Fortes tensions à la frontière russo-ukrainienne

Attendons pour voir…

Nabil El Bousaadi

Rien ne va plus, depuis plusieurs semaines, à la frontière russo-ukrainienne tant les bruits de bottes se font entendre des deux côtés.

En effet, la situation, dans cette région, est très tendue depuis qu’en 2014 la Russie avait procédé à l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée si bien que l’Ukraine fait face, depuis lors, à des séparatistes pro-russes dans l’est de son territoire dans un interminable conflit qui a fait jusqu’à ce jour plus de 13.000 morts.

Ainsi, en Avril dernier, la tension avait atteint son paroxysme lorsque, pour faire face aux activités « menaçantes » de l’OTAN, la Russie avait déployé des dizaines de milliers de soldats près de ses frontières avec l’Ukraine pour des « exercices militaires ». Cette tension qui avait duré plusieurs semaines n’avait pris fin qu’avec le retour des troupes russes à leurs casernements.

Or, si la Russie, démentant toute intention belliqueuse, a accusé l’Ukraine de masser ses troupes dans l’est du pays, Kiev et les pays occidentaux se sont inquiétés, pour leur part, du renforcement du potentiel militaire à la frontière ukrainienne.

Aussi, en évoquant, ce mercredi 1er décembre, des « preuves » attestant que la Russie envisage d’ « importants actes agressifs contre l’Ukraine » et que ses « plans » incluent « des efforts en vue de déstabiliser l’Ukraine de l’intérieur ainsi que des opérations militaires à grande échelle », le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken  a promis de faire payer à Moscou « un prix élevé » si cette dernière venait à passer à l’acte.

En réponse à cela, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a tenu à signaler, ce mercredi, que « l’armée ukrainienne » est en train de procéder, actuellement,  à un « renforcement » de « ses capacités militaires » et de déployer « des équipements lourds et du personnel » dans l’est du pays à telle enseigne que quelques 125.000 soldats ukrainiens s’y trouveraient déjà avec la ferme intention d’y effectuer, l’année prochaine,  des manœuvres militaires conjointes avec des troupes étrangères – donc de l’OTAN – et de saboter, ainsi, le processus de paix entamé en 2015 avec les séparatistes pro-russes.

Reprochant, aux pays de l’Alliance atlantique, leur désir de vouloir « dicter » aux forces armées russes » la manière avec laquelle elles « doivent se comporter sur leur propre territoire » et rappelant à ces derniers que Moscou est prête à « répondre à toute démarche inamicale » de leur part, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fustigé leur «politique destructrice»  et les a accusés de «chercher à attirer l’Ukraine dans leur orbite (de manière) à la transformer en un pays anti-russe».

C’est à ce titre que ce mardi, le président russe Vladimir Poutine, a fait part de la nécessité de « raccommoder les liens » avec Kiev pour que « personne ne puisse se sentir menacé », et que, le lendemain, il a proposé « d’entamer des négociations de fond » en vue de la signature d’« accords concrets » empêchant  l’élargissement  de l’OTAN vers l’Est et le déploiement des systèmes d’armement de l’Alliance atlantique à proximité de la frontière russe.

Considérant que la Russie n’a « pas le droit » de décider des relations de Kiev avec l’OTAN, Dmyto Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères a immédiatement dénoncé ces propos et rappelé que «toute proposition russe de discuter avec l’OTAN ou avec les Etats-Unis des prétendues garanties que l’Alliance ne s’élargisse pas vers l’Est est illégitime».

Aussi, dans son intervention à l’occasion de la tenue, ce mercredi, à Riga, en Lettonie, d’une réunion des pays de l’Alliance atlantique, le chef de la diplomatie ukrainienne a affirmé qu’il reste «confiant » qu’en conjuguant leurs efforts et «en agissant de manière coordonnée», les membres de l’OTAN pourront « dissuader le président Poutine et l’inciter à ne pas choisir le pire des scénarios que représenterait une opération militaire».

A cela, le secrétaire général de l’Alliance Atlantique, Jens Stoltenberg a ajouté que cette dernière reste « déterminée à apporter un soutien politique et pratique à la Georgie et à l’Ukraine» et le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a affirmé avoir «clairement dit au Kremlin» que les Etats-Unis sont prêts à riposter «par une série de mesures économiques à impact élevé».

Tout cela va-t-il « contraindre » les troupes russes à faire profil bas et à retourner à leurs casernes ? Rien ne l’indique pour l’heure tant la situation semble inextricable mais tout dépendra des entretiens qu’auront ce mardi 7 Décembre, en visio-conférence, Joe Biden et Vladimir Poutine. Alors, attendons pour voir…

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