Bourse: 2021, une année qui augure de perspectives optimistes

Farid Mezouar, directeur exécutif de FL Markets

Après une année 2020 exceptionnelle et inédite, placée sous le signe de la pandémie, l’année 2021 augure de perspectives optimistes et prometteuses pour la Bourse de Casablanca.

En effet, l’introduction des vaccins anti-Covid, l’opération qui a déjà commencé dans plusieurs pays, la reprise progressive de l’économie, le plan de relance et le démarrage attendu de l’activité du Fonds Mohammed VI pour l’investissement… autant de signes qui entretiennent chez l’ensemble des experts et opérateurs du marché un certain optimisme pour l’année prochaine.

« Je suis optimiste pour 2021 car le Masi qui évoluait entre juin et septembre 2020 dans un canal horizontal, a rebondi sur son support de 10.000 points le 25 septembre. Depuis cette date, l’indice phare de la bourse de Casablanca a entamé un trend haussier et a gagné 13% malgré la correction de la semaine dernière », a indiqué à la MAP, le directeur exécutif de FL Markets, Farid Mezouar.

« Aussi, depuis le 18 mars, les gains du Masi ont atteint plus de 25%. Ce trend paraît solide et devrait se prolonger en 2021 malgré les épisodes habituels de prises de bénéfices », a-t-il estimé.

L’optimisme, a poursuivi l’expert, est renforcé au niveau fondamental par la levée de 3 milliards de dollars à l’international qui a arrosé le marché monétaire de liquidités, laissant entrevoir un environnement bas pour les taux d’intérêt surtout que Bank Al-Maghrib a insisté après sa dernière réunion sur la nécessité de diffusion du taux directeur de 1,5% dans toute l’économie.

Il a, en outre, souligné que l’année 2021 devrait connaître un rebond de la croissance du produit intérieur brut (PIB) à 4,7%, selon BAM, estimant qu’un tel rebond devrait être facilité par un retour progressif à la normale grâce aux différentes campagnes de vaccination anti-Covid.

« De même, l’année prochaine va connaître le démarrage de l’activité du Fonds Mohammed VI pour l’investissement qui sera la colonne vertébrale de la relance publique de l’économie nationale. Cette relance peut aussi être stimulée par les annonces américaines récentes de financements importants au Maroc », a soutenu M. Mezouar.

Même son de cloche chez Kamal Zine, Consultant en Banque et Assurance à Paris, qui a mis en exergue la tendance haussière de l’indice boursier, depuis avril, après une chute de 27% mi-mars par rapport à son niveau affiché en début d’année. « Bien qu’il soit toujours difficile d’anticiper la tendance des marchés financiers, il est possible qu’il y ait un effet de rattrapage qui pourrait se concrétiser d’une manière progressive en 2021 ».

« Ceci pourrait s’accélérer si les 45 milliards de dirhams (MMDH) prévus dans le cadre de la stratégie de relance, portée par le Fonds Mohammed VI, étaient mobilisés et alloués rapidement aux projets à fort impact économique », a t-il précisé, notant que ceci reste également conditionné par une évolution favorable de la situation sanitaire au Maroc et ses partenaires économiques.

Un deuxième angle d’analyse des perspectives du marché boursier en 2021 concerne la potentielle orientation d’une partie de l’épargne existante ou future du marché obligataire au marché des actions, a indiqué M. Zine, relevant que si la politique monétaire accommodante de la Banque centrale avait comme objectif de réduire le coût de financement des banques, et, par transitivité, des entreprises et des ménages, elle a également généré un recul des rendements sur le marché obligataire.

« Par conséquent, nous pourrions assister à un éventuel reprofilage des portefeuilles des investisseurs avec une hausse de la poche dédiée aux actions. De surcroit, avec le contexte économique actuel et au regard du niveau d’inflation, une hausse du taux directeur parait peu probable car la priorité reste à la relance de l’investissement des entreprises et à la consommation des ménages », explique notre interlocuteur.

Par ailleurs, si les agrégats économiques peinaient à s’améliorer au premier trimestre 2021, les investisseurs pourraient garder leurs positions sur le marché obligataire, voire même les renforcer en achetant de la dette souveraine, surtout si une nouvelle baisse du taux directeur venait à s’imposer pour doper les efforts de relance de l’économie marocaine, a-t-il conclu.

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