à l’exception d’un, deux ou trois joueurs professionnels dans les meilleurs cas. Cela était également assuré par un championnat national fort et de grands clubs dont le Raja, le WAC, l’AS FAR… qui sont toujours présents jusqu’à aujourd’hui avec le FUS, le HUSA, le DHJ… et autre MAS et qui venait de retrouver sa place au sein de la Botola en Division 1.

Mais en ces nouveaux temps, on a malheureusement une Botola sans joueurs internationaux. La sélection continue toujours d’être constituée par des professionnels d’Europe cautionnés par Lekjaâ et son entourage, une sélection qui reste loin d’être à la hauteur avec une élimination au premier tour au Mondial 2018 et une sortie par la petite porte en CAN 2019 face au Bénin, une des plus modestes sélections du Continent.

Qu’en pensent le sieur Lekjaâ et ses compagnies…?

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